vendredi 15 février 2013

Le ciel leur tombe sur la tête



vendredi 15 février 2013

            Le ciel leur tombe sur la tête.

Pendant que l’on joue à se faire peur avec le passage de l’astéroïde 2012 da 14 (à 27 000 km et des poussières de la terre, ce n’est pas très loin à l’échelle cosmique), de vraies catastrophes tombent sur la gueule de centaines de malheureux.
D’abord, ce sont des fragments de météorite explosée en entrant dans l’atmosphère qui se sont abattus dans les environs de la riante bourgade ouralienne de Tcherliabinsk. L’onde de choc a cassé des carreaux, soufflé des portes, bousillé plein de trucs. Il y aurait des milliers de blessés aux dernières nouvelles. Les images diffusées sur le net sont dignes d’un bon film de fin du monde.
Ensuite, un cataclysme social, qui frappe les salariés de l’entreprise de distribution de viande Spanghero. Le crime de cette boîte ? S’être un peu trop bien adapté aux aberrations de la mondialisation agro-alimentaire, et n’avoir pas su détecter à temps que sa barbaque importée de Roumanie, via des entrepôts frigorifiques néerlandais, n’était pas du bœuf mais du cheval de retour. Les abattoirs roumains regorgent en effet de ces pauvres bêtes, depuis que des lois « modernistes » interdisent les carrioles à cheval dans ce pays encore peu développé.
Hurlements en Grande-Bretagne, où une partie de la marchandise a été exportée. Beuglements indignés des associations de consommateurs et du ministre Benoît Hamon. Lequel vient sans trembler de retirer son agrément sanitaire à Spanghero, ce qui condamnne l’entreprise à mort et ses centaines d’employés au chômage.
Entendons-nous bien : les pratiques des gros bras de l’agro-alimentaire et de leurs complices de la grande distribution sont des plus critiquables. Mais que je sache, il n’y pas eu mort d’homme, ni intoxication alimentaire. Ce genre de dérapage, dont les responsabilités restent à préciser, méritait une amende…pas la peine de mort, avec autant de dégâts sociaux collatéraux. Il n’y a pas assez de chômage, chez nous ? Pas assez de désespérés pour venir s’immoler par le feu devant les agences de Pôle Emploi ?
Le gouvernement, qui se fait tout petit devant les banquiers, les Indiens, les Chinois, les Qataris, les Allemands, se fait les muscles sur une entreprise française dans un des rares secteurs où nous nous défendons bien.
De deux choses l’une : ou bien les socialistes font marche arrière au plus vite, et ils seront ridicules –mais au moins, cela ne tuera personne- ou bien ils s’enferrent dans cette décision stupide, avec les conséquences que je viens d’évoquer.
Le danger ne vient pas du ciel, mais des hautes sphères de nos brillants dirigeants.

Aucun commentaire: