jeudi 10 février 2011

Profs et magistrats, même combat


jeudi 10 février 2011

            Profs et magistrats, même combat.

Grève et journée d’action des syndicats enseignants et de la magistrature aujourd’hui. Je fais grève aussi. Le journal de France 2 évoque d’avantage les robes noires et rouges (une mobilisation sans précédent depuis 1990, paraît-il) que celle des « blouses grises ». Il est vrai que les juges se sont « bougés » de façon nettement plus spectaculaire (80% des tribunaux sont touchés, contre seulement 17% de grévistes dans l’Education nationale, d’après le Ministère). Et puis, les grèves de profs, ce n’est pas nouveau et tout le monde s’en fout un peu (sauf les « parents en galère » pour faire garder leurs mômes, selon l’expression de la mielleuse Elise Lucet).
Pourtant, il existe une réelle convergence d’intérêt entre ces deux mouvements. Ils sont confrontés aux mêmes problèmes : réformes douloureuses et discutables à digérer, exigences de résultats en hausse pour des moyens en baisse. Et les personnels concernés font l’objet du même mépris de la part de leurs ministères de tutelle et du Chef de l’Etat. Il n’y aurait pas beaucoup à gratter pour trouver d’autres secteurs professionnels publics (les hôpitaux, la Poste, la SNCF) touchés par les mêmes fléaux. Alors, que faire, comme disait Lénine ?
Une énième journée d’action commune, avec perte de salaire pour rien ? Ou un appel plus radical à la désobéissance civile contre un pouvoir qui sacrifie l’intérêt national à celui des marchés financiers ? Et la légalité républicaine dans tout cela ? La France n’est pas la Tunisie, ni l’Egypte, n’est-ce pas… nous sommes en démocratie, pas vrai ?
Une démocratie dont la Constitution permet à un parti qui réunit moins d’un tiers des électeurs d’obtenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Une démocratie qui favorise lourdement le pouvoir exécutif, notamment celui du président, qui accroît son emprise sur les médias et les secteurs-clés avec l’appui d’une clique d’hommes d’affaires. Une démocratie qui autorise ses gendarmes à gazer des manifestants pacifiques. Une démocratie qui tremble de trouille lorsque d’autres peuples, pas si loin de nous se rebellent. Une démocratie qui ne rêve que d’un modèle : la Chine de Hu Jintao…si stable, si efficace –jusqu’à preuve du contraire.
Il suffit d’attendre 2012, et de bien voter, voyons ! Voter pour le PS, la machine à perdre ? Car seul ce vote (et le vote écolo, aussi inoffensif qu’une patate bio) a la faveur des médias raisonnables. Vous voulez en reprendre, de la « gauche plurielle » à la sauce européo-compatible ? Personne n’en veut vraiment, donc le nabot et sa bande ont de beaux jours devant eux. Sauf si…si quoi ? Rien, rien…un malheur est si vite arrivé.
Il va falloir que je me procure le bouquin de Julien Coupat : L’insurrection qui vient. Avec le Manuel de survie en territoire zombie, de Max Brooks (le fils de Mel), je crois que je serai paré pour le XXIe siècle.

           


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