vendredi 8 mars 2013
Obsèques parallèles.
Hier, le tout
Paris politiquement correct se pressait aux funérailles de Stéphane Hessel,
tandis qu’une bonne partie du peuple vénézuélien pleurait Hugo Chavez. Dans les
deux cas, c’était classe : cour d’honneur des Invalides pour l’Indigné
perpétuel ; obsèques grandioses, bain de foule et embaumement final façon
Lénine pour « El Comandante ».
Tous les médias
français, surtout ceux de « gauche », ont encensé papi Hessel. Les
mêmes, plus ceux de droite, ont été beaucoup plus réservés, voire franchement
hostiles, à l’égard du bilan de Chavez, l’affreux populiste de Caracas. C’est
normal : Stéphane Hessel, défenseur attitré des faibles en tout genre, n’a
jamais représenté une menace quelconque pour les puissants de ce Monde. Il était
l’idiot utile du monde libéral, le « Jérémie » de service, la caution
d’un système qui pouvait toujours dire grâce à lui : « vous voyez,
chez nous, on a la liberté de critiquer ».
Chavez ne se contentait pas de discours polis, il attaquait de front, prenait
des mesures sociales qu’il finançait avec l’argent du pétrole contrôlé par l’Etat,
n’hésitait pas à se rapprocher des pays de la liste noire de Washington, tel l’Iran.
Manque de bol pour ses détracteurs, il a toujours laissé l’opposition s’exprimer,
malgré plusieurs tentatives menées par celle-ci, avec l’appui de la CIA, pour l’abattre.
Ouf, l’horrible gêneur a disparu !
Ce que nous coûte l’embargo sur l’Iran.
Le dernier
numéro du Canard enchaîné confirme
tout le mal que je pense de ce stupide embargo sur l’Iran auquel nos
dirigeants, Sarko et Hollande, nous ont associés pour complaire à leurs maîtres
américains. Il nous coûte horriblement cher : outre tous les contrats que
nous avons perdus, quelques exemples qui prennent une résonance particulière
dans le contexte économique que nous traversons :
-la perte d’un
marché de plus 400 000 véhicules par an pour Peugeot.
-le rejet de la
candidature d’un repreneur iranien pour la raffinerie Petroplus.
-des millions de
barils de pétrole à prix cassés, qui vont vers l’Asie au lieu de remplir nos
réservoirs.
Car cet embargo
débile ne concerne pas tout le Monde : la Chine, la Russie, l’Inde et le
Brésil, indépendants de Washington dans les faits comme dans les têtes,
continuent de fructueux échanges avec l’Iran, qui n’est pas qu’un robinet à
pétrole, mais aussi un vaste marché intérieur et un partenaire stratégique
essentiel au Moyen-Orient, autrement plus fiable que ces pétromonarchies
perfides, façon Qatar, dont nos chefs se sont entichés.
Par ailleurs,
comble de la saloperie, nos bons alliés Ricains permettent à certains de leurs « partenaires »
de tricher un peu, en fonction de leurs intérêts, et de continuer à traficoter
avec l’abominable Ahmadinedjad : la Turquie, la Corée du Sud, quelques
fonds d’investissements d’origine douteuse disposent ainsi de tout l’indulgence
des puritains de Washington. Pour ces pleutres d’Européens, et notamment ces
crétins de « Frenchies », pas de passe-droit ! Vous boirez la
crise jusqu’à la lie, bande d’imbéciles !
Et pendant ce temps, les Shadocks pompaient, pompaient…
Le Parti des
Shadocks (= le PS, pour faire simple), est au pouvoir depuis neuf mois, avec ses
alliés groupusculaires verts et radicaux. Le Grand Chef des Shadocks, surnommé « Pépère »
par le personnel de l’Elysée –encore largement infiltré, là comme ailleurs au
sommet de l’Etat, par les âmes damnées de Sarkozy- et son sous-chef Ayrault
(prononcez « Zéro »), ne tiennent plus leurs ministres. Tous les Supershadocks
y vont de leurs projets pour sortir de la crise et satisfaire aux critères
européens. Bruxelles, paradis des Shadocks, usine à gaz gigantesque, immense pompe
à fric et pompe à vide, moteur délirant d’une construction européenne où l’on
dépense 200 litres de super pour avancer d’un kilomètre en faisant péter toutes
les soupapes.
Parmi les
joyeusetés sorties en vrac : reculer l’âge de la retraite, augmenter le
prix du gazole et les amendes pour stationnement interdit, geler les pensions
et les salaires, fiscaliser les allocations et les heures sup’, faciliter les
licenciements et la « flexibilité » des salariés…il ne manque qu’une
reprise des privatisations (de fait, c’est quasiment terminé dans tous les
secteurs clés) pour accroître le bordel et la récession ambiante.
Pour les
Shadocks, les plus riches sont trop malins et trop volatils pour être
facilement plumés. D’ailleurs, ce sont plus ou moins des amis ! Les plus
pauvres n’ont plus de fric. Il ne reste plus qu’à pomper les classes moyennes,
qui ne peuvent pas se payer le luxe de fuir à l’étranger.
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