vendredi
22 août 2014
Un été bien pourri.
La nullité géopolitique de François Hollande se
confirme, après l’été désastreux que vient de vivre le Moyen-Orient. Certes, on
ne peut qu’approuver l’aide –trop modeste, hélas- apportée aux Kurdes dans leur
lutte héroïque contre les fanatiques du « Califat ». Mais ce beau
geste n’a été pris que dans l’urgence (alors qu’il eût été possible d’anticiper
l’avancée des séides du Sieur Al Baghdadi) et uniquement dans le cadre d’une
politique qui a fait du suivisme envers Washington sa seule ligne de conduite.
Et que dire du caractère pitoyable de notre politique d’accueil envers les
réfugiés chrétiens d’Irak, tenus de prouver que les barbus veulent leur peau…sans
même parler des Yazidis, dont tout le monde se contrefout !
Bref, du replâtrage humanitaire à la petite semaine,
saupoudré de quelques livraisons d’armes, tandis que les Ricains se chargent,
une fois de plus, du gros du boulot. Ce qui n’est que justice, soit dit en
passant, après les dégâts qu’ils ont commis dans ce pays.
Nicolas Sarkozy avait une vision du Monde des plus
contestables (de mon point de vue du moins), mais il en avait une, celle d’un
« Américain à passeport français ». François Hollande n’en a aucune,
du moins aucune qu’il soit capable d’exprimer clairement, avec conviction et
qui soit un tant soit peu originale. Ses dernières déclarations sur la nature
de l’Etat islamique en Irak et au levant sont pathétiques : « Ces
gens, dit-il en substance, n’apportent que le chaos et la destruction… »
De bêtes terroristes en somme, pour lesquels les moyens seraient une fin en soi. Or, tout montre au
contraire que Baghdadi et ses amis enturbannés sont en train de bâtir un
véritable Etat, avec un projet cohérent de retour à une hypothétique « pureté »
islamique (sunnite). Une fois de plus, Hollande reprend la vulgate américaine
de « guerre contre le terrorisme », alors que la réalité est tout
autre, mais qu’il ne faut surtout pas nommer : cette guerre est celle que
l’Islam radical sunnite a déclaré à l’Occident, avec les moyens financiers de
nos bons amis du Golfe, notamment ce Qatar dont Slate.fr vient de confirmer, par le nombre de visites officielles,
qu’il est le pays le plus souvent reçu à l’Elysée.
Une guerre multiforme, dont la lutte armée ne constitue que
l’une de ses multiples facettes. Une lutte qui compte de nombreux adeptes,
comme en témoignent les résultats des dernières élections turques, qui ont vu la
victoire d’Erdogan au premier tour. Une lutte sur tous les fronts, du
Moyen-Orient à l’Afrique, mais aussi dans les murs d’un Occident qui n’ose même
plus nommer ses ennemis.
Et pendant ce temps-là, le délire antirusse se
poursuit, alimenté par la crise ukrainienne et le crash toujours non élucidé de
l’avion malaysien. Poutine n’étant pas le genre de type à se laisser
sanctionner sans rien dire, il a répliqué en décrétant l’embargo sur les fruits
et légumes européens : nos producteurs déjà mal en point peuvent dire
merci aux crânes d’œufs qui nous ont brouillé avec un bon client, par ailleurs
fournisseur en énergie et allié indispensable dans la lutte anti-barbus.
Et pendant ce temps-là, après une courte trêve, les
combats ont repris à Gaza. Netanyahou poursuit sa politique du pire, totalement
inefficace, et achève d’enterrer sous les bombes toute forme de processus de
paix.
Et pendant ce temps-là, les chiffres économiques
tombent, et révèlent à quel point notre pays va mal. Certes, nous ne sommes pas
seuls dans la mouise ; enfin, on voit quelques « autorités » (agences
de notation, commissaire européen chargé de l’économie) faire enfin la critique
des politiques d’austérité et des inégalités engendrées par un libéralisme plus
sauvage que jamais. Mais François Hollande vient de le répéter : sa
politique est bonne et il n’en changera pas.
Eté pourri, décidément !
PS : haut les cœurs cependant :
il a suffi que les pays développés se sentent suffisamment menacés par le virus
Ebola pour que les labos mettent les bouchées doubles, et hop, voilà le miracle !
Deux Américains bien blancs viennent d’être guéris ! Dieu sait reconnaître
les siens.
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