dimanche 27 janvier 2013

Jeannette et les imbéciles



dimanche 27 janvier 2013



            Jeannette et les imbéciles.



Une dernière enquête d’opinion publiée par Le Monde .fr dresse un constat accablant sur les progrès en France du « populisme » (rappelons que pour les bien-pensants, ce dernier vocable désigne une sorte de fascisme du pauvre, réservé aux bas de plafond facilement effrayés par ce qu’ils ne comprennent pas). En gros et pour faire vite, environ les 2/3 des sondés disent se méfier ou craindre l’Union Européenne, la mondialisation, l’immigration et la progression de l’islam en France. Par ailleurs, la même proportion estime les grands médias peu crédibles et/ou vaguement corrompus. Enfin, comble de l’horreur pour les tenants de la gauche raisonnable, électeurs de gauche comme de droite se retrouveraient sur ces grands thèmes.

            Si les commentaires de l’enquête veulent bien concéder qu’il doit y avoir un fond de vérité à ces frayeurs, la conclusion reste sans appel : tout ceci ne donne pas « raison » au FN ou à d’autres groupes d’extrême-droite…cela prouve simplement que les idées de ceux-ci ont réussi leur percée dans l’opinion. Les « semeurs de haine » récolteraient ainsi ce qu’ils ont semé. Imbéciles de gauche, qui illustrent parfaitement le proverbe chinois : « le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt. »

            Sur le même site, parole est donnée quand même à un sociologue issu de l’immigration maghrébine, pour qui ces résultats doivent inciter les musulmans à se poser des questions : si on a peur de nous à ce point là (et d’ailleurs pas seulement en France), ne faut-il pas s’interroger sur le « pourquoi », et sortir de la posture victimaire habituelle du « discriminé-stigmatisé-qui-n’a-rien-à-se-reprocher » ? Dans un autre registre, l’ex-ministre sarkozyste Jeannette Bougrab vient de publier un livre (Ma République se meurt) relatant son expérience au sein de l’ancienne équipe au pouvoir. Cette fille de harkis, athée, pur produit de la réussite républicaine, patriote, n’avait aucune sympathie pour une gauche faux-cul, et rejoignit donc ce qu’elle croyait être une droite intelligente, susceptible de sauver une République mal en point. Elle est tombée de haut. Racisme bas de gamme (« le sang qui coule dans tes veines n’est pas français », lui balança Raffarin), sentiment détestable de jouer les utilités ethniques, hostilité violente de certains maghrébins pourtant membres de l’UMP, lâcheté politique et calculs minables…Imbéciles de droite.

            Jeannette Bougrab, et bien d’autres avec elle, ont compris que la République était déjà morte dans la tête de ceux qui nous dirigent. Et ceux-là voudraient qu’on se batte pour elle, au nom de grands mots pompeux auxquels ils ne croient pas une seconde ? Il n’y a pire imbécile que celui qui prend à ce point les autres pour tels.



            Le poids des otages.



Deux poids, deux mesures. La libération sanglante des otages d’In Amenas a été largement effacée dans nos médias par celle de Florence Cassez, nettement plus fraîche et joyeuse. Il est vrai que l’on pouvait à loisir filmer la seconde, et que l’on n’avait rien capté de la première, verrouillage algérien oblige. Ceci dit, les forces algériennes n’avaient pas le choix : qu’aurait-on dit si elles avaient laissé les sbires de Belmokhtar s’évaporer dans le désert avec des palanquées d’otages ?


1 commentaire:

LOUANCHI a dit…
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