dimanche 30 octobre 2016
La capitulation du village wallon.
Dans son dernier
numéro, Marianne fait l’apologie de
Paul Magnette, chef social-démocrate du gouvernement wallon, dont je saluai
dans ma dernière chronique l’héroïque résistance au traité CETA. Mais tout cela
appartient désormais au passé, au muséum des causes perdues.
Nous saurons tôt
ou tard quelles infernales pressions ont pu être exercées sur la petite
Wallonie, tant par l’UE que par les chefs d’Etat qui mènent ce Titanic
libre-échangiste, pour que cette ultime résistance soit finalement écrasée. Sur
France Info ce matin, un journaliste évoquait d’éventuels recours devant la
Cour européenne de Luxembourg, ou du tribunal constitutionnel de Karlsruhe,
pour aussitôt balayer d’un revers de main tout espoir : cela prendra au
minimum 18 mois, et le traité entrera en vigueur dès demain, avant même que les
parlements nationaux des Etats membres ne l’aient tous ratifié.
Dans cette
sinistre version d’Astérix chez les
Belges, les rebelles étaient bien seuls, et sans potion magique.
Les
chocos de Copé.
De tout ce que
Jean-François Copé a pu dire, lors de son passage sur Europe 1 lundi dernier,
les médias n’ont retenu que sa méconnaissance du prix des pains au chocolat. Le
reste n’était pourtant pas inintéressant (même si je n’étais pas d’accord avec
pas mal de choses), et le fait que nos hommes politiques, qui ne font jamais
leurs courses eux-mêmes, ne connaissent pas le prix réel des biens de
consommation courante, n’est pas franchement surprenant. Un tel lynchage
n’aurait certainement pas eu lieu avec un « gros candidat ».
Le
centenaire mitterrandien.
Il y a cent ans
naissait à Jarnac l’homme qui incarna à la fois les plus grandes espérances du
« peuple de gauche » et les plus terribles désillusions de celui-ci.
Pour rendre hommage à François Mitterrand, qui réussit l'exploit de fracasser
le PCF, il fallait un autre expert en démolition. François Hollande, qui est en
bonne voie dans son œuvre d’anéantissement du PS, était l’homme de la
situation. La surprise ne fut pas dans son discours, d’une banalité confondante
et farci d’allusions attendues à sa propre personne, mais dans l’ovation
incroyable du public qui précéda sa prise de parole.
Applaudissements
à tout rompre, hurlement de fans énamourés (« François, on
t’aime ! »)…Pépère lui-même en restait pantois, se demandant
peut-être s’il n’était pas victime d’un gag. De toute évidence, Le Foll et le
dernier carré des supporters d’un président auquel les sondages n’attribuent
plus que 4% d’avis favorables, ont battu le ban et l’arrière-ban de la
Hollandie. A moins qu’une bonne agence d’intérim… ?
Réfugiés hongrois de 1956, migrants
de 2016, même combat ?
Dans son
émission « la marche de l’Histoire », consacrée à la révolution
hongroise de 1956 et de la répression qui s’ensuivit, les auteurs n’ont pas pu
s’empêcher de délivrer leur petite leçon de morale. 200 000 Hongrois,
fuyant les chars de l’Armée rouge, ont trouvé refuge en Autriche, qui venait
tout juste de retrouver sa souveraineté dans un statut de neutralité relative.
Il y eut, dans le monde occidental, un grand élan de sympathie pour ces
malheureux, qui furent accueillis sans problème dans les pays où ils décidèrent
de s’établir (Autriche, Allemagne, France, Etats-Unis…)
Cela ne vous
fait donc pas réfléchir, méchants Hongrois d’aujourd’hui, qui verrouillez votre
frontière et repoussez ces pauvres migrants venus du Moyen-Orient, hein ?
Hein ?
Ben non,
serait-on tenté de répondre, vu que cela n’a rien à voir. Les Hongrois, que je
sache, sont des Européens chrétiens, qui ont longtemps vécu dans le même
ensemble politique que l’Autriche (la fameuse Autriche-Hongrie n’avait disparu
que depuis 37 ans, en 1956). Nous étions en pleine guerre froide, face à un
ennemi commun, l’Empire soviétique. La croissance économique était forte à
l’Ouest, et tous les bras étaient bienvenus. Les réfugiés de l’époque fuyaient
un massacre qui avait lieu à quelques kilomètres au-delà du rideau de fer, et
que nous ne pouvions empêcher sous peine de déclencher une 3e guerre
mondiale.
Les migrants
actuels viennent de tout un tas de pays différents, sont majoritairement
musulmans, peu qualifiés, et ne partagent rien de notre culture. Les causes de
leur voyage sont avant tout économiques, et les éventuels motifs politiques qui
les auraient poussés au départ sont très éloignés de nous. Enfin, la situation
socio-politique de l’Europe, déjà malade du chômage, d’une mondialisation
féroce et d’une immigration mal digérée, ne permet pas d’accueillir sereinement
ces gens-là. Si l’on prétend faire de l’Histoire, il faut le faire
sérieusement.
Caroline
Fourest, ou comment gaspiller ses forces.
Depuis quelques
semaines, Caroline Fourest tient une chronique dans Marianne, qui en a fait son égérie dans son combat pour la laïcité.
J’y ai lu de fort bonnes choses, mais aussi la confirmation d’un égarement,
sinon idéologique, du moins stratégique.
Violemment
attaquée par une certaine gauche communautariste, qui ne lui pardonne pas
d’avoir violé un tabou (on ne critique pas l’Islam, « religion des pauvres
et des opprimés »), Caroline Fourest semble vouloir donner des gages à la
bien-pensance dominante. A tel point qu’elle semble réserver ses dernière
frappes au FN, à la droite « tradi », à Poutine et Bachar El Assad.
Alep, pour elle, c’est Guernica ! Et Hollande, finalement, son bilan n’est
pas si mauvais, non ?
J’ignore si
Caroline Fourest a plus ou moins fait une croix (hou, le gros mot pas
laïque !) sur ses premiers engagements. Mais je sais par l’expérience des
jeux de stratégie que lorsque l’on commence une guerre, on évite de multiplier
les fronts et les ennemis, et plus encore de transformer des alliés potentiels
(fussent-ils peu recommandables) en adversaires. Beaucoup plus malins, les
barbus ne font pas cette erreur.
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