mercredi 16 novembre 2011
A bord de l’avion fou.
C’est un avion d’Air France, un A 380 plein à craquer, pris dans la tempête. Les passagers se sentent mal, surtout depuis que les hauts parleurs ont diffusé l’annonce suivante :
« Le Commandant Sarko et son équipage ont le regret de vous annoncer que les mauvaises conditions atmosphériques nous obligent à dérouter l’appareil. Pour l’heure, nous sommes dans l’incapacité de vous donner notre aéroport de destination. »
Les trous d’air se multiplient, et la tourmente ne s’apaise pas. Les plus lucides et les plus inquiets se demandent si on aura assez de carburant pour atteindre cet hypothétique aéroport.
Les propos rassurants de l’hôtesse Valérie et du steward François ne trompent personne.
C’est alors que le second pilote Fillon prend le micro :
« La Tour de Bruxelles vient de nous informer qu’aucun atterrissage n’est possible en Europe. Nous allons devoir nous diriger vers Washington, ce qui suppose de nous alléger fortement pour économiser le carburant. Les bagages des passagers de la classe Touristes seront donc jetés par la trappe d’évacuation d’urgence. »
Hurlements des passagers en question :
« Hé, c’est dégueulasse ! Pourquoi nous et pas ceux de la 1ere classe et de la classe affaires ? »
Réponse du steward François, plein d’assurance :
« Vous êtes les plus nombreux à bord, vos bagages pèsent plus lourd, et certains ont visiblement pris plus de poids que nécessaire. Les bagages des classes supérieures sont plus légers, et plus précieux pour l’économie nationale ! Vaut-il mieux se débarrasser d’une malle pleine de fringues ordinaires, ou d’un ordinateur portable contenant des données essentielles à nos entreprises ? »
A part quelques grincheux, tout le monde se tait.
Le temps passe, l’avion tangue toujours autant, et le second Fillon reprend son micro :
« Nous avons le regret de vous informer que tous les aéroports américains sont fermés à cause du mauvais temps. Nous allons devoir continuer jusqu’en Chine, où le ciel est dégagé. Evidemment, nous devrons économiser encore plus de kérosène. Je vous demande de faire preuve de courage : les passagers des classes affaire et 1ere classe devront choisir un bagage à jeter. Tous les bagages à main de la classe touristes seront balancés dehors. »
Nouvelles protestations des mêmes, nouvelle réponse de marbre du personnel :
« Nous n’avons pas d’autre choix, ce sont nos vies qui sont en jeu ! Ne soyez donc pas irresponsables ! »
Et tout le monde de la boucler, sa ceinture comme sa gueule.
Le temps passe, l’avion perd de l’altitude, à tel point que certains passagers aperçoivent assez nettement des îles paradisiaques, avec hôtels de luxe et tout et tout…Et puis surtout quelques splendides parachutes qui descendent doucement vers des plages de rêve.
« Hé, mais ils viennent d’où, ces parachutes ? s’exclame quelqu’un.
-Et ils sont où, les stewards et les hôtesses ? demande un autre.
Quelques-uns décident de se lever et de partir à la recherche de l’équipage. En classe affaire, personne… En 1ere classe, que dalle…Et dans le cockpit, c’est le désert. Un petit billet quand même, accroché au tableau de bord réglé en pilotage automatique :
« Le Commandant Sarko et son équipage vous souhaitent un bon crash. »
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