mardi 17 mai 2011

Dominique, nique-nique...


mardi 17 mai 2011
            Dominique-nique-nique,
            S’en allait tout simplement,
            Quand les flics de New York,
            L’arrêtèrent sans ménagement…

Vous aurez compris que l’arrestation de DSK ne me plonge pas dans l’affliction. Je suis partagé entre un gros fou rire (nerveux) et l’étonnement. Comment un type présenté comme si brillant, intelligent, maître de lui –quoique porté sur la chose, on le savait déjà- a-t-il pu tomber dans un traquenard aussi grossier ? Car il y a gros à parier que tout cela pue la magouille. A moins que…il n’ait vraiment abusé de cette fille, auquel cas c’est encore plus lamentable, et la France l’aura échappé belle en 2012. Après un psychopathe à l’Elysée, un obsédé sexuel ? Laissons les avatars de Berlusconi aux Italiens, SVP.
En attendant, nous –et nos médias qui en oublient tout le reste- ne parlons que de cela, et moulinons dans le vide tant que la défense n’aura pas présenté sa version des faits.
Cet épisode est en tout cas lourd de symboles : le président du FMI, symbole de la puissance financière qui régit la planète, se jette sur une malheureuse femme de chambre africaine pour assouvir ses bas instincts ! C’est trop beau. Avec le FMI, vous finissez toujours par vous faire avoir…et bien profond, comme dirait mon beau-père (ou les Grecs, qui en connaissent un rayon –ouarf ! ouarf !) On peut craindre, effectivement, une vilaine récupération antisémite, façon le Juif Süss  de Veit Harlan (le financier juif libidineux qui finit pendu à la grande joie du bon peuple), et il y a gros à parier que les défenseurs de DSK useront de cette grosse ficelle, tout comme les défenseurs du libéralisme mondialisé : vous critiquez DSK et le système qu’il incarne : vous êtes d’ignobles antisémites. Stratégie totalement foireuse à mon avis, tant ce genre de terrorisme intellectuel se révèle de moins en moins efficace et même contreproductif.
Les arguments du procureur new-yorkais pour motiver l’incarcération de DSK sont également intéressants : il fallait le mettre en taule, car sa fortune, ses relations, son peu d’attache dans la ville et le pays lui auraient permis de prendre la fuite et d’échapper à la justice américaine. Le portrait-type de ces élites mondialisées décrites par Jean-Pierre Chevènement, ces gens sans vraies racines, qui butinent gaiement sur la terre au risque de perdre de vue les réalités.
Pour les Français, qui n’ont guère l’habitude de voir les puissants soumis à la brutalité de la justice ordinaire, il y a quelque chose de jouissif à voir un représentant de ces mêmes élites arrogantes traîné devant le juge comme un vulgaire petit malfrat.
Et après ? Quelles conséquences ? Pour le FMI, rassurons-nous, c’est comme l’UE ou la plupart des organismes complexes et développés : le machin fonctionne tout seul, et se passe sans problèmes de ses « grands chefs » (Voir l’Etat belge, par exemple).
Pour le PS, enfin un bol d’air, et je félicite encore les « bons camarades » pour leur talent de comédiens. Pour un peu, on aurait presque cru qu’ils étaient tristes, les Ségo, François, Martine et les autres…Pour les Strauss-kahniens et les socio-libéraux, c’est un coup dur.
Mais tous ceux qui en France n’ont pas envie de voir un autre européiste, libéral et atlantiste squatter l’Elysée –même plus habile que l’affreux locataire actuel-ne peuvent que se réjouir de voir le patron du FMI hors jeu.

Aucun commentaire: