jeudi 20 juin 2019

Du Golfe du Tonkin au Golfe Persique, les Rats-publicains, revoir 24 heures chrono...


jeudi 20 juin 2019

            D’un Golfe à l’autre…

En 1964, les Etats-Unis nous ont fait le coup du Golfe du Tonkin pour justifier l’escalade de leur intervention au Vietnam. Il a fallu quelques années pour que la vérité soit faite sur l’incident qui donna lieu aux funestes suites que l’on sait.
55 ans plus tard, rebelote, sous une forme un peu différente, dans le Golfe Persique. Au lieu des méchants Nord-Vietnamiens, nous avons les vilains Iraniens. Mais la ficelle est un peu grosse. Comment croire une seconde que les Iraniens aient ainsi pris le risque d’attaquer bêtement deux pétroliers, un norvégien et surtout un japonais, alors même que le Premier Ministre Shinzo Abe était en visite à Téhéran ? Les images exhibées par les services secrets américains ne prouvent strictement rien, et contredisent le témoignage des équipages qui évoquent une attaque aérienne, probablement sous forme de drones.
De toute évidence, Washington poursuit méthodiquement sa stratégie de déstabilisation du régime des mollahs. D’abord, l’étouffement économique par l’embargo. Puis le déploiement de forces aéronavales dans le Golfe Persique. Et enfin, l’incident bidon pour préparer d’éventuelles frappes, à la grande joie des Saoudiens, Emiratis, Israéliens et jihadistes sunnites. Sans oublier le lobby pétrolier, qui va s’en mettre plein les fouilles lorsque les prix vont flamber.

            Les Rats.

C’est le titre d’une trilogie horrifique de James Herbert. Ce pourrait être aussi la véritable signification du sigle LR, parti en voie d’extinction rapide depuis son échec aux européennes et la démission de Laurent Wauquiez. Des dizaines d’élus LR ont quitté le parti pour rejoindre les rangs macronistes, ou ont fait allégeance à Macron par le biais du mouvement « Agir » (agir pourquoi, au fait, sinon pour sauver son fromage ?). Notre Petit Prince, d’après le dernier Canard, s’est même payé le luxe de reprocher à ses sbires de se montrer trop arrogants ou menaçants envers les LR qui refuseraient de se coucher, dans le style « qui n’est pas avec nous est contre nous ». Voyons, les gars, on ne tire pas sur une ambulance !

            Revoir « 24 heures chrono ».

Depuis l’année dernière, ma femme, mon fils aîné et moi-même, avons entrepris de revoir l’intégralité de la fameuse série américaine, qui défraya la chronique en son temps. Quand je dis « revoir », cela ne concerne que ma femme et moi, mon fils découvrant quant à lui les aventures de Jack Bauer.
Première bonne surprise, la série n’a pas trop vieilli. Le rythme est trépidant, les péripéties bien menées quoique parfois peu vraisemblables, les acteurs jouent très bien. Seul détail qui a pris un coup de vieux : la technologie des téléphones portables !
Deuxième constat positif, qui confirme l’impression que j’avais eu à l’époque de leur première diffusion, les épisodes de la série ne méritent guère le procès en sorcellerie qui leur fut intenté par nos médias politiquement corrects, Télérama en tête. Dans le contexte de l’après 11 septembre et du bushisme triomphant, il apparut à certains que la série faisait l’apologie de la force brutale et de la torture, cultivait la paranoïa et la peur de l’Etranger. Le fait que le groupe Fox, par ailleurs soutien de George Bush junior, produise 24 heures, ne pouvait que confirmer cette impression. Et pourtant…
Depuis janvier 2015, nous savons nous aussi ce que c’est que d’être frappés par un terrorisme fanatique. Nous aussi, nous aimerions avoir un Jack Bauer efficace et prêt à tout pour sauver des vies, même au mépris de certaines règles de droit. La série, par ailleurs, est loin d’être manichéenne, ou de constituer une machine de propagande pour les néoconservateurs américains. Les pires méchants sont souvent des Américains « pur sucre », corrompus et vendus au lobby militaro-industriel, à commencer par un président…républicain (le visqueux Charles Logan). Les hommes politiques les plus honnêtes que l’on voit sont des démocrates, noirs qui plus est (les sympathiques frères Palmer). Et les musulmans ne sont pas tous, loin s’en faut, d’affreux terroristes assoiffés de sang. Bien sûr, la série n’est pas avares de clichés, destinée qu’elle est à un large public. Mais elle remplit parfaitement sa mission : nous divertir et nous faire réfléchir sur le temps présent.

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