Sale mec toi-même !
Une cour de récré dominée par une bande de teigneux friqués. Un délégué de classe/chef de bande (la bande des teigneux friqués) qui ne veut pas perdre son poste, et fait donner ses « copains » à la moindre incartade, aussi futile soit-elle, dès lors qu’elle provient de son rival le plus dangereux. François Hollande n’aurait pas traité directement le Petit Nicolas de « sale mec », mais cela en reviendrait au même et justifierait le barouf grotesque organisé autour de ça…
Voilà le niveau de la campagne présidentielle. On se moquait des Ricains en 2004, tout en se félicitant que jamais aucun « grand parti républicain » français ne se permettrait les mêmes bassesses que l’équipe Bush envers John Kerry. Encore un effort, camarades UMPistes, une bonne brasse vers le bas et vous exploserez le fond de la piscine !
TVA sociale, ou le triomphe du patronat.
En 2007, le projet avait été promptement enterré devant la bronca de l’opinion peu avant les échéances législatives. A la faveur de la crise, Sarko nous remet ça en présentant la « TVA sociale » comme un remède aux délocalisations. Le jour même, les « expert » convoqués sur France 2 nous firent l’apologie de cette mesure, qui allait permettre de taxer les vilains produits chinois (au hasard) tout en rendant les nôtres plus concurrentiels. Bon, évidemment, le transfert des charges sociales sera aux frais des consommateurs, mais comme le chômage va baisser, et les salaires remonter très rapidement grâce au maintien des emplois en France, le pouvoir d’achat n’en souffrira pas. Youpi hourra !
Deux jours plus tard, nouvelle vague d’analyses (pas par les mêmes, faut espérer), et là tout est mauvais : en fait, cette TVA ne comblera en rien l’énorme différentiel de coûts et de prix entre la France et la Chine (au hasard). Un T-Shirt français à 40 euros restera à 40 euros, son équivalent chinois passera de 15 euros à 15 euros et 80 centimes. Les patrons n’auront aucune raison d’embaucher plus ou de payer davantage leurs salariés, et les consommateurs les plus modestes l’auront « bien profond » (comme dit mon beau-père). De fait, la consommation restera atone, l’activité ne reprendra pas assez, etc…
Seuls gagnants dans cette affaire : les patrons, qui n’auront plus (ou moins) à payer de charges sociales, et amélioreront leurs marges…si toutefois il leur reste assez de clients solvables dans notre beau pays. C’est la même blague que la baisse de la TVA sur la restauration, qui devait faire chuter les additions et permettre de créer 500 000 emplois…on attend toujours !
Mais le triomphe du MEDEF ne s’arrête pas là : le 18 janvier prochain, le « sommet social » (aussi social que la TVA du même nom) préparé par le bon Xavier Bertrand, proposera aux syndicats et au patronat le deal suivant : « Vous, les cons de salariés, vous accepterez plus de flexibilité et des baisses de salaires…vous, les chers patrons, vrais héros de notre temps, chevaliers intrépides de la mondialisation sauvage, vous vous engagerez en échange à licencier le moins possible…si vous pouvez…enfin, si vous voulez… ou si vos actionnaires veulent bien… »
Après avoir bien démoli les acquis sociaux de 1946, Sarko va nous faire son juin 1936 (les accords Matignon) à l’envers. Le chien d’attaque du capitalisme aura bien fait son office, et jusqu’au bout. S’il perd le job, faudra pas oublier de remplir de sucre sa gamelle plaquée or.
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