dimanche 3 juin 2012

Le calme avant la tempête.


dimanche 3 juin 2012

            Quel calme !

Ou quel ennui ? Depuis que François II a succédé à Super Nabot, l’action gouvernementale a pris une tournure zenissime. Plus de coups d’éclats stupides ou de provocations gratuites en provenance de l’Elysée ou de Matignon. Tout au plus la sphère médiatique bruit-elle des frustrations de Martine Aubry ou de tel ou tel hiérarque socialiste,  ou se gargarise-t-elle de la volonté de Hollande de paraître « simple » et « normal ». Il prend le train pour aller à Bruxelles, incroyable, non ? Mais est-ce si économique que cela ? et patati et patata…
De toute évidence, une bonne partie des journalistes de la télé publique sont ravis de l’alternance.

            Une opposition qui sent mauvais.

Furieuse d’avoir perdu les présidentielles, la droite veut prendre sa revanche et tenter de nous convaincre qu’une cohabitation serait non seulement possible (« Si Nicolas avait eu deux semaines de plus de campagne, il gagnait ! »), mais infiniment souhaitable (« Pour sauver la France », rien de moins). Les caciques de l’UMP (Fillon, Juppé, Copé, Bertrand) se font des croche-pattes avant même les législatives, et tous louchent honteusement vers le FN.
J’ai reçu sur ma boîte mail un curieux appel émanent d’un « rassemblement pour la dissidence », apparemment mené par le « bloc identitaire » et du « projet Apache », sur le thème : « Hollande n’est pas mon président », me conviant à venir manifester le 7 juin devant le siège du PS, rue de Solferino. Pourquoi tant de haine ? Je cite les motifs du raout :
-De nombreux drapeaux étrangers ont été brandis lors de la fête de la victoire sur Sarko en mai dernier. Hollande est donc un agent de l’Anti-France. Exact pour les faits, mais ce fut le même topo pour Chirac en mai 2002, et cela n’entraîna pas autant d’indignation, ni un appel à manifester devant le siège du RPR ou de l’UMP naissante. Soit dit en passant, il convient de s’interroger sur ce rejet du drapeau national auprès des générations issues de l’immigration. Mais Holland y est-il pour quelque chose ?
-Hollande veut faire voter les étrangers aux élections locales, ce qui remettrait en cause « les liens fondamentaux entre identité, nationalité, et citoyenneté ». D’accord, mais le fait précédent montre que les liens en question sont déjà bien atteints, y compris chez des gens qui ont de facto la nationalité française. Les personnes concernées par cette réforme seraient assez peu nombreuses, et somme toute tellement intégrées que leur naturalisation pure et simple devrait aller de soi. Encore une fois, ce projet a peu d’intérêt. Pas de quoi hurler au scandale, même si, comme je l’ai déjà dit, je n’aime guère ces citoyennetés à plusieurs étages (locales, nationales, européennes…). La République est une et indivisible. C’est dans la Constitution, point barre.
-Hollande veut permettre aux homosexuels de se marier, voire d’adopter. Quelle horreur ! En toute honnêteté, je ne trouve ce projet ni souhaitable, ni urgent. Mais je concède volontiers qu’un bon couple homo, composé de parents potentiels responsables et sérieux, vaut infiniment mieux qu’une famille hétéro éclatée, avec des géniteurs débiles et des gamins à la dérive. Les études réalisées aux Etats-Unis (commandées par le lobby gay), vont même jusqu’à démontrer que les couples homos élèvent mieux leurs gosses que les hétéros. Mais gare à la qualité des échantillons : les couples parentaux homos qui se « dévoilent » sont en général des gens courageux et militants, d’un certain niveau social, et qui de ce fait assument bien mieux leur rôle que la moyenne des parents dits « normaux ». Cela fausse quelque peu le jeu. Pour le reste, le fameux équilibre de l’enfant, la place de l’homme et de la femme dans le couple, tout cela relève d’une querelle de spécialistes. Pas de quoi brûler le nouveau président !
-Et enfin, l’argument massue : Hollande aurait l’intention de régulariser massivement des hordes de clandestins. Halte à l’invasion ! Sauf qu’il n’en est rien…le candidat socialiste s’est juste engagé à mettre un terme à cette politique ridicule et inhumaine de quotas d’expulsion, et de revenir à une logique de cas par cas.
La question est : qui se cache derrière cette agitation douteuse ? Quelle différence y a-t-il entre ces thèses (en gros celles du FN) et celles affichées de plus en plus ouvertement par certains cadors de l’UMP ? N’y a-t-il pas un rapport entre ces attaques et d’autres, menées contre certains leaders socialistes (Ayrault, Montebourg), visant à les assimiler à des repris de justice (pour des faits par ailleurs infiniment dérisoires) ?
La droite se radicalise, comme elle le fit en 1936 face au « péril rouge », avec une bonne dose de xénophobie, financée par certains industriels et banquiers véreux. Face à de tels adversaires, la gauche n’a pas droit à l’erreur. Si le PS et ses alliés de gouvernement se contentent de mesurettes économiques et de réformes sociétales polémiques, ils iront droit dans le mur…et la France avec.

Faut-il intervenir en Syrie ?

            Se demande gravement Jacques Julliard, dans son très bon éditorial du dernier Marianne. Il y pèse le pour (atteintes aux droits de l’homme) et le contre (realpolitik et déconvenues liées aux précédentes révolutions arabes), pour finalement conclure comme moi : ben non, faut pas y aller ! Ou alors, préparer une guerre contre l’Iran, la Russie, la Chine…Y a des volontaires ?

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