dimanche 17 novembre 2013
La « chasse aux fachos »
est ouverte.
L’opération « commémorons,
mes frères » a tourné en eau de boudin. Nos dirigeants, François Hollande
en tête, espéraient bien nous faire oublier nos maux présents par une bonne
cure de souvenirs larmoyants, quitte à violer la chronologie en lançant les « festivités »
un peu en avance. Le centenaire de la première guerre mondiale a ainsi démarré
dix mois trop tôt ! Mais il faut gagner du temps, car l’année prochaine
sera aussi celle des 70 ans du Débarquement de Normandie, de la Libération, etc…
Le fond
idéologique de tout cela, nous le connaissons : faire l’apologie du
gaullisme (dans son acception la plus consensuelle), de la Résistance (dans sa
dimension « défense des droits de l’homme » et « lutte contre la
barbarie », car le patriotisme français n’est plus de mise, sauf dans une
logique consumériste bidon à la Montebourg), de nos amis anglo-saxons, et bien
entendu de la « construction européenne-qui-nous-a-apporté-la paix ».
Tout cela s’est
envolé sous les coups d’une dure réalité : les Français n’en peuvent plus
des mauvais nouvelles qui s’abattent sur eux comme une pluie glacée d’automne.
Nouvelles taxes, hausse de la TVA, plans sociaux en série…On nous annonce au
moins 60 000 fermetures d’entreprises
d’ici la fin 2014. Les flics, les instits, les routiers, les agriculteurs…personne
n’est content, les portiques écotaxes et les radars brûlent tandis que souffle
un vent de désobéissance civile.
Au niveau
européen, les commissaires de Bruxelles continuent à encourager la rigueur et
la libéralisation, tout en sermonnant l’Allemagne pour ses trop bons résultats
économiques. Sans doute le « modèle allemand », version
Schröder-Merkel est-il éminemment critiquable sur bien des points, mais qu’ont
fait les Allemands, sinon jouer à fond les atouts qui sont les leurs et du
contexte de libre-échange européen ? C’est à désespérer d’être le « bon
élève » de la classe ! Et à ne plus rien comprendre à la politique
menée dans les hautes sphères.
A l’échelle
française, les reculades et les maladresses de l’exécutif se sont tellement
accumulées que l’on cherche désespérément une « porte de sortie », un
« geste fort » qui satisfasse l’opinion avant les échéances
électorales de l’an prochain.
Limoger Jean-Marc
Ayrault, dans la bonne tradition de la Ve république, où le monarque élyséen
jette la tête du 1er Ministre à la foule en colère ? Certes,
Ayrault n’est pas un aigle charismatique, mais sa faible popularité (16%) n’est
guère plus calamiteuse que celle du Président (21%). Il ne saurait être tenu
pour l’unique responsable de la déconfiture du pouvoir socialiste, lui-même
héritier et exécuteur testamentaire de l’œuvre sarkozyste (cf l’Ecotaxe et le
contrat foireux avec Ecomouv’).
Hollande et la
gauche de gouvernement savent bien que cela ne changera rien aux problèmes de
fond du pays, et notamment aux difficultés liées à la dette, aux caprices du
marché mondial, à la crise des valeurs d’une société qui ne croit plus au « pacte
républicain ».
Ce « pacte »,
que personne n’est capable de définir exactement, on nous le ressort pourtant
de la naphtaline afin de désigner l’Ennemi, le Monstre, la Bête immonde :
le Racisme et son partenaire « obligé », l’extrême-droite (car chacun
sait qu’il n’y a pas une once de racisme dans les autres composantes de l’échiquier
politique). Les attaques répétées contre Christiane Taubira, de la part de
divers groupuscules, après avoir été un peu occultées, font maintenant l’objet
de toutes les attentions. Cela permet de cogner, comme au bon vieux temps, sur
un FN en pleine ascension, malgré les tentatives de celui-ci de redorer son
image et de « gauchiser » son discours. Inutile, Marine Le Pen, de
virer tel ou tel militant coupable de dérapage, car vous êtes démasquée !
Voilà l’Ennemi, comme titrait l’Assiette au beurre au début du XXe siècle. La gauche
nous refait le bon vieux coup du front antifasciste et de la défense de la
République, comme en 1936, mais cela ne marche pas à chaque fois. En 1958, par
exemple, la fascisation de De Gaulle a été totalement inopérante et n’a pas
sauvé une IVe république jugée incapable de faire face aux défis du moment.
Mais l’intention est-elle bien là ?
Hollande, comme
je l’évoquais dans une chronique précédente, cache sous son air de grassouillet
débonnaire un cynisme des plus poussés. Il sait très bien que cette « chasse
aux fachos », animée par des hordes de journalistes bien-pensants et sans
imagination, ne produira pas d’autre effet concret que de placer le FN au
centre du débat politique, de le gonfler, fin d’obliger la droite libérale à se
positionner par rapport à lui. Le but ultime de tout cela : faire en sorte
que Pépère soit seul face à Marine au soir du 1er tour des
Présidentielles de 2017.
Auquel cas,
disons-le tout net (à moins que les choses aient évolué d’ici là), j’irai faire
une jolie promenade dans nos vertes campagnes.
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