mercredi 22 mai 2013

Dominique Venner, Samouraï d'Occident



mercredi 22 mai 2013

            Dominique Venner, le Samouraï d’Occident.

C’est avec une profonde émotion que j’ai appris, hier, le suicide du fondateur de la Nouvelle Revue d’Histoire, devant l’autel de Notre-Dame de Paris. A 78 ans, Dominique Venner avait derrière lui une vie riche en engagements, aussi bien physiques qu’intellectuels. Pour la gauche bêtasse, les libéraux niais et les bien-pensants, il était le diable, l’idéologue de la « nouvelle droite », nationaliste et identitaire. Pour une partie de la droite, un grand historien et un résistant au « terrorisme intellectuel ». Pour ses amis, sa famille et ses proches, un homme de valeur et de parole, pour qui la qualité des individus valait plus que les postures idéologiques. Pour moi, une référence intellectuelle.
J’ai découvert Dominique Venner par la NRH, dont je suis un fidèle lecteur depuis son lancement en 2002. Même si je ne partageais pas tous les points de vue qui s’exprimaient dans ses pages, j’ai tout de suite apprécié la liberté de ton, la qualité des articles, et le souffle d’air frais qui me faisait dévorer chaque numéro avec plaisir, en commençant par les éditos de M. Venner lui-même. J’ai lu plusieurs de ses livres (Les Blancs et les Rouges, Le Siècle de 1914, Histoire critique de la Résistance…) avec un bonheur que je n’ai guère retrouvé chez d’autres historiens contemporains adoubés par la bien-pensance.
Son suicide, que d’aucuns comparent à celui de l’écrivain nationaliste japonais Yukio Mishima, en 1970, est finalement conforme à l’idée que se faisait Venner de la vie et de la mort d’un Homme libre et courageux. La décadence de son pays et de l’Europe l’insupportait. Après avoir utilisé son talent de plume à réveiller les consciences, il a fait le sacrifice suprême pour créer un choc psychologique, en un lieu riche de significations historiques et religieuses. Un acte digne de ces Samouraïs et des héros grecs qu’il admirait tant. Encore une fois, même si mes choix politiques et mes analyses ne me situent pas toujours du même côté de la barricade, je ne peux que saluer l’Homme et la grandeur du geste, et regretter de ne pas l’avoir connu plus tôt.
Fait significatif, nos grands médias ont peu commenté l’évènement, ou alors sous l’angle de l’attaque facile et du dénigrement, faisant de Venner un « Breivik » à la française. Les maîtres penseurs (ou maîtres censeurs) qui sévissent chez nous ont retenu la leçon soviétique : un opposant ne peut être qu’un criminel ou un fou. En cela aussi, la mort de Dominique Venner est révélatrice de ce qu’est devenue une partie de l’intelligentsia française.
A nous, aujourd’hui, d’en tirer les leçons et de continuer le combat pour la liberté d’expression, et le droit du peuple français à se défendre contre toutes les forces économiques, politiques et culturelles qui tendent à l’asservir.
Merci pour tout, Dominique Venner.

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