dimanche 6 janvier 2013

Homeland et Qatarland



dimanche 6 janvier 2013



                Vœux et aveux –d’impuissance ?



J’avoue, je n’ai pas regardé les bons vœux de François le Débonnaire…nous étions occupés, ma petite famille et moi, à déambuler dans les rues illuminées de Biarritz, tandis que la houle frappait furieusement les rochers de la côte basque. La fraîcheur des embruns nous a fait infiniment plus de bien que baratin présidentiel, dont je n’ai capté l’essentiel que le lendemain matin sur BFM TV.

Son prédécesseur entendait « aller chercher la croissance avec les dents ». Lui fera « coûte que coûte » s’inverser la courbe du chômage. Pauvre François ! A part tes fameux « contrats d’avenir » et tes « contrats de génération », qu’as-tu de bien emballant à proposer ? Le Conseil constitutionnel a retoqué ta mesure symbolique de taxation des riches, les banques ont déjà gagné la bataille contre la finance, Mittal a montré qui était le patron (après la famille Al-Thani du Qatar, voir plus loin). Quant au pacte budgétaire européen, auquel tu n’as pas vraiment touché, il entrave toute prétention de la France à agir sérieusement contre la crise, en dehors des vieilles recettes libérales. Celles-ci ont d’ailleurs la faveur de tes éminences grises, tous tes petits camarades des grandes écoles (Sciences-Po/HEC/l’Ena), ceux de ta promo « Voltaire » et les autres, qui murmurent à ton oreille la petite musique des marchés.

Pour exister politiquement, il ne te reste que de vieux trucs qui n’amusent plus personne, comme visiter Rungis à point d’heure et manger une entrecôte frite à 9h du matin. Esprits de Sarko et Chirac, sortez de ce corps grassouillet !



                Qatarland.



Pour notre petit Noël, nous avons reçu en DVD la saison 1 de l’excellente série Homeland. La lecture toute récente de plusieurs articles de Marianne consacrés à l’influence démesurée du Qatar en France est venue s’y ajouter pour nourrir ma réflexion. A priori, pas grand-chose à voir entre les deux sujets, à part la question du terrorisme et de son financement par des officines liées aux pétromonarchies. Et pourtant…

Pour ceux qui l’ignoreraient, rappelons que Homeland a pour thème le retour au pays d’un marine américain, après huit ans de détention dans les geôles d’un groupe terroriste islamiste. Très vite, une jeune employée de la CIA en vient à le soupçonner d’avoir été retourné par ses ravisseurs, et de préparer un nouvel attentat sur le sol états-unien. Si le gaillard doit disposer de certaines complicités en haut lieu (comme dans 24h chrono), il n’empêche qu’il s’agit là d’une trahison par le bas, par un pauvre type torturé et brisé psychologiquement, converti à l’islam. Au fond, on ne peut pas lui en vouloir.

Dans Qatarland, la série française que nos dirigeants produisent avec le Cheikh Al-Thani depuis une bonne dizaine d’années, la trahison vient d’en haut : hommes d’affaires, politiciens, dirigeants de clubs sportifs, présidents d’universités et de centre culturels…toute une camarilla de gauche comme de  droite s’est littéralement « vendue » aux fonds d’investissements qataris, lesquels ont entrepris une sournoise colonisation avec l’appui d’une potentielle 5e colonne issue de l’immigration maghrébine. Face au péril, une petite poignée de gens sans grande influence tirent la sonnette d’alarme : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, et –pour une fois bien inspiré, même si cela met en porte-à faux avec ses autres engagements dans la « révolution arabe »- Bernard-Henri Lévy, qui a osé rappeler la vraie nature de notre « ami et allié » : un Etat despotique et népotique, qui embastille ses opposants et surexploite ses immigrés.

Comme dans Homeland, les « gentils » de Qatarland ne sont pas sans ambiguïtés : paranos, fachos, mythos…ils sont faciles à critiquer, voire à ridiculiser au nom du bon sens et de la raison d’Etat. En attendant la catastrophe finale, qui sera probablement plus spectaculaire dans la série américaine que dans la coproduction franco-qatarie, mais certainement plus grave sur le fond : la pourriture de toute une classe dirigeante, tandis que sombre le paquebot « France ». Heu, pardon, excusez-moi : le France, on l’a déjà vendu !


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