dimanche 20 octobre 2013
Léonarda et Khatchik, les Chico et
Roberta de la Toussaint politique.
Souvenez-vous !
Pendant l’été 1989, toute la France dansait sur la Lambada. Dans le clip de cette scie saisonnière se trémoussaient
deux charmants bambins brésiliens, Chico le petit Noir et Roberta la
blondinette. C’était mignon tout plein, un hymne joyeux au métissage, à
l’amitié entre les peuples, et plus si affinités.
24 ans ont
passé. L’été 2013 fut splendide, l’automne est encore chaud : il nous
fallait une nouvelle Lambada pour
faire danser la classe politico-médiatique. Mais pour ouvrir le bal, nous avons
troqué Chico et Roberta pour Khatchik et Léonarda. De fait, on ne gagne pas au
change : ils ne sont pas très mignons, ces deux-là. Au lieu de deux petits
Brésiliens de pacotille dansant chez eux sur une plage de rêve, nous avons deux
ados boutonneux, protagonistes bien réels de la Mondialisation et des flux
migratoires, dont les familles ont quitté des pays mal en point pour venir
chercher le bonheur dans nos banlieues.
Un vrai
succès : le patriarche de la famille Dibrani, père de Léonarda et de cinq
autres gosses, a fait croire qu’il venait directement du Kosovo –alors qu’il
avait longuement transité par l’Italie- pour obtenir l’asile politique. En cinq
ans de séjour, il a refusé plusieurs offres d’emploi, s’est fait remarquer pour
violence familiales, et toutes ses démarches pour valider son
« intégration » ont été déboutées, faute de garanties solides. La
seule a avoir été scolarisée convenablement –si l’on est pas trop exigeant- au
sein de la tribu est la fameuse Léonarda, visiblement l’alibi et le
« bouclier humanitaire » de cette joyeuse bande.
L’autre
protagoniste, l’Arménien Khatchik Khachartryan (on se croirait sur
l’ « affiche rouge » de 1943 !), est encore moins
reluisant : 19 ans -donc majeur, vaccinable sinon vacciné, en tout cas
expulsable sans chichi-, scolarité en pointillé, voleur occasionnel dans les
magasins (c’est comme ça qu’il s’est fait prendre, l’andouille).
Tout ceci serait
passé totalement inaperçu sans le « manque de discernement » (dixit
le rapport officiel) des flics chargés de l’interpellation de Léonarda, qui ont
procédé en pleine sortie scolaire, dans un bus, devant les autres gamins et les
profs. Ils n’ont rien compris au monde moderne, les gars ! Il fallait
attendre les vacances, au petit matin à l’heure du laitier… et hop, ni vu ni
connu.
Et la lambada
médiatique commence, relayée par une mobilisation de lycéens parisiens aussi
spontanée que la révolution bolchevik d’octobre 1917, selon une procédure bien
rodée. A la manœuvre, les syndicats UNL et FIDL, pépinières d’ agitateurs
trotsko-socialistes, sans doute encouragés par quelques cadres du PS hostiles à
Manuel Valls, décidés depuis pas mal de temps à avoir la peau du « chouchou »
de Hollande, qualifié de « taupe de droite »,
« crypto-fasciste », etc…Se joignent au chœur les écolos, le Front de
Gauche et un Mélenchon plus éructant que jamais, la frange
« gauchiste » du PS. La grande masse des lycéens s’en fout, ou se
joint au mouvement pour rabioter deux jours de vacances, avec la grande
conscience politique qui la caractérise depuis la fin des années 1980. La
marmite bouillonne, et la presse envoie des envoyés spéciaux jusqu’au Kosovo
pour interviewver la pauvre gamine et son adorable papa. Au passage, ces mêmes
journalistes auraient pu s’intéresser un peu au Kosovo, devenue plaque
tournante de la mafia albanaise dans les Balkans, au nettoyage ethnique mené
par les Albanais de l’UCK appuyé par l’OTAN en 1999. A l’époque une bonne
partie de nos joyeux humanistes sans frontières avaient soutenu cette belle
intervention. Merci encore les gars, mais ne vous inquiétez pas, pour vous, il
y a prescription…Au passage, on oublie le peu ragoûtant Khatchik, et on
concentre le tir lacrymal sur la gamine éplorée, qui aurait même
« distribué des tracts pour Hollande en 2012 ». Sans blague ?
Pour calmer le
jeu et la guerre civile interne au PS, Pépère 1er s’est lancé dans
la mêlée, avec sa méthode habituelle : essayer de faire plaisir à tout le
monde. L’expulsion était légitime (traduisez : « Manuel, tu gardes
tout ma confiance »). Mais si la gamine veut rentrer en France, sans son
affreuse tribu, pour finir ses études, elle pourra ; (« Amis
gauchistes, voyez que je suis gentil. Chers lycéens, arrêtez de foutre la
merde, j’ai peur des jeunes. ») Et pour les futures expulsions, on
attendra que les gosses ne soient plus dans « le temps scolaire ».
Ben tiens !
Résultat
lamentable. Médiapart affiche, moqueur : « Hollande à Léonarda : ta famille, tu l’aimes ou tu la
quitte ». Les immigrationnistes fulminent, Harlem Désir lui-même
exprime sa volonté de voir revenir toute la famille –ce qui est conforme à la
déclaration universelle des droits de l’homme de 1948- la droite se gausse (en
faisant semblant de s’indigner) et le FN se frotte les mains. Celui-ci n’a
décidément pas besoin de faire campagne, en ce moment.
La Guerre du Mali racontée à tous.
Jeudi dernier,
sur France 2, on nous annonçait un évènement : Envoyé spécial, la grande émission d’investigation de la télé
publique, allait nous diffuser un document exceptionnel. « La guerre du
Mali comme vous ne l’avez jamais vue ! » dixit fièrement Pujadas. Des
journalistes accrédités avaient en effet pu suivre nos vaillantes troupes en
lutte contre les barbus, et c’était le montage de leur travail qui a été
diffusé ce jeudi. Mais le bon Pujadas a pris soin de nous prévenir :
conformément à un accord conclu avec le Ministère de la Défense, nous ne
verrons aucun mort, ni côté français et allié, ni côté jihadiste.
Une guerre sans
mort effectivement, une guerre surréaliste, où l’on voit des hélicos tirer sur
des broussailles, des fantassins cribler des rochers, des missiles pleuvoir sur
des collines désertes, ou de rares véhicules à peine visibles. Des villes plus
ou moins amochées, dont la population vient acclamer les libérateurs montés sur
leur fiers engins. Quant un blessé apparaît à l’écran, il porte de très
esthétiques bandages, et l’on nous précise que tout cela n’est pas bien grave.
Les morts sont mentionnés en « voix off », sans insister plus que
cela. Quelle pudeur !
Entendons-nous
bien : à mon avis, cette guerre était légitime, et je crois volontiers que
nos soldats ont fait de leur mieux, pour des résultats immédiats fort
honorables. Mais je n’aime pas qu’on me prenne pour un con, et que l’on me
vende comme du journalisme ce qui n’est qu’un document de propagande. Un
journaliste « embedded », comme on dit chez les anglo-saxons depuis
les dernières guerres du Golfe, n’est qu’un auxiliaire du service de relations
publiques des armées. Qu’on ait au moins l’honnêteté de nous le dire. N’est pas
Schoendorffer (et sa remarquable « Section
Anderson », en 1968) qui veut. Et c’est d’ailleurs aujourd’hui
quasiment impossible, tant nos généraux ont retenu l’expérience du Vietnam. Le
champ de bataille médiatique est au moins aussi important que les autres.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire