dimanche 15 septembre 2013
C’était bien la peine de fayotter !
Hollande avait
vraiment tout fait pour devenir le toutou, pardon, le chouchou, de Barack
Obama. Et puis patatras ! L’offensive diplomatique de Poutine, puis le
début des négociations russo-américaines sur la Syrie à Genève ont renvoyé le
basset à sa niche. Et la France à son rang de supplétive de l’Alliance
atlantique.
En France, les Verts
connaissent les mêmes tourments. Ils avaient avalé tellement de couleuvres de
la part de leurs alliés socialistes, au point de se voir pousser des écailles.
Ils en étaient même devenus va-t-en-guerre et jusqu’au boutistes en matière de
politique extérieure (mais c’est une constante chez ces écolos en peau de lapin
depuis la guerre du Kosovo, en 1999). Et tout ça pour rien : la taxe sur
le diesel est abandonnée –heureusement d’ailleurs, pour quiconque n’habite pas
les beaux quartiers du centre de Paris, ce qui fait du monde-, les lobbies agricoles
et industriels ont porte ouverte à l’Elysée, Matignon et Bercy, et les
ministres écolos sont employés à tout sauf à l’environnement.
« Attention !
On va s’en aller ! » menacent certains. Au risque de perdre des
sièges électoraux ? Nos Verts n’ont pas ces couilles-là, quand même ?
Ils auraient bien changé…
Peine
de mort : faites le test de l’Inde.
Vous avez sûrement,
autour de vous –et vous en êtes peut-être-, des adversaires résolus de la peine
de mort, cette sanction d’un autre âge qu’il faut éradiquer sans retard de la
surface de la terre. Ce sont parfois les mêmes qui veulent à toute force « punir »
Bachar El-Assad en le bombardant, quitte à tuer des innocents au passage. Face
à cette contradiction, ils s’en sortent la plupart du temps par quelques
pirouettes, du genre : « Ouais, mais c’est pas la même chose…faut
voir le contexte…et comme disait Saint Augustin, ou Saint Thomas d’Aquin, la
guerre juste et tout ça… » Bref, ils vous embrouillent et bottent en
touche.
Faites alors le test
de l’Inde, avec cette horrible histoire de viol collectif d’une étudiante par
une bande de saligauds, agression préméditée, en présence de son petit ami
copieusement tabassé et qui ne s’en remettra probablement jamais. La fille,
elle, en est morte. La justice indienne vient de condamner à mort quatre des
inculpés. Etes-vous prêts à vous mobiliser, amis humanistes badintériens, pour
sauver ces quatre salopards ? Si oui, vous êtes cohérents avec
vous-mêmes. Si vous hésitez, dans le genre : « Ouais, mais non, là
quand même…faut voir le contexte…et les droits de la femme en Inde…faut faire
un exemple… » Ou pire encore : « Ah, les fumiers, si j’avais été
là, y z’auraient même pas eu de procès ! » ; là vous rejoignez
tristement la cohorte des « beaufs », porteurs de cet affreux gros
bon sens populaire. Bienvenue parmi les humains.
Autodéfense.
Ou légitime défense ?
Le débat est ouvert après la mise en examen d’un bijoutier niçois, qui a abattu
dans le dos l’un des cambrioleurs qui venaient de le braquer. Ce fait divers s’ajoute
à celui de Colombes, où un gérant de supérette a poignardé l’un des petits voyous
qui l’emmerdaient, lui et ses employés –dont sa femme enceinte-, depuis pas mal
de temps. Dans les deux cas, les « criminels » sont des braves gens,
qui avaient en commun d’avoir subi plusieurs agressions. « Cela ne
justifie pas de tuer un jeune homme », répliquent en cœur avocats et
familles des « victimes », dans un discours bien rôdé qui fait l’impasse
sur la carrière délictueuse déjà bien remplie des jeunes en question. Curieuse
précision, d’ailleurs, que ce qualificatif de « jeune » : tuer
un gars de vingt ans, c’est plus grave que d’abattre un mec de quarante piges ?
Ces histoires d’autodéfense, nos pages faits divers en font ressurgir régulièrement
depuis les années 1970. Elles sont en général révélatrices du délabrement de
nos services publics et du délitement du corps social. Dire que le bijoutier
niçois a eu « raison » n’a aucun sens, car il n’a pas agi sous l’emprise
de la raison, mais de la peur et de la colère. Il n’était plus en situation de « défense »,
mais de riposte, et a retrouvé des réflexes qui sont ceux de tout homme, depuis
la nuit des temps, dans un environnement hostile. Le mouton, tel que le
considéraient les voyous, s’est mis à mordre. C’est un avertissement qu’il faut
prendre au sérieux.
