mardi 1 mai 2012

La fête du vrai Travail


mardi 1er mai 2012

            La fête du « Vrai travail ».

Ils ont bien appris leur leçon, ces militants UMP montés à Paris pour garnir l’ « autre fête du travail » organisée au Trocadéro par le nabot aux abois. Dans les interviews des uns des autres, les mêmes termes reviennent en boucle, ces fameux « éléments de langage » concoctés dans les officines sarkozystes :
« Le 1er mai appartient à tout le monde, il n’est pas la propriété de la gauche, ni des syndicats…les travailleurs du privé non syndiqués ont le droit, eux aussi, de manifester, etc… »
Cette litanie revient en boucle depuis le début de la polémique lancée par Sarko lui-même avec cette étrange expression de « vrai travail », il y a quelques jours. « Il y aurait donc un « faux travail » ?, a aussitôt répliqué Hollande. Pour rattraper sa bourde, le Président en sursis a utilisé sa méthode favorite : répondre à côté de la question, botter en touche et rebondir, avec cette histoire grotesque de « privatisation » du 1er mai par la gauche.
Si depuis ses origines, le 1er mai est un jour fétiche pour les travailleurs, rien n’interdisait à la droite d’organiser ses propres manifs. Pour preuve, l’extrême-droite y a placé depuis les années 20 sa fête de Jeanne d’Arc, martyre bien connue du syndicalisme.
Il est frappant de constater que la droite (et son roquet en chef, aujourd’hui) ne s’intéresse aux travailleurs que lors des pires moments de notre histoire nationale. C’est Pétain qui fit du 1er mai une fête chômée, avec son muguet bien blanc pour contrer les drapeaux rouges. Sarko marche sur ses pas, avec son triptyque de l’entre-deux tours : « Travail, Famille, Sécurité. »
Dans les derniers discours de Sarkozy, il est pourtant un passage que je trouve fort juste, et que je cite ici en substance :
« A vouloir effacer les frontières nationales, qui sont là pour nous protéger, on contribue à créer d’autres frontières au sein même des peuples : des frontières religieuses, ethniques, communautaristes… »
Il est dommage que celui-là même qui prononce ces fortes paroles –et qui redécouvre bien tardivement les vertus de l’idée nationale- se soit échiné, et s’échine encore, à dresser les Français les uns contre les autres.
« Je hais ces mensonges qui nous ont fait tant de mal », disait Pétain. Personnellement, je hais encore plus celui qui les commet avec autant d’impudence.

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