mardi 28 mai 2013

Harkis afghans, retour vers l'ignominie.



mardi 28 mai 2013



            Harkis afghans.



Ils sont plus de 800 hommes, qui ont travaillé pour nos troupes en Afghanistan, comme chauffeurs, guides, interprètes, gardiens. Des supplétifs, comme on disait au bon vieux temps des colonies, souvent plus fiables que nos « alliés » des forces armées afghanes dont certains membres avaient la fâcheuse habitude de nous tirer dans le dos.

A l’heure de plier bagage, la France déploie toute sa générosité envers les Afghans qui ont bossé pour elle, et qui se voient menacés de mort ainsi que leur famille. La République accordera 170 visas, et puis basta. Les autres iront se faire égorger par les barbus ou les sbires de quelque seigneur de la guerre. A moins qu’ils ne s’enfuient à l’étranger, là où ils pourront refaire leur vie dans un pays moins mesquin.

Bref, nos courageux dirigeants refont le coup des harkis algériens, à plus petite échelle. En France, Patrie des Droits de l’Homme, les homos peuvent se marier, les étrangers pourront bientôt voter…mais pas question d’accorder asile à ceux qui ont risqué leur peau pour elle. Va falloir qu’on m’explique !



            Micro-terrorisme.



Les attentats de Toulouse l’an dernier, de Boston, Londres et Paris ces derniers jours, marquent une évolution dans la pratique jihadiste en Occident. De l’hyper-terrorisme façon 11 septembre, on est passé à un micro-terrorisme, à la portée de n’importe quel illuminé. Un terrorisme de « garage », où l’on bricole tout seul ou avec quelques potes une opération de massacre à fort retentissement médiatique, pour un tout petit budget.

Et boum ! Une bombonne pleine de grenaille en plein marathon bostonien. Et crac ! Je te sors le couteau et j’égorge un soldat dans une rue londonienne. Et recrac, je fais pareil –en beaucoup moins efficace- contre un pauvre bidasse d’une patrouille vigipirate à Paris. Tout le monde n’est pas un boucher à grande échelle façon Breivik, mais ce genre de pratique peut nous rendre bien paranos. Voilà de quoi alimenter toutes les tensions communautaires. Et justifier toutes les mesures sécuritaires possibles.



            Terrorisme intellectuel.



Je n’ai guère de sympathie pour les croisés du « Printemps français », qui se sont illustrés dimanche dernier au cours d’une manif –ou d’un baroud d’honneur ? - contre le « Mariage pour tous ». Un bravo quand même aux gaillards du « Bloc identitaire », qui ont occupé la terrasse du siège du PS –bien joué et rigolo, en tout cas plus fin que les attaques contre les forces de l’ordre et la presse, qui font toujours tache. Mais le traitement médiatique de la chose, notamment dans le « Petit journal » de Canal +, frôlait l’abjection stalinienne toute en mauvaise foi et ironie facile. Après ça, les journalistes s’étonnent qu’on les déteste ! Dans toute cette histoire, on aura manqué de mesure et de discernement, de tous les côtés. Je rejoins en cela Ségolène Royal, qui a rappelé il y a peu son opposition à cet intitulé de « mariage pour tous ». Une loi sur l’Union civile, sorte de PACS amélioré, aurait fait l’affaire sans heurter qui que ce soit, à part les fanatiques religieux les plus indécrottables et de fait vite marginalisés. Mais bon…le mal est fait, alors faisons avec.     

1 commentaire:

LOUANCHI HOCINE a dit…

HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE :

lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news
En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.

35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.


Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net