samedi 9 octobre 2010
Sarko le catho.
Il n’a échappé à personne, sinon aux derniers des crétins des Alpes dinariques, que le périple de notre président au pays de Benoît XVI avait pour but de reconquérir un électorat catholique français que l’on dit « déboussolé » et «déçu » à son endroit. Quant aux partisans de la laïcité, cela fait longtemps qu’il n’en a cure, et préfère le curé à l’instituteur (ou l’imam à l’intello, pour faire plus moderne dans nos sociétés multiculturelles).
Amis catholiques, je ne suis plus franchement croyant, et encore moins pratiquant, mais il me reste pas mal de choses de mon éducation religieuse. Alors rassurez-moi, ne me dites que vous avez cru une seconde à la sincérité de cette « messe pour la France » à laquelle notre naboléon s’est prêté, quitte d’ailleurs à se prendre quelques discrètes remontrances du préposé au sermon. Sarko le catho, c’est de la blague, et cela a toujours été du pipeau. Comme le petit Corse en son temps, Nicolas Sarkozy ne voit en l’Eglise qu’un moyen de gagner les élections, puis de conserver le pouvoir. « Avec mes curés et mes soldats, disait Bonaparte, je tiens la France. » Pour le reste, ce type est l’antithèse d’un chrétien, dont il convient de rappeler ici ce qu’il doit être : modeste, ouvert, accueillant, généreux, préférant les gens de peu aux plus fortunés, fidèle en amitié comme en amour, respectueux des autres…N’en jetez plus, c’est vrai que c’est trop pour un seul homme. En tout cas, ce n’est pas lui !
Sarko ou Le Pen ?
En ces temps troublés où l’extrême-droite gagne du terrain en Europe, y compris dans des pays jugés particulièrement tolérants (Pays-Bas, Suède, Danemark…), on veut nous refaire le coup de l’épouvantail Le Pen (père ou fille). Cette effroyable menace, qui je l’avoue ne m’empêche pas de dormir, serait paraît-il à l’origine de la frénésie anti-rom et sécuritaire de notre président. L’ineffable Alain Minc, caution morale des nantis et de la mondialisation sauvage n’y voit pas malice. Il s’agirait d’après lui d’un « pari faustien », destiné à empêcher certains électeurs débauchés du FN en 2007 d’y retourner en 2012. M. Minc, s’il avait été conseiller du Centre-droit au pouvoir en Allemagne en 1932, aurait certainement suggéré d’adopter quelques mesures antisémites afin de détourner les brebis égarées par les sirènes du NSDAP : après tout, expulser quelques 20 000 juifs d’Allemagne par an (ceux d’origine polonaise par exemple), ça n’aurait pas été cher payé pour empêcher Hitler d’accéder au pouvoir, non ?
Sauf que le Minc de l’époque, tout comme celui d’aujourd’hui, se fourre le doigt dans l’œil jusqu’à l’œsophage. En 1932-33, les nazis ont surfé sur une vague de mécontentement liée au chômage massif et à l’humiliation du traité de Versailles. L’antisémitisme n’était qu’un catalyseur somme toute secondaire. Aujourd’hui, ce ne sont pas les immigrés clandestins qui exaspèrent le plus nos compatriotes, tout comme nos voisins européens, mais l’insécurité quotidienne (que Sarko n’a jamais enrayé), l’insécurité sociale (que Sarko aggrave), et l’inquiétude de voir notre société bouffée par les intégristes musulmans qui la grignotent par tous les bouts estampillés hallal.
Par ailleurs, Le Pen n’est pas Hitler, aussi bien dans les idées, la nature de son mouvement, ou dans son caractère. Il est vrai également que tout l’oppose à Sarkozy : fils de marin pêcheur breton contre fils de petit bourgeois immigré de Hongrie ; bon vivant contre maniaque du régime et joggeur compulsif ; personnage cultivé maniant parfaitement la langue française contre cuistre à l’expression douteuse ; baroudeur devenu chef d’entreprise contre avocaillon toujours couvé par des « parrains » qu’il a trahis ensuite ; homme de conviction contre girouette professionnelle ; véritable amoureux de la France contre un inconditionnel des Etats-Unis…le fossé est énorme, et je reconnais qu’à tout prendre, Le Pen me paraît infiniment plus sympathique. Et finalement pas dangereux, et pour une raison simple, qui le sépare une fois de plus de celui qui prétend nous en « protéger » : le vieux leader du FN n’a jamais voulu le pouvoir, son principal plaisir étant de jouer les tribuns et d’emmerder « l’établissement », comme il aime à désigner notre système politico-économico-médiatique.
Le regretté Claude Chabrol, qui le connaissais bien, avait rappelé cette évidence dans une émission télévisée il y a quelques années, s’attirant aussitôt l’air pincé de Jacques Attali, présent sur le même plateau : « Là, vous ne me faites pas rire… » S’agissait pas de rire, Jacques, mais de réfléchir. Vous savez faire, non ?
Mais il y a Marine, m’objectera-t-on. Marine, elle, veut « monter ». Elle modère son discours, mais gare à la bête immonde, etc…Ah, Marine ! C’est vrai qu’à côté de certaines pointures de l’UMP, elle fait figure de centriste. Et vous voulez que ça m’angoisse ? Et puis, quelqu’un qui s’est fait attaquer en chanson par Diam’s ne peut avoir que mon estime !
Des hommes et des dieux…
Les deux chrétiens évangéliques algériens arrêtés pour « violation du Ramadan » ont donc été relaxés. D’autres remplissent encore les prisons dans ce merveilleux pays où l’islamisme a été chassé du maquis pour mieux infecter la législation. Bouteflika joue avec les barbus comme Sarkozy avec l’extrême-droite : on fait leur politique pour éviter qu’ils ne prennent le pouvoir !
Ce qui se passe là-bas, comme dans presque tous les pays musulmans, doit néanmoins nous alerter. Quand, à force de « tolérance » et d’ »ouverture à la différence », les Européens auront renoncé à affirmer leur identité au profit d’autres cultures conquérantes, ils n’auront plus que leurs yeux pour pleurer sur leurs libertés perdues. Je ne veux pas que mes fils, plus tard, soient obligés de se planquer pour manger pendant le ramadan. Je ne veux pas qu’ils ne puissent voir des filles, dans la rue, qu’une paire d’yeux émergeant d’un sac, ni qu’ils ne puissent leur tenir la main en public sans se faire agresser par des fous furieux.
Notre civilisation a adopté un Dieu à visage humain, que l’on a peu à peu rangé tranquillement dans le domaine privé pour qu’il ne nous casse pas trop les pieds. Tant d’efforts et d’intelligence ne sauraient être sacrifiés, même au nom d’une hypothétique paix civile, dans les banlieues ou ailleurs. Tôt ou tard, à ce petit jeu, comme dirait Churchill, nous aurons à la fois la guerre et le déshonneur.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire