vendredi
6 juillet 2012
Déception,
déjà ?!
La nouvelle équipe socialiste est aux commandes
depuis peu, et déjà souffle le vent mauvais de la déception. Certes, la marge
de manœuvre du gouvernement est des plus faibles, entre le carcan européen, le
poids de la dette, ou les pressions de cet « ennemi sans visage »,
ces marchés financiers dénoncés par l’actuel locataire du Château lorsqu’il
était en campagne électorale. Mais il suffisait de lire tous les termes du contrat,
ou plutôt noter soigneusement tout ce qu’a pu dire François Hollande avant
d’être élu, pour prévoir ce qui va nous tomber sur le coin de la tronche.
De fait, le leader « socialiste » a tout
dit et son contraire. Après avoir dénoncé le monde de la finance, il s’était
empressé de courir à Londres rassurer les vautours de la City. Après avoir
annoncé qu’il ne ratifierait pas le Traité Merkozy (ou MES : Mécanisme
Européen de Stabilité, comprenez Machine à Etrangler Sûrement), il s’était
dépêché d’affirmer qu’il reviendrait à l’équilibre budgétaire en 2013 !
Ce matin sur France Culture, un représentant des
Jeunes Socialistes déclarait son rejet de la « règle d’or »
budgétaire, que les libéraux entendent faire voter dans toute la zone euro, et
attendait de Manuel Valls, nouveau ministre de l’Intérieur, qu’il mette
vraiment un terme aux contrôles au faciès, ce que celui-ci ne semble pas pressé de faire au vu des réticences des fonctionnaires de police.
Il faut dire à leur décharge que le projet de récépissé de contrôle d’identité
est assez fumeux. Mais gageons que pour avoir l’air « de gauche », la
majorité donnera à une partie de son électorat quelques os politiquement corrects
à ronger.
Citons
en vrac :
-La réforme de l’Ecole. Encore une, me direz vous ?
Ben oui, c’est le dada de tous les gouvernements depuis 1968, avec les
résultats formidables que l’on sait. Peillon a réuni tous les « acteurs du
système éducatif », pour une grande concertation. Il suffit de prendre
connaissance des ateliers prévus pour comprendre que les mêmes grands axes
pompeux et démagos seront maintenus. La vieille rengaine de l’ « élève
au centre » , de la « réussite pour tous », etc…
-Le mariage homosexuel : aucun intérêt, cela ne
coûte rien, ça fait moderne…parfait !
-L’abolition de la prostitution : je ne pensais
pas que l’âme d’une talibane sommeillait derrière le joli visage de Najat
Vallaud-Belkacem, ni que l’affaire Strauss-Kahn avait traumatisé les vierges
effarouchées du PS au point de leur faire perdre le sens des réalités.
Evidemment,
le monde des putes (femmes ou hommes) n’a rien de formidable. C’est rarement un
métier que l’on choisit de gaieté de cœur, et on y trouve les pratiques
mafieuses les plus ignobles. Mais si ce métier est le plus « vieux du
monde », c’est qu’il y a des raisons.
Pour de nombreuses femmes, et certains hommes, c’est
parfois le seul recours pour éviter la misère et nourrir leur famille. C’est
aussi un exutoire pour pas mal de types plus ou moins névrosés. Si on peut
réglementer cette activité et l’assainir partiellement, la supprimer serait
catastrophique, avec une probable flambée de la criminalité en général et des
viols en particulier. Quant aux plus friqués qui fréquentent des call-girls, il
leur suffira d’exhiber une attestation « prouvant » qu’ils n’ont pas
consommé la marchandise !
Avec
Hollande et son équipe, certains attendaient Roosevelt. Nous risquons fort d’avoir
Hoover, avec les bidonvilles et la prohibition.
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