samedi 18 mai 2013

Guy Mollet, le retour


samedi 18 mai 2013

            Guy Mollet, le retour.

Il est des moments où l’on aurait aimé avoir eu tort. La dernière conférence de presse de François Hollande vient, hélas, de confirmer ce que les pessimistes dont je suis étaient déjà convaincus. Social-libéral dans l’âme, Hollande l’était et il le reste. Sa politique économique, avec un zeste de vaseline sociale, sera donc bien conforme aux diktats des marchés et de Bruxelles. Sa politique sociale se limitera à des réformes sociétales dont l’intérêt est tout sauf évident. Pour faire plaisir à son aile gauche, Pépère nous promet le droit de vote des étrangers après les municipales de 2014. On croit rêver !
L’Union nationale dont rêve Bayrou n’arrivera probablement jamais, tant la compétition pour les fromages de la « Ripoublique » reste féroce entre les deux partis dominants, et même au sein de chacune de ces formations, comme en témoignent les dernières empoignades entre les ministres socialistes, ou la guéguerre Fillon-Copé-Sarko. Mais de facto, jamais la continuité gestionnaire « UMPS » n’a paru aussi évidente. On ne prend pas les mêmes, mais on recommence. Et tous unis contre Mélenchon, le FN jouant le rôle de l’idiot utile, l’épouvantail destiné à rabattre les gogos vers le « seul choix possible » au 2e tour des principaux scrutins. Cher électeur, tu pourras toujours te défouler aux Européennes !
L’Europe d’ailleurs, parlons-en…Dans le dernier Marianne, Jean-Christophe Cambadélis réagissant au dernier brûlot énervé de Jean-François Kahn (Comment s’en sortir), a émis cette phrase remarquable : « la crise européenne est à la Ve République ce que fut la crise algérienne à la Ive. » Dans l’esprit de ce Strauss-Kahnien adepte de la « 3e gauche », on comprend sans peine ce que cela implique : il n’y aurait de sortie que par le haut, par plus d’intégration européenne, que Hollande appelle d’ailleurs de ses vœux.
Mais rappelons-nous comment la France s’est débarrassée du boulet algérien. L’intégration n’était pas possible, et le maintien de l’ « Algérie française » nous aurait coûté trop cher. Avec la froideur des grands hommes d’Etat, De Gaulle avait fini par trancher : chacun chez soi, avec des accords étroits de coopération entre Etats souverains. Serait-cela, finalement, la solution ? Sortir de la zone euro ? Voire de l’UE, comme le souhaitent de nombreux Britanniques ? Mais Hollande n’est pas De Gaulle. Un bon gros Guy Mollet, tout au plus, qui nous enfoncera dans le bourbier jusqu’aux narines.

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