dimanche 30 janvier 2011

Un Jasmin qui sent mauvais ?


Dimanche 30 janvier 2011

            Un Jasmin qui sent mauvais ?

D’après Marianne, l’expression de « révolution du Jasmin » aurait été utilisée pour la première fois en 1987, lorsque Bourguiba fut débarqué du pouvoir par Ben Ali. Est-ce pour porter la poisse aux révoltés de janvier 2011 que l’on a sorti cette vieillerie du placard ?
Mais ne boudons pas notre plaisir : apparemment, cette « révolution » semble rester dans les limites du raisonnable, et inspire de la crainte aux potentats de toute l’Afrique du nord, de Mohammed VI à Moubarak, en passant par notre grand ami Kadhafi. Reste à savoir qui va tirer les marrons du feu. Pour ma part, j’incline à penser que vouloir l’éradication complète de tous les cadres du RCD, le parti de l’ex-président, des organes dirigeants du pays, est une erreur. Les Ricains ont fait la même bourde avec le Baas saddamiste lorsqu’ils ont pris le contrôle de l’Irak en 2003. Résultat des courses : ils n’ont plus rien contrôlé du tout, et le pays a sombré dans l’anarchie. On objectera que la Tunisie n’est pas l’Irak (plus homogène, plus « évoluée », plus tout ce qu’on voudra), mais rappelons-nous les « révolutions de velours » en Europe de l’Est à la fin des années 1980. Ce sont le plus souvent les cadres des partis communistes locaux qui ont organisé la « transition démocratique », et il en fut de même en France en 1944 : si De Gaulle avait dû virer tous les responsables ayant plus ou moins servi Pétain, il n’aurait eu personne de compétent pour gérer le pays. Bref, un peu de réalisme s’impose. En attendant, il nous faut féliciter les agences de notation financière, qui ont rétrogradé la Tunisie après le départ de Ben Ali, « gage de stabilité pour les investisseurs ». C’est bien logique de leur part, et fait une fois de plus la preuve que le capitalisme n’a rien d’incompatible avec les dictatures. Un seul modèle pour ces gens-là, la Chine !

            Islamisme et mondialisme, même combat ?

Les révélations de Wikileaks sont venues confirmer ce que l’on pouvait subodorer. Je ne comprenais pas, ou mal, pourquoi certains « experts » tels que Jacques Attali, apôtre du mondialisme libéral, partisan d’une chaude coopération transatlantique, se comportait en « dhimmi d’honneur » (selon l’expression de Riposte laïque) en laissant entendre qu’une immigration musulmane massive ne l’effrayait pas, pas plus qu’une islamisation de l’Europe.
Les services secrets américains tablent en effet là-dessus ! Pour eux, la « vieille Europe » est fichue, et condamnée à être submergée par des vagues venues d’Afrique et du Moyen-Orient. Elle doit donc s’y préparer en adoptant un modèle « multiculturel » (comprenez « communautariste ») inspiré des pays anglo-saxons (le patriotisme en moins), le tout afin de maintenir une certaine stabilité régionale et l’arrimage de la zone à la sphère d’intérêt des Etats-Unis. En clair, on laisse plus de pouvoirs aux barbus chez nous pour qu’ils soient moins agressifs, et qu’ils restent pro-américains quand ils prendront les leviers de commande.
D’ailleurs, comme tout un chacun peut l’observer en Arabie saoudite, l’Islam le plus rétrograde est parfaitement compatible avec le capitalisme le plus féroce. Aussi sûr que le communisme était soluble dans l’alcool (mais les islamistes, eux, sont censés ne pas boire).
Religion, pognon, ultra-conformisme : quand un barbu ne fait pas tomber des tours, il est somme toute quelqu’un de très bien pour nos « alliés » d’outre Atlantique.

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