lundi 24 mai 2021
La
république zombie
S’il fallait une preuve que la Ve
République est à l’agonie, notre Petit Prince vient de nous l’administrer en
recevant deux histrions du Net, Mac Fly et Carlito, sous les ors de l’Elysée. J’ai
été pris d’un infini malaise à regarder la longue vidéo enregistrée par le
propre service de com’ de Macron, dans laquelle celui-ci se prête à un jeu d’anecdotes
sans intérêt, avant de faire les honneurs des jardins à ses hôtes, finalement
vite très à l’aise, pour ne pas dire sans vergogne, face à un Chef de l’Etat
que l’on devine profondément gêné sous des airs faussement cools. Certes,
Macron tient sa promesse faite aux deux pitres susnommés de les recevoir et de « jouer
avec eux », suite à leur collaboration dans sa campagne de propagande
covidienne. Et il en tiendra sans doute une autre, hélas, en affichant leur
photo sur son bureau le jour de son speech du 14 juillet. A sa place, et tant
qu’à plonger dans les abîmes de la démagogie décadente, je les nommerai
carrément ministres de la Culture.
Les
conneries de Darmanin.
Le Ministre de l’Intérieur se rêvait en
nouveau Sarko, mais on est loin du compte point de vue intelligence politique.
-Première connerie : se présenter
aux élections départementales, alors que la maison France brûle et que l’on
attend d’un ministre qu’il soit pleinement à son poste–connerie partagée soit
dit en passant par bon nombre de membres de ce gouvernement, avec l’accord du
bouffon en chef qui trône à l’Elysée. Mais était-il obligé de s’associer à
cette idiotie ? Car c’en est une, pour l’exécutif, d’exposer ainsi ses
têtes de file à un an de la présidentielle.
-Deuxième connerie : venir parader
à la manif des flics en colère, pour se faire copieusement huer par ceux-ci. Il
n’y avait que des coups à prendre, et on n’avait jamais vu un Ministre se
comporter de la sorte. C’est un peu comme si Blanquer était venu manifester
avec les profs ! Dans le même temps, tous les rebelles à la bien-pensance officielle
(Zemmour, Messiha, Lassalle…) y ont été applaudis, ce qui en dit long sur l’état
d’esprit des forces de l’ordre.
-Troisième connerie : s’en prendre
à Audrey Pulvar, qui a fait partie de ses personnalités de gauche horrifiées
par cette manif « factieuse ». L’ex-journaliste a usé de l’expression
(elle-même très usée) de « glaçante » pour désigner cette
démonstration de force de 35 000 flics en colère contre le laxisme de la
justice. Alors que d’autres élus de gauche (dont Fabien Roussel, qui remonte dans
mon estime), étaient venues les soutenir, n’ayant pas oublié que ces vilains
policiers sont davantage issus du « peuple » que les amis d’Audrey
Pulvar. La gauche était en train de s’empoigner bêtement sur ce sujet, quand l’ineffable
nabot de Beauvau a jugé bon de la réunir en portant plainte en diffamation
contre Miss Pulvar, qui réplique de même en criant à l’atteinte à la liberté d’expression
–ce qui est justifié, d’ailleurs.
Marquer ainsi contre son camp, c’est
vraiment du grand art !
Eurovision
2021
Cela
faisait une paye que je n’avais pas regardé cette émission. Une partie de
scrabble en famille, devant une télé laissée allumée, m’a permis de m’y
replonger. Coup de chapeau d’abord aux organisateurs néerlandais, qui ont
réussi à transformer cette longue soirée ringarde en show assez plaisant. J’ai
particulièrement aimé :
-les
Italiens, avec un bon vieux hardo-punk des familles,
-les
Azéries, dans un numéro hallucinant de Pussy Cat Dolls orientales en cuir façon
techno. Je ne voyais pas trop l’Azerbaïdjan comme ça, mais ce doit être un
produit d’exportation pour ces décadents libidineux d’occidentaux.
-les
Ukrainiens, dans un délire de reine des neiges post-apocalyptique.
Avec ça, et tous les autres numéros
endiablés de variétoche en anglais, à grand renfort d’effets spéciaux et
pyrotechniques, je ne donnais pas cher de notre pauvre championne Barbara
Pravi. La dame avait certes de la voix, mais son show dépouillé dans un style
évoquant Edith Piaf, gueulant « voilà, voilà ! » sans arrêt sur
fond noir, me laissait sceptique quant aux prévisions optimistes de certains
bookmakers.
Et pourtant, elle a fini deuxième,
juste derrière les Ritals dont le leader est soupçonné de prise de coke ! Comme
quoi il ne faut pas désespérer.
« Civilization
6 », sommet du politiquement correct
Mon
fils aîné s’étant procuré la dernière version de ce monument du jeu vidéo
stratégique, j’ai pu constater les progrès et les ravages du politiquement
correct. La « déconstruction » historique est en bonne voie.
Féminisme
oblige, la parité s’applique désormais aux grands chefs d’Etat de l’histoire
mondiale, au mépris du vraisemblable. Napoléon, qui dirigeait la France depuis
les origines du jeu, est jeté à la poubelle au profit de…Catherine de Médicis !
Ceci dit, d’autres « géants » de l’Histoire, présents dans la première
version, ont depuis été purgés : Staline ou Mao, par exemple. Lincoln,
puis Washington ont également été virés, remplacés par Théodore Roosevelt. En
attendant Harriet Tubman, qui va bientôt figurer sur les billets verts ?
Les
Arabes se voient attribuer un bonus scientifique hallucinant, le Kongo devient
un grand empire africain doté d’un avantage culturel considérable, etc…
Sors
d’ici, Homme blanc, avec ton triste cortège !
1 commentaire:
Tu as oublié Hedwige de Pologne ou Gorgo en leader de la Grèce !
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