lundi 16 février 2015
A Copenhague et chez nous…
Alors même qu’un
nouvel allumé du djihadisme se mettait à tirailler dans les rues de Copenhague,
s’en prenant à un centre culturel et une synagogue, je fis une étrange
rencontre dans les allées d’un magasin de jouets d’une ville moyenne de notre
beau pays.
Deux femmes, ou
plutôt deux spectres de femmes, voilées des pieds à la tête, avec gants noirs,
et pour l’une un masque à la Belphégor. Elles déambulaient dans la boutique
tranquillement, comme à Rakka. Mais nous n’étions pas à Rakka en Syrie, fief de
l’Etat islamique, mais dans le Sud-Ouest de la France laïque.
Finalement, je
ne sais pas ce qui est le plus effrayant : un pauvre type qui défouraille
avant de se faire descendre, ou cette invasion rampante des spectres de la
Soumission si bien décrite par Michel Houellebecq ?
Tiens, en
parlant de Houellebecq, je viens d’apprendre que s’est créé un parti musulman,
l’Union des Démocrates Musulmans de France, qui entend présenter des candidats
dans huit cantons pour les prochaines élections départementales. Ce n’est pas
le 1er, car un « Parti des Musulmans de France » avait
déjà été fondé en 1997, sans grand succès. L’UDMF semble en être la
continuation, avec un programme ouvertement communautaire et prosélyte : voile
à l’école, promotion du Hallal, que du bonheur progressiste !
Ukraine.
Après les
pourparlers de Minsk, un cessez-le-feu précaire semble se mettre en place dans
l’Est du pays. Dans cette affaire, les responsabilités du drame sont partagées,
mais le discours antirusse et anti-Poutine de nos médias devient franchement
fatigant, tant il devient mécanique et prévisible. Je persiste à penser qu’il n’est
pas dans l’intérêt de l’Europe et de la France de couper les ponts avec Moscou,
surtout avec la menace grandissante venue du Sud-Est (Afrique et Moyen-Orient).
La Russie est notre rempart.
Cinquante
nuances de DSK.
Je ne suis pas
très emballé par ce procès du Carlton de Lille, ni franchement convaincu de la
validité de l’inculpation de Dominique Strauss-Kahn pour « proxénétisme
aggravé ». Client sans doute, obsédé bien sûr, répugnant certainement…Mais
proxénète ?
Il n’en est pas
moins vrai que nous l’avons échappé belle, pour l’image de la France, en
évitant d’envoyer ce grand malade à l’Elysée. Mais sans doute, dans ce cas,
notre belle machine judiciaire et médiatique se serait-elle montrée moins
cruelle. L’ancien patron du FMI est un homme à terre, et l’on peut sans crainte
aujourd’hui s’essuyer les pieds dessus.
Dette grecque.
Le suspense
continue. Les nouveaux dirigeants grecs ont été fraîchement reçus par leurs
partenaires européens, et la BCE fait déjà pression pour les mettre à genoux. A
moins d’une insurrection généralisée des peuples européens pour changer le
système, je ne vois guère d’autre issue pour Athènes que de sortir de la zone
Euro.
Evasion
fiscale.
Le scandale de l’évasion
fiscale favorisée par HSBC est une bombe bien pire que le « scandale de
Panama » de 1892. Aux « chéquards » de jadis ont succédé les « embusqués »
de la mondialisation financière : stars du show-bizz, sportifs, grands
patrons, hommes politiques, entreprises privées et même publiques. Des
milliards d’euros planqués, pendant que l’on gèle les salaires et que l’on
précarise ceux qui ne peuvent pas s’échapper.
Le pire, c’est
que l’on ne s’émeut même plus, tant on s’est habitué à cette pourriture. Mais
que ces beaux messieurs ne s’attendent pas à autre chose, de la part du « petit
peuple », que du mépris et de la triche à tous les niveaux. C’était bien
beau d’appeler à défiler pour les « valeurs républicaines », encore
faut-il les pratiquer.
2e
tour des législatives partielles dans le Doubs.
Le candidat du
PS l’a finalement emporté avec 51% des voix, contre 49 à celle du FN. La
mobilisation a été un peu plus forte qu’au 1er tour, mais a profité
aux deux candidats. Comme le fait remarquer Jean-François Kahn dans le dernier Marianne, voilà ce qui arrive quand on a
tout fait pour dézinguer médiatiquement toute forme de « déviation »
au bipartisme UMPS. Dans le champ de ruines du vote protestataire n’a survécu
que le Parti lepéniste, qui fait désormais à lui tout seul presque autant que
toutes les autres formations réunies, et ce dans une circonscription marquée à
gauche.
Harcèlement
à l’Ecole. Sainte Najat se fout de nous.
Comme tous les
profs, j’ai reçu dans ma boîte mail un billet émouvant de notre Ministre,
appelant tous les personnels de l’Education nationale à se mobiliser contre le
harcèlement à l’Ecole, qui fait des ravages démultipliés par l’usage de ces
merveilleuses nouvelles technologies dont ce même Ministère fait la constante
promotion.
Ce phénomène est
bien réel, et témoigne s’il en était besoin que les chers petits que l’on nous
confie ne sont pas des anges tombés du ciel, mais des individus ordinaires,
avec un bon lot de petits salopards et de crétins suivistes. En somme, les
produits de la société à laquelle l’Ecole, paraît-il, doit s’adapter.
S’agiter, comme
on le fait tous les ans, sur le thème du harcèlement à l’Ecole, relève du
foutage de gueule. Dans la réalité, pour ne pas faire de vagues, c’est l’élève
harcelé qui doit changer d’école, et ses bourreaux s’en tirent sans grand
dommage.
Lutter contre le
harcèlement, mais aussi toutes les incivilités qui touchent les établissements
scolaires, la démotivation et le manque de travail, passe par un réarmement
réglementaire des personnels concernés.
C’est par la « tolérance
zéro » que les Etats-Unis ont réussi à faire reculer l’insécurité. Adapté
à nos écoles, ce principe devrait s’appuyer sur les règles suivantes :
-en finir avec l’évaluation
des chefs d’établissements telle qu’elle est aujourd’hui, qui les incite à
étouffer tous les problèmes.
-en finir
également avec l’obligation qui leur est faite de trouver « un point de
chute » à leurs élèves exclus, même âgés de plus de seize ans. Cette
logique contribue notamment à privilégier le « renvoi » de la victime
au profit des harceleurs.
-rendre toute
leur autorité aux personnels, notamment par les décisions prises en conseil de
classe.
-cesser de
mettre sur le même plan la parole des élèves et celles du maître dans le cadre
de l’Ecole.
-Les parents
doivent rester à leur juste place, celle de responsables de l’éducation de
leurs enfants, et des éventuels dérapages de ceux-ci. Ils n’ont pas à imposer
leur loi à l’Ecole.
-revoir le cadre
juridique actuel, afin de faire de l’Ecole publique une zone « protégée »,
avec un droit particulier, comparable à celui des forces militaires.
-faire figurer
le harcèlement dans le casier judiciaire de ceux qui s’en rendent coupables,
dès lors qu’il est avéré.
Mais je crains
fort que le Ministre qui osera faire tout ça ne soit pas encore né…
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