lundi 27 juin 2011
Arnaques au Bac : des incidents bienvenus pour M. Chatel.
Question « bavures » aux examens, l’année 2011 aura battu tous les records : texte bidon à l’agrégation d’Histoire –pas mort d’homme, mais ça ne fait pas très sérieux-, fraude en BTS, au Bac S en maths et probablement ailleurs…De fait, les progrès technologiques mis à la disposition des candidats sont autant de tentations de tricher, de manière encore moins constructive d’ailleurs que les bonnes vieilles antisèches de ma jeunesse.
Je me souviens en avoir bricolé quelques unes sur de petits bouts de papiers ou des chutes de brouillon (pas pour le bac, quand même), pour finalement ne jamais m’en servir. D’abord par trouille, ensuite tout bêtement parce que j’avais ainsi fabriqué des petites fiches qui m’ont permis de mémoriser ce que j’avais peur d’oublier. Bref, j’avais pour une fois travaillé sérieusement !
Ce temps-là est fini. L’étudiant moderne photographie des pages entières sur son téléphone portable ultraplat, aussi facilement qu’il copie et colle des données sur Internet, pour pondre un « devoir » auquel il ne pige rien. Rien de plus simple, dans l’intimité bienvenue des toilettes, de sortir son joujou (l’électronique, pas l’autre) et de rafraîchir sa mémoire à défaut de faire travailler ses neurones. Le Cyber-candidat du futur pourra probablement compter sur des implants greffés aux bons endroits, et des transmissions directes de données qui feront de lui un terminal informatique sur pattes qu’il sera par définition inutile d’interroger, sinon pour vérifier d’éventuels dysfonctionnements de son équipement ou de sa programmation.
Mais je m’emballe…ces temps heureux ne sont pas pour tout de suite.
Le plus intéressant dans l’immédiat est la réaction des technocrates de la Rue de Grenelle : pas question d’annuler l’épreuve de maths –cela flanquerait par terre tout le calendrier de la procédure d’admission post-bac-, mais on rejoue celle de BTS, dans des conditions encore plus foireuses que la précédente au vu des derniers incidents. Et le bon Monsieur Chatel nous promet bien sûr une Nième commission de réflexion sur les parades possibles aux vilains tricheurs.
Incohérence ? Amateurisme ?
Non, calcul et bon sens, bien au contraire. Cela fait des années que les « esprits modernes » veulent en finir avec le baccalauréat et autres examens nationaux : une « particularité bien française », disent-ils avec l’ironie et la bouche pincée des gens qui savent où est le Bien.
A commencer par l’orthodoxie budgétaire, car le machin est coûteux pour l’Etat.
Mais cette institution napoléonienne a encore des soutiens, y compris dans l’opinion, qui se méfie des autres modes d’admission ou de sélection fondés sur des critères bien peu transparents. Alors, comme pour les autres systèmes que l’on veut tuer (services publics de transports, d’énergie, de santé, etc…), il faut prendre le temps de le rendre impopulaire.
D’abord, brader l’objet en multipliant les consignes d’indulgence aux correcteurs.
Ensuite, tirer parti de ces incidents pour montrer à quel point tout ce pataquès pourrait être évité en passant au contrôle continu et aux examens régionaux, ce qui permettrait, heureuse coïncidence, de mettre en place le futur calendrier des vacances d’été en deux ou trois zones que l’on nous mijote pour 2013. M. Chatel et ses amis sont de gros malins.
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