mardi 12 avril 2016

La Marche de Macron, des nuits à dormir debout et les cadeaux à la jeunesse.

Mardi 12 avril 2016

            La marche du pingouin.

Le landerneau politique ne bruit plus que de cela : « Vous vous rendez compte, ma chère ? Ce jeune Monsieur Macron lance son mouvement politique ! Et pas un parti comme les autres, voyez-vous…il sera ouvert à tous, échappera à ce vieux clivage gauche/droite totalement dépassé, et vous pourrez même appartenir à un autre parti, sans avoir à payer de cotisation !
-Que c’est rafraîchissant !
-C’est justement ce que dit M. Gattaz…
-Mais de quoi vivra ce jeune homme, si personne ne cotise ?
-Mais de fonds privés, voyons ! Quoi de plus moderne ? M. Macron était justement hier à Londres devant un parterre de banquiers et d’hommes d’affaires pour un 1er appel de fonds.
-Gageons qu’il ne manquera pas de soutien ! Et comment s’appellera ce mouvement ?
-En Marche ! Original, non ? Et vous avez remarqué les initiales : EM, comme Emmanuel Macron !
-Voilà un jeune homme qui a le sens des affaires et du marketing. Avec lui, la France est sauvée !
-La France ? Mon pauvre ami, mais que voilà un concept totalement dépassé ! Comme le clivage droite-gauche ! »

            Des nuits à dormir debout.

Avec quelques années de retard, nos intellos gauchistes se découvrent une fibre d’indignés à la sauce espagnole. Idée géniale, copiée sur nos voisins ibériques et nos amis américains (tendance « Occupy Wall Street ») : occuper des lieux symboliques pendant des plombes, discutailler, fumer des joints, vider des canettes et refaire le monde, en espérant que la flicaille viendra les déloger brutalement et leur faire l’honneur de quelques martyrs. Avec un peu de chance, l’étudiant encore puceau pourra emballer la pintade, imitant ainsi ses grands-parents soixante-huitards.
Ce matin sur Europe 1, le sieur Morandini a eu la bonne idée d’organiser un débat entre deux d’jeuns : un minet du Parti-Libéral démocrate –qui a fait le « buzz » en traitant les joyeux campeurs de « chèvres » (pauvres bêtes !) – contre un étudiant trotsko, qui tentait de faire oublier son patronyme à particule des beaux quartiers par un verbiage révolutionnaire en diable.
Je ne sais, avec le recul, qui était le plus détestable des deux : le muscadin libéral, tout plein de morgue, débitant la bonne parole du Medef, ou l’enragé de pacotille, porte-parole bidon des classes laborieuses, la bouche pleine des niaiseries geignardes et antiracistes des années 80 ?
La nuit, les gens sérieux essaient de dormir, car ils auront le lendemain une journée le plus souvent chargée : travailler –pour ceux qui ont un boulot- chercher du travail –pour ceux qui n’en n’ont pas-, s’occuper de leur foyer, de leurs enfants…S’informer, se cultiver, lorsqu’ils en ont le temps. Et se distraire aussi, un peu, pour ne pas devenir dingue. Le jour des élections, les gens sérieux utiliseront leur droit de vote, et enverront bouler tous ceux qui les prennent pour des billes !

            Le président des jeunes.

Qu’il est plaisant de voir nos dirigeants trembler de trouille devant la jeunesse ! Même si nous sommes encore loin de revoir un mai 68, la classe politique, surtout celle de gauche, qui ne cesse depuis 40 ans de se présenter comme au service de nos chers petits, est aujourd’hui prise au piège de ses contradictions. Car qu’ont-ils à offrir aux nouvelles générations ?
Pas le sang et les larmes de Churchill (quoique, avec le djihadisme et la guerre civile qui vient, il est fort possible que nous y ayons tous droit), mais la précarité, le déclassement, les inégalités et les illusions perdues.
On ne cesse, en effet, de mentir à la jeunesse, en lui chantant les louanges d’une mondialisation heureuse, d’une construction européenne fructueuse, des nouvelles technologies tellement cool, du développement durable à tous les étages…les réformes du système éducatif ont donné des résultats tellement formidables que l’on en est réduit à casser les derniers indicateurs pour camoufler le désastre. Un Monde sans notes, sans sélection, sans souffrance. Et paf, voilà les cruelles réalités du post-bac et du monde du travail qui viennent blesser nos petits anges. Ils grognent, commencent vaguement à se mobiliser : alerte rouge !
Vite, vite, on sort les extincteurs : des centaines de millions d’euros d’allocs supplémentaires, des aides spécifiques pour la recherche d’emploi et d’un logement…ça sent le déjà vu. Quelqu’un a une autre idée ? Vite, vite, ils n’ont pas l’air convaincus ! M. Le Guen, là-bas au fond, vous avez quelque chose ? Quoi ? Le cannabis en vente libre ? Heu…je ne sais pas si…non, quand même, faut pas pousser. Bon, on le garde pour la fin, au cas où.

Surtout, il ne faut pas que ces petits cons s’aperçoivent que le temps que toutes ces mesures soient appliquées, les élections auront déjà eu lieu : à la droite de gérer le bazar ! Avec un peu de chance, on refera décembre 86 ! Tous ensemble, tous ensemble, ouais !

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