samedi 6 avril 2013
Mort aux voleurs ?
Quelle semaine !
Les aveux de Jérôme Cahuzac, qui a reconnu devant le juge Van Ruymbeke que les
accusations de Mediapart étaient bel
et bien fondées, ont déclenché un beau tumulte.
Pépère Pingouin
s’est même senti obligé de monter au créneau pour dire à quel point il se
sentait trahi et bouleversé, et qu’il allait nous pondre une nième mesure
anticorruption pour empêcher que pareil forfait se reproduise.
A droite, on
fustige les tartuffes moralistes de la gauche, et on réclame un remaniement ministériel
en profondeur. Au FN, tout en nuances, c’est juste une dissolution de l’Assemblée
nationale que l’on exige, tandis que Mélenchon appelle à manifester le 6 mai
prochain pour une VIe République et un « grand coup de balai » dans
la pourriture politico-médiatique.
Dans le dernier Marianne, Jacques Julliard flaire les
effluves nauséabonds d’un nouveau 6 février 1934.
Dans les faits,
le « tous pourris » tend malheureusement à trouver chaque jour sa
justification.
Au PS, cela fait
bien longtemps que le social-libéralisme a gangrené les esprits au rythme du
remplissage des portefeuilles. Il fallait avoir du caca dans les yeux pour ne
pas voir qu’un zozo comme Cahuzac, fût-il aussi brillant, avait déjà accroché à
son derrière toute une batterie de cuisine : un ancien toubib qui fait du
fric dans les implants capillaires, magouille avec les grands labos
pharmaceutiques, copine avec Strauss-Kahn…dans tout le Lot-et-Garonne, son département d’origine, on louait son dynamisme autant que
l’on ricanait sur ses turpitudes. Mais qu’attendre d’un parti qui s’est jeté
dans les bras d’un Mitterrand, lequel a par la suite enrôlé Bernard Tapie ?
Ou d’un président « normal » dont le directeur de campagne place son
fric aux îles Caïmans ?
L’UMP ?
Faut-il s’attarder sur ce syndicat d’affairistes et d’arrivistes ? Ce
miroir conservateur du PS, où Tapie a trouvé sans peine de nouveaux soutiens,
est miné par tant d’affaires louches que l’on ne sait même plus par laquelle
commencer. Un parti prétendument « gaulliste » qui se donne à un
Sarko, et lui lèche encore les bottes alors que la justice le rattrape, ne peut
que donner envie de vomir.
Et les autres,
les outsiders ? Le PCF, autrefois comme aujourd’hui, ne rechigne pas à
aller à la gamelle, comme en attestent deux articles du Canard enchaîné concernant leur cogestion avec la droite de
certains syndicats mixtes de gestion de l’eau et de l’électricité en région
parisienne. Rappelons que c’est avec eux que le vertueux Front de Gauche de
Mélenchon entend former, je cite, « une nouvelle majorité ». On se
pince !
Le FN ? Une
entreprise familiale aux mains des Le Pen, qui n’a pu voir le jour que par un
détournement d’héritage, par un bel abus de faiblesse sur le vieux cimentier
Lambert. Un parti de « purs et durs » dont la gestion locale de
certaines communes, après les municipales de 1995, fut un désastre. Même un
proche de Marine Le Pen est à présent impliqué dans l’ouverture du compte
suisse de Cahuzac.
La liste est
longue de tout ce qui peut faire enrager les Français, tant du côté du monde
économique que du microcosme médiatico-politique. Mais Julliard a néanmoins
raison de rappeler cette évidence : par leur nature même, les régimes
démocratiques semblent toujours plus gangrenés que les dictatures qui étouffent
tout. Nous avons encore en France des journalistes courageux, des entrepreneurs
honnêtes et des hommes politiques qui croient encore en quelque chose. C’est à eux
qu’il faut donner les rênes, et à eux qu’il faudra les retirer lorsque l’épreuve
du pouvoir ne manquera pas de les corrompre. Le non-cumul des mandats, et un
renouvellement limité de ceux-ci, paraît une piste de réforme intéressante à
creuser.
Mort d’un toubib.
Le suicide au
Cambodge du médecin de Koh-Lanta, mis en cause par certains médias dans l’affaire
du décès de Gérald Babin, signe l’arrêt de mort de l’émission. De quoi faire un
beau roman, et même un film : La
malédiction de Koh-Lanta. Les uns après les autres, les protagonistes de l’émission
succombent…qui sera l’unique survivant ?
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