vendredi 7 juin 2013
Clément Méric, l’homme qui tombe à
pic…
Pas de
contresens, ami lecteur : je ne me moquerai pas de ce jeune homme de 18
ans trop tôt arraché à l’affection des siens. Ce gars-là pourrait être mon
fils, mon frère, ou moi-même lorsque j’avais son âge et que je me piquais de
militantisme gauchiste. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur cette
affaire trouble, dans laquelle la responsabilité des uns et des autres n’est
pas encore établie. Mais Clément Méric n’est pas mort pour rien, selon
certains, qui se sont empressés de se jeter sur son cadavre encore chaud pour se
livrer à un écoeurant festin médiatique.
D’abord, le
Front de gauche et les « antifas », qui n’ont pas tardé à se disputer
sa dépouille : « il était des nôtres ! », « non, il
était à nous ! »… « pas touche à mon martyr ! ».
Puis la gauche de gouvernement, ravie de la récupération politique de l’affaire :
« c’est la faute au FN ! »…un grand classique, car chacun sait
que le club lepéniste est comptable de toutes les victimes du fascisme et du
racisme depuis Mussolini. Plus fort encore, « c’est la faute à l’UMP ! »-
et la radicalisation de son discours, aligné sur celui des mouvements radicaux
de la « manif pour tous » (Printemps Français, Nationalistes
Révolutionnaires, intégristes de Civitas, Bloc identitaire…) Bon sang, mais c’est
bien sûr : tous les adversaires de la loi Taubira sont des assassins en
puissance, premiers responsables du sang versé par leurs discours haineux !
Car il est bien connu que les « antifascistes » sont des petits
anges, modérés en tout point.
Pour avoir
fréquenté, dans mon jeune temps, des « enragés » des deux bords, je
peux certifier que seul le fond idéologique permet de distinguer ces jeunes
passablement perturbés, à la limite de la voyoucratie, et que la haine est chez
eux le sentiment le mieux partagé. Haine du bronzé et du gaucho pour les
néo-nazes, haine du facho et du Juif (pardon, du Sioniste) pour les
néo-bolcheviks. Autre point commun de ces charmants jeunes gens : en
général, en vieillissant, ils rejoignent sagement les rangs de la bourgeoisie
libérale : ce qui aurait été le destin du pauvre Clément Méric, étudiant à
Sciences Po, école des faux gauchistes et des vrais bobos.
Tout cela sert
admirablement le pouvoir en place, comme l’affaire de Carpentras en 1990
lorsque les socialistes étaient au pouvoir. Magnifique diversion, qui permet de
diaboliser la droite, de faire oublier la gestion décevante du gouvernement (telle
l’annonce désastreuse de la réforme des allocs et du quotient familial, nouvel
impôt pour les classes moyennes) et de relancer le même débat éculé, depuis
1936, sur l’interdiction des groupuscules d’extrême-droite. Ayrault veut les « tailler
en pièces légalement »… vaste programme ! Et totalement inepte,
puisque ces mêmes groupes ressurgissent aussitôt sous un autre nom et d’autres
formes, compliquant la tâche des forces de l’ordre chargées de les surveiller.
Exemple : les allumés d’Unité radicale, dont l’un des membres, Maxime
Brunerie, avait tiré sur Chirac en juillet 2002. Le groupe fut dissout, pour
renaître de ses cendres sous le nom de Bloc identitaire, beaucoup plus efficace
et policé.
Tout cela permet
d’éviter les débats de fond, le malaise de notre pays livré au marché mondial,
aux voyous d’en haut et d’en bas, gangrené par l’islamisme, véritable
néo-fascisme vert ô combien plus dangereux que les quelques crânes rasés que
nos médias exhibent avec gourmandise. Mais il est vrai que ceux-là ne bénéficient
pas des fonds qataris. Sarkozy surfait sur le moindre fait divers de banlieue
pour détourner l’attention, Hollande utilise un autre épouvantail, mangé aux
mites depuis la 2e guerre mondiale. Pour lui, Méric est l’homme qui
tombe à pic.
Princesse
vampire.
Finalement,
Nathalie Kosciusko-Morizet a franchi le cap des primaires de l’UMP pour les
municipales de 2014, et portera les couleurs de son beau parti dans la bataille
de Paris. 58% au 1er tour, c’est un beau score, mais une
participation faiblarde et une ambiance de m…, à couteaux tirés ou presque
entre fillonistes et copéistes. Voilà qui promet pour 2017, avec une guerre
déjà ouverte entre Sarko, son clone Copé et le « rebelle » Fillon.
Si je n’ai guère
de sympathie pour la clique dure de l’UMP, NKM ne m’inspire pas davantage. Elle
pue le boboïsme à plein nez, et son apparence me glace littéralement : l’aristo
diaphane, blafarde, sortie d’un tableau italien du Quattrocento, avec des yeux
insondables au fond d’orbites creuses. La princesse Vampire ! Pas étonnant
que les intégristes brandissent leurs croix à son approche.
Printemps
turc ?
Les adversaires
de l’islamiste prétendument modéré Erdogan sont descendus dans la rue, et ont
affronté violemment les forces de l’ordre. Printemps turc ? Ou début d’une
guerre civile, que l’on sent poindre depuis longtemps, entre les laïcs et les
religieux ? D’ores et déjà, j’ai choisi mon camp.
Libye,
Mali, Syrie…c’est la folie !
On en finit plus
de faire le compte, désastreux, des conséquences de la chute de Kadhafi. La
Libye, livrée aux barbus et à différentes factions armées, est devenu un bordel
infâme, une nouvelle zone grise et un sanctuaire pour les islamistes radicaux.
Tout le Sahel est maintenant déstabilisé, et nous ne sommes pas prêts de
quitter le Mali, sauf à courir ailleurs dans la région, tel un pompier épuisé
cavalant derrière des incendies mal éteints. Et qui ne pourra s’empêcher de
maudire son état-major pyromane. Pendant ce temps, en Syrie, deux journalistes
français ont disparu, ce qui porte à plus d’une vingtaine le nombre de
reporters tués ou enlevés dans ce pays. D’après Amnesty International, les deux camps seraient responsables, mais
pour nos dirigeants, bien sûr, seul Bachar El Assad doit rendre des comptes. Et
l’UE, pendant ce temps-là, qui veut livrer des armes aux rebelles, à condition
qu’ils soient bien sages et qu’ils respectent les droits de l’homme – le mode d’emploi
et les avertissements seront marqués sur les missiles, comme sur les paquets de
clopes… au fou !
Seuls les
Américains, pour une fois bien inspirés et instruits par l’expérience, se
montrent prudents malgré l’usage avéré (mais somme tout modéré) d’armes
chimiques par le régime de Damas. Un peu de Baygon vert, après tout, qu’est-ce
que c’est ?
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