samedi 3 décembre 2011
Comment peut-on ne pas être germanophobe ?
Il paraît que Montebourg a dérapé, en comparant Angela Merkel à Otto von Bismarck, et que gauche serait gagnée par le dangereux démon de la germanophobie. Venant d’une droite qui n’hésite pas à jouer avec toutes les peurs, dont celle de l’étranger, l’attaque ne manque pas de sel. Mais ça marche, à en juger par les réactions embarrassées de la gauche molle et de l’éternel complice du capitalisme apatride, le libertaire écolo Cohn-Bendit.
Et pourtant, tout Européen lucide, par les temps qui courent, ne peut que ressentir au mieux de l’agacement, au pire de la colère, envers l’Allemagne ou ses dirigeants. Car enfin, quel autre pays porte autant que l’Allemagne la responsabilité des désastres qui se sont abattus sur les peuples d’Europe depuis un siècle ?
Le déclenchement de la 1ere Guerre mondiale ? La faute au Kaiser. Le déclenchement de la seconde ? La faute à Hitler. La mise en place d’un Euro fort calqué sur le Mark, géré par une banque centrale indépendante et psychorigide, qui a plombé nos exportations –sauf celles des Allemands, bénéficiant d’un effet de niche- ? Nous la devons à Helmut Kohl. Qui refuse aujourd’hui de réformer la BCE en profondeur, exige la rigueur à tout crin et la mise sous tutelle des pays de la zone ? Cette chère Angela.
La surpuissance économique –toute relative d’ailleurs- de l’Allemagne dans l’Europe actuelle lui fait retrouver l’arrogance qui fut la sienne à une certaine époque. L’ordre nouveau que Berlin veut nous imposer n’est pas sans rappeler celui de 1942 : au nom de la lutte contre le bolchevisme, les peuples soumis devaient se saigner à blanc, tandis que l’on tentait d’épargner le plus longtemps possible certaines privations aux Allemands eux-mêmes.
« Ils donnent leur sang, donnez votre travail ! »
Aujourd’hui, cela donnerait : « Si vous voulez garder votre travail, va falloir verser votre sang…et encore c’est pas garanti ! »
Race des Seigneurs un jour, race des saigneurs toujours.
Mais comme en 1940-42, il se trouve chez nous des bonnes âmes prêtes à trouver toutes les vertus à nos bon maîtres, au nom de la Paix, de la Construction européenne, ou d’intérêts plus bassement matérialistes. Ces collabos de droite et de gauche ne veulent pas voir le couple franco-allemand divorcer, quitte à perdre tout honneur et tout bon sens. Car à qui fera-t-on croire qu’enfermer nos économies dans un carcan budgétaire récessionniste aura pour effet de relancer la croissance ? Les agences de notation elles-mêmes s’en inquiètent !
La zone euro revue et corrigée par Berlin ne sera plus qu’un camp de concentration dirigée par Frau Merkel, avec le chef kapo Sarko pour surveiller le baraquement « France ».
Désolé, mais je crois que la germanophobie me gratte de partout !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire