dimanche 3 novembre 2013

Crise d'(Ancien) Régime



dimanche 3 novembre 2013



            Crise d’(Ancien) Régime.



Depuis environ deux semaines, François II et son équipe ont achevé de perdre ce qui leur restait de crédibilité. Si l’on pouvait leur accorder, pendant un an, une certaine indulgence due à un difficile retour au pouvoir après dix ans de « gouvernance » de droite, nos dirigeants n’ont plus droit à l’excuse. Il est triste de constater que la bande à Sarko n’avait pas tort en considérant que le futur « Pépère » n’était pas au niveau de la fonction. Mais il ne faut pas avoir la mémoire courte, et oublier que la plupart des mesures contestées lancées par Hollande et Ayrault ont été mijotées par Sarkozy et Fillon.

Car gouverner, c’est décider, et Hollande paraît incapable de procéder autrement que par compromis foireux et reculades successives. La dernière chouannerie bretonne contre l’écotaxe a eu raison de cette dernière, « suspendue », mais pas officiellement supprimée, pour ne pas faire trop de peine aux écolos dont le PS a encore besoin, paraît-il, pour les prochaines municipales, ainsi qu’à Bruxelles, à l’origine de cette brillante mesure. Celle-ci rejoint le cimetière des projets enterrés ou gelés, comme la taxation de l’épargne populaire, la régulation des banques ou la transition énergétique. Si l’on ajoute au tableau la désastreuse affaire Leonarda, où le Chef de l’Etat lui-même s’est ridiculisé, la coupe est pleine et le signal envoyé aux Français est clair : c’est celui qui gueulera le plus fort qui obtiendra le plus.

A vrai dire, je m’attendais même à ce que Pépère cède tout aux clubs de foot suite à leur grève sans intérêt de jeudi dernier. Ce n’est apparemment pas le cas, et quelle surprise !

Comme je le disais dans un édito plus ancien, la France est dans une sale période qui rappelle 1788. Un Régime incapable de se réformer, coincé dans ses velléités d’agir par des lobbies contradictoires, un Etat surendetté qui ne trouve rien de mieux pour s’en sortir que d’assommer de taxes ses sujets de base, lesquels éprouvent un mépris grandissant envers les forces politiques traditionnelles. Et le pire ne serait pas derrière nous, si l’on en croit l’économiste François Morin, dans le dernier Marianne, où l’on nous prédit un cataclysme financier mondial devant l’incapacité des Etats à honorer leur dette et à tenir tête aux grands groupes bancaires.

Face à tout cela, Hollande et Sarkozy naviguent à vue, et font de sordides calculs, tous fondés sur le même espoir : que l’un comme l’autre se retrouve seul face à Marine Le Pen au soir du 1er tour des présidentielles de 2017. C’est pathétique.



            Quatre otages de retrouvés, deux de perdus.



A peine retombé le soufflé de la libération de quatre des onze otages français dont les médias daignent nous parler, que survient la mauvaise nouvelle. Deux journalistes français ont été abattus à la suite d’une tentative d’enlèvement par des jihadistes au Mali. Pour ceux-là, au moins, la France n’aura pas à mentir en prétendant qu’elle n’a pas payé de rançon.


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