samedi 15 septembre 2018

Remaniement en Macronie, Plan pauvreté, Orban au pilori, Affaire Méric (suite), Alex Hugo nanar des Alpes


samedi 15 septembre 2018

            Remaniement macronien.

Tombé plus bas qu’Hollande dans les sondages à date équivalente, notre Petit Prince donne quelques signes de fatigue. Mettre de Rugy à l’écologie, il n’y avait pas plus facile pour remplacer Hulot. Un type insipide, sans conviction profonde, parfaitement arriviste, prêt à capituler devant tous les lobbies. La plante verte idéale, d’autant plus que le perchoir de l’Assemblée nationale redevenait disponible pour Ferrand, vieil allié de Macron, que la justice semble avoir épargné…pour le moment. Laura Fleyssel, rattrapée par le fisc, laisse sa place sportive à une autre ancienne athlète dont je n’avais jamais entendu parler, inculte que je suis en la matière. Il y a gros à parier qu’elle ne râlera pas trop face à la baisse des crédits accordés au sport par ce gouvernement. Après la plante verte, le perroquet et la vieille coupe qui prend la poussière sur la cheminée, le salon de M. Macron prend tournure…mais ça ne sent pas le neuf.

            Plan anti-pauvreté.

On attendait le « volet social » du gouvernement, le voilà ! Passons rapidement sur les mesures annoncées  soit huit milliards d’euros en quatre ans, avec quatre volets : petite enfance, aide sociale, emploi et logement. L’objectif : éradiquer la pauvreté en une génération. Prudent, le Macron, de fixer l’échéance à au moins 25 ans !
Sur le fond, pas de quoi fouetter un chat, même si on peut s’inquiéter à juste titre de voir le gouvernement, derrière ses effets d’annonce se préparer à mettre la main sur la Sécu au détriment des partenaires sociaux, achevant ainsi le détricotage des acquis sociaux de l’après-guerre. Mais Cécile Cornudet, éditorialiste aux Echos, la Pravda des libéraux, fronce les sourcils : n’y aurait-il pas dans ces folles dépenses des arrière-pensées électorales ? Oui vraiment, ma chère, ces fichues élections sont une plaie ! Elles nous obligent, de temps à autre, à penser aux gens de peu.

            Orban au piquet.

Le vilain dirigeant hongrois, non compatible avec les « valeurs de l’Europe », se voit donc menacé, par un vote du Parlement européen, d’un retrait du droit de vote de son pays. Nos bons médias dominants ont orchestré la chose comme un grand moment de démocratie et de fermeté. Ah, les valeurs, hein, c’est sacré ! Comme j’aurais aimé voir ce même Parlement si plein de beaux esprits s’insurger contre le traitement de choc libéral infligé au peuple grec, et lancer plein d’initiatives pour une Europe plus sociale. Mais non. L’Union Européenne brasse du vent avec conviction, et Orban a bien raison de la mépriser. Si la Hongrie est ainsi mise sur la touche, elle n’a plus aucune raison de respecter la moindre directive européenne.

           


Affaire Méric : une parodie de justice ?

Si les juges et les médias avaient preuve d’un tantinet d’objectivité dans cette affaire confuse, sur les détails desquels je ne reviendrai pas, il est fort probable que l’on n’aurait pas abouti à une telle sentence : 11 ans de réclusion criminelle pour Esteban Murillo, 7 ans pour un de ses potes, relaxe pour le troisième. J’ai toujours cru qu’en droit, le doute devait profiter à l’accusé. Mais là, non. D’ailleurs, les compte-rendus d’audience que j’ai pu lire montrent  que les magistrats, à l’instar de la plupart des médias, n’étaient pas là pour juger une affaire de bagarre ayant mal tourné, mais pour faire un procès en sorcellerie. Les accusés étaient d’abord coupables d’être d’extrême-droite. Et ils devaient donc être punis, donnant ainsi raison aux « antifas » de tout poil. Depuis de nombreuses années, ces derniers multiplient les agressions, les dégradations, les intimidations, le plus souvent en toute impunité. Si la victime, ce jour-là, avait été Esteban Murillo, jamais cette affaire n’aurait eu une telle audience, et le verdict une telle sévérité. La justice bourgeoise et libérale protègera toujours ses enfants perdus (provisoirement, car ils finiront bien par reprendre les affaires de papa-maman) face aux vilains prolos populistes.

            Alex Hugo, ou quand les Alpes se transforment en Nanarland.

J’avais une plutôt bonne opinion de la série télé Alex Hugo, malgré ses invraisemblances et ses clichés de série française. Mais le dernier épisode intitulé « Celle qui pardonne » a battu des records de nanardise. A part les jolis paysages, rien à sauver ou presque.
Résumons l’histoire : Alex Hugo, flic des Alpes, assiste à l’enlèvement d’une jeune fille. L’enquête l’amène à découvrir que la gamine s’est radicalisée (islamiquement, bien sûr). Y a-t-il un rapport avec le rapt ? L’enquête est par ailleurs compliquée par le fait que Hugo est détesté par la mère et la fille, qui le tiennent pour responsable de la mort de leur époux et père, décédé lors d’un trek malheureux. Le gars était bien sûr un ami du héros.
Si le jeu des acteurs, assez moyen, n’est pas trop en cause dans ce désastre télévisuel, le reste est calamiteux. Les indices de radicalisation découverts par la « police rurale » ( ???) battent des records d’invraisemblance : un Coran caché à flanc de falaise (un bon moyen de tester la foi du croyant, qui n’a pas intérêt à avoir le vertige) ; des conversations sur le net enregistrées sur une console de jeu vidéo, où la gamine garde toutes les traces de ses discussions avec un vilain barbu et des photos d’elle en hidjab façon « caché/coucou »… le hidjab lui-même étant bien en vue dans le tiroir de la commode.
Bien sûr, le premier suspect est l’ancien petit ami maghrébin de la fille (vous allez rire : ce n’est pas lui le coupable !), et son interpellation –évidemment dans une « téci », avec force jeunes à capuches basanés et vindicatifs- est un moment d’anthologie : course-poursuite poussive, interrogatoire caricatural…le degré zéro du film policier.
Si on y ajoute l’énorme cliché du flash-back de la mort du copain, qui rappelle Cliffhanger ou Tintin au Tibet, le sommet de la nanardise dépasse ici le Mont Blanc.
J’ai décroché assez vite, mon épouse s’étant chargée de me raconter la fin. Visiblement, je n’ai rien raté !

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