mercredi 11 mai 2016
Platini hors- jeu.
Platoche, l’ex-enfant
chéri du foot français transformé en homme d’affaires adipeux, vient d’être
officiellement démis de ses fonctions par le tribunal arbitral du sport. Lui
qui rêvait de succéder à Sepp Blatter, au point de le poignarder dans le dos après
lui avoir mangé dans la main, pour ne pas couler avec lui ! Le vieux ripou
doit bien se marrer.
Sapin,
Baupin, et autres chauds lapins.
Sale temps pour
les machos harceleurs ! Du moins en politique…Le plus hallucinant dans
cette affaire est que ces beaux messieurs –si l’on peut dire- n’aient pas
encore compris que le temps ne se prêtait plus au droit de cuissage et aux
plaisanteries de corps de garde. Les femmes ne se laissent plus tripoter comme
avant, et les nouveaux moyens de communication sont autant de pièges tendus aux
politicards qui ne savent pas se tenir.
Le plus marrant,
par ailleurs, est de voir les deux partis les plus donneurs de leçons (le PS et
les Verts) en matière de morale, notamment dans le domaine du droit des femmes,
nous donner le spectacle d’une telle médiocrité, et d’un tel « beaufisme ».
Macron
entend des voix à Orléans.
En fait, il en
cherchait plutôt, en participant à ce défilé de Jeanne d’Arc à l’invitation d’un
élu LR. Et comme de juste, son hommage appuyé à la Pucelle n’était qu’un éloge
lourdingue de lui-même. Pauvre Jeanne, victime elle aussi de harcèlement
politique depuis 1431 !
Surenchère
libérale à droite.
Juppé, Fillon,
Sarkozy, Le Maire…les principaux candidats aux primaires de la droite font
assaut de rigueur libérale dans leur programme : baisse des dépenses
publiques à hauteur de 100 milliards, fin des 35 heures, réduction des
effectifs de la fonction publique, etc…
C’est le
meilleur cadeau qu’ils puissent faire à un PS en capilotade, à jouer ainsi au
grand méchant loup au service du marché. Reste à savoir s’ils décevront autant
leurs électeurs en cas de victoire, en n’osant appliquer vraiment aucune de ces
mesures.
49.3
dans ta gueule !
La tragi-comédie
de la Loi El Khomri se poursuit, avec un rebondissement ô combien prévisible :
faute d’une majorité solide, Manuel Valls dégaine finalement son 49.3, prêt à
affronter une motion de censure. Le fait qu’il y en ait deux distinctes, l’une
de gauche, l’autre de droite, le met à l’abri d’une mauvaise surprise. Mais
cela rallume la contestation dans la rue, et fait très mauvais genre à un an d’une
année électorale décisive.
Le parcours de
cette loi Travail, indépendamment de son contenu, est le parfait exemple de ce
qu’il ne faut pas faire :
1) -Je concocte dans mon coin une première
version tout droit inspirée des recommandations du Medef, puis je la rends
publique en disant que c’est génial et que je sortirai mon 49.3 pour la
défendre.
2) -Face à la contestation, je décide de
négocier, quitte à balancer des milliards à telle ou telle catégorie pour
calmer le jeu et disperser la meute hostile.
3) -Je bidouille finalement un projet
hybride qui ne satisfait pas ma gauche, et « déçoit » la droite, en
fait ravie de ne pas avoir à soutenir le gouvernement, et qui peut dénoncer à
loisir la dénaturation du projet initial.
4) -A l’assemblée, devant la fronde d’une
partie de ma majorité et le dépôt de 5000 amendements, je me fâche à nouveau et
je ressors mon 49.3, tout en menaçant les traîtres des pires sanctions. Je
passe donc à la fois pour un lâche et un salaud. Champion !
Comment
expliquer une telle nullité ?
Nos
dirigeants sont en fait pris en tenailles entre deux impératifs de nature
purement carriériste : d’une part, s’assurer le soutien des marchés et de
la commission de Bruxelles (carrière européenne et dans le monde des Affaires) ;
d’autre part, sauver les meubles électoraux afin de ne pas disparaître purement
et simplement de la scène politique nationale lors des prochaines échéances
(carrière politique « officielle », indispensable pour accéder à l’autre
carrière, ou s’y maintenir).
La
formation idéologique et le parcours professionnel de ces gens les enferment
dans cette mortelle dialectique. Ils ne pourraient en sortir qu’au prix d’un courage
ou d’une force de conviction qui leur manque cruellement.
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