Changement
de point de vue.
Vous avez peut-être
remarqué qu’au cours de ces dernières semaines, les reportages de France 2 sur
la Syrie ont changé de point de vue. Pendant deux ans, la plupart des
journalistes français ont fait l’essentiel de leur boulot du côté des rebelles,
ce qui mettait bien sûr en valeur le combat de l’ « Armée syrienne
libre ». Certains de nos reporters se voyaient déjà chausser les baskets
de leur vaillants aînés ayant couvert le Vietnam ou l’Afghanistan, cavalant
caméras à l’épaule derrière d’héroïques rebelles en lutte contre l’affreux tyran.
Manque de bol, l’insécurité
est devenue telle pour les journalistes dans les zones tenues par ces mêmes
rebelles, de plus en plus infiltrés par les djihadistes et divers groupes
criminels, que nos Tintin modernes ont prudemment choisi de passer de l’autre
côté. Evidemment, nous disent-ils, nous ne sommes pas dupes, le pouvoir ne nous
laisse filmer que ce qui l’arrange. Parce que les autres vous laissaient
travailler librement ? En tout cas, depuis qu’ils ont traversé la ligne de
front, nous voyons enfin autre chose, et notamment ces chrétiens d’Orient que
seuls le pape –et Poutine- soutiennent ouvertement. On peut y ajouter toutes
ces minorités menacées : les Alaouites, les Druzes, les Kurdes, qui doivent
maintenant faire bloc pour survivre, avec l’appui de l’Iran. Merci finalement à
ces preneurs d’otages et flingueurs de journalistes, côté barbu sunnite:
la peur est le commencement de la sagesse.
Hollande
en retard d’une révolution.
A l’occasion du
lancement des 34 projets soutenus par l’Etat en matière industrielle (et
pourquoi pas 40, ou 150 ? On se croirait en Chine au temps de Mao !),
notre président a annoncé fièrement que la France allait entrer pleinement dans
la « troisième révolution industrielle ». Dis donc, François, on ne t’a
pas appris à l’école (collège+lycée+fac de droit+Sciences Po+HEC+ENA, quand
même !), que la troisème révolution industrielle remonte à la 2e
guerre mondiale ? Depuis les années 1980-90, on en est même à la 4e (avec
l’informatique grand public). Et les pays avancés se lancent dans la 5e(biotechnologies
et nanotechnologies).
Encore un effort, et
il va nous annoncer que la France maîtrisera bientôt la fusion nucléaire, en
attendant la machine à vapeur et le fil à couper le beurre.
FilloN : le vrai débat derrière les
petites phrases.
En déclarant que le
PS pouvait être aussi « sectaire » que le FN (ça veut dire quoi, d’ailleurs,
« sectaire » ?), François Fillon a déchaîné la tempête
médiatique. De toute évidence, la montée du FN le pousse à son tour, après Copé
et Sarkozy, à des prises de positions qui « droitisent » l’UMP. C’est
l’occasion pour Borloo, qui ne s’en est pas privé, de renforcer l’UDI en essayant
de récupérer les modérés de droite, de Bayrou à Raffarin…et pourquoi pas Juppé ?
Côté FN, on jubile, mais qui seront les cocus en cas d’alliance UMP-FN ? L’électeur
frontiste, d’où qu’il vienne, est en général un déçu de l’UMPS. Il faudra lui
faire avaler la couleuvre d’un tel rapprochement, qui se fera forcément, tôt ou
tard, sur une base idéologique et programmatique commune. Et là, il faudra bien
trancher sur autre chose que les tartes à la crème habituelles :
insécurité, immigration, valeurs culturelles…et attaquer dans le vif : UE,
Euro, Alliance atlantique, politique économique et sociale. La vraie ligne
rouge est là. Soit l’UMP rompt avec ses soutiens du monde économique (en gros
les tenants du capitalisme mondialisé alignés sur Washington et Bruxelles),
soit le FN –du moins ses dirigeants- se laissent corrompre et se contentent d’une
ligne libérale-conservatrice à l’anglo-saxonne, genre gros coups de gueule,
petits bras et bonnes affaires.
Je vous laisse parier,
le suspense est insoutenable !
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