vendredi 18 janvier 2013
« Qui sème le vent récolte le simoun »
(dicton saharien).
A l’heure où j’écris
ces lignes, les forces algériennes seraient toujours en train de batailler dans
le complexe gazier d’In Amenas. Personne ne sait exactement ce qui s’y passe,
et quelles sont les pertes parmi les otages étrangers capturés par les
jihadistes. Les autres, tout le monde s’en fout éperdument.
Preuve est faite
désormais que les réseaux islamistes ont bien gangrené toute la zone
centre-saharienne, compensant leur faiblesse relative par une forte mobilité.
Si l’attaque du complexe gazier devait être préparée depuis longtemps, celle-ci
a été déclenchée comme une évidente réplique –et surtout diversion- à l’intervention
française au Mali.
En France, l’union
nationale derrière le chef de guerre Hollande aura duré deux jours. Toute
énervée de voir sa belle manif anti-mariage gay passée à la trappe médiatique,
la droite se rattrape en cherchant des poux dans la tonsure du Président,
reprenant la sempiternelle accusation d’amateurisme : « fallait pas y
aller tout seul comme ça ! Et l’ONU ? Et combien de temps ça va durer ? Sarkozy, lui…et gnagnagna… »
La seule
intervention intéressante que j’aie entendue aujourd’hui vient de Marine Le
Pen. Au micro de France Info, celle-ci a rappelé une évidence : toute cette
mouise, nous la devons à la désastreuse campagne libyenne de 2011, dont les
conséquences ont déjà été relatées dans ce blog et que personne n’ignore. Que
fallait-il faire alors, hein, comme dirait le Nabot ? Laisser Muammar
massacrer Benghazi ? Peut-être pas…moi-même à l’époque étais plutôt
favorable, au début, à une intervention humanitaire musclée. Mais je serais
davantage convaincu par ces beaux discours si l’humanisme avait été la seule
préoccupation de la coalition franco-britanno-qatarie. De fait, en poussant l’intervention
jusqu’à la chute de Kadhafi et en laissant le chaos s’installer en Libye, les « défenseurs
du bon droit » ont fait la même connerie que les Ricains en Irak, en 2003.
En attendant,
nul ne sert de pleurer et de geindre : nous sommes en guerre, une fois de
plus, et il va falloir en payer le prix. De là haut (ou du fin fond des
enfers), Muammar doit bien rigoler !
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