vendredi 12 octobre 2012

Prix Nobel de la bouffonnerie



vendredi 12 octobre 2012

                Prix Nobel de la bouffonnerie.

Il est attribué, à l’unanimité du jury, aux neuneus qui ont décerné le dernier Prix Nobel de la Paix à l’Union européenne. Les Eurobéats eux-mêmes n’en reviennent pas et se congratulent, aussi enchantés que surpris du beau cadeau qu’on leur fait. A leur tête, notre Père François lui-même, qui vient juste de faire avaler la potion amère de son traité de stabilité budgétaire aux députés. « Les Européens doivent se sentir fiers », a-t-il déclaré en substance.
Fiers de quoi ? De ce machin à la solde des marchés mondiaux ?
L’UE nous aurait apporté la paix, la démocratie et les droits de l’homme. Faut-il rappeler aux euroniais que la paix en Europe, nous la devons d’abord aux Américains et aux Soviétiques, qui ont sanctuarisé le continent de 1945 à 1990 ? Nous la devons  ensuite aux dirigeants et aux peuples européens eux-mêmes, qui en avaient assez de se taper dessus. Quant à la démocratie et aux droits de l’homme, il me semble que cela existait avant que le « machin » ne prenne forme. Par ailleurs, j’ai hâte de voir la capacité de l’usine à gaz à imposer ces belles vertus aux Etats membres « déviants », comme la Hongrie de Viktor Orban !
De fait, ce que nous devons vraiment à l’UE, c’est un régime technocratique supranational, économiquement ultralibéral et –dans le cadre de la zone euro- un carcan budgétaire qui étouffe toute souveraineté nationale.
A ce propos, félicitations à la « représentation nationale », qui a voté massivement le traité de stabilité Merkozy à peine retouché par Hollande. Nos parlementaires sont à la hauteur de leurs illustres prédécesseurs de juillet 1940, qui avaient donné un chèque en blanc à Pétain pour nous sauver du désastre. Au nom des réalités, du « redressement national » et d’une « grande Europe »…déjà ! A l’époque, il s’était trouvé 80 courageux pour dire non, et le régime de Vichy ne leur cassa pas trop les pieds. Cette fois, ils n’étaient plus que 70, et le président du groupe PS à l’Assemblée nationale a promis de sanctionner les 20 socialos qui ont osé se démarquer. Quel progrès démocratique ! On ne remerciera jamais assez l’Union européenne.

                Qu’est-il allé faire dans cette boulangerie ?

Copé a ceci de commun avec Sarko, entre mille autres choses, c’est qu’il ne peut pas s’empêcher d’en faire trop. Cette histoire de pain au chocolat volé à un bon petit Français par de vilains islamistes a fait rire presque toute la France, et scandalisé le reste. S’il avait attendu un peu, il aurait pu exploiter une autre histoire : celle de cette femme giflée à Toulouse par des barbus parce qu’elle avait osé marcher (sans faire exprès), sur un verset du Coran stylisé projeté par terre lors d’une expo d’un artiste contemporain marocain. Ledit artiste ayant fini par renoncer à son autre expo au musée du Monde arabe de Paris, à cause d’une œuvre « impie » sur Salman Rushdie. Pourquoi ne te sers-tu pas de choses sérieuses, mon petit Jean-François ?

                Ecole : on prend les mêmes et on recommence.

Le mammouth est aux mains de cornacs peu visibles, mais inamovibles, cramponnés depuis les années 70 dans leur monde libéral-libertaire. Les velléités de Vincent Peillon de revenir à « une morale laïque » ne leur ont pas longtemps hérissé le poil. François Hollande lui-même est venu à la rescousse de ces braves gens, soutenus par le SGEN et la FCPE, pour proposer que l’on ne donne plus de devoirs à ces pauvres élèves, qu’ils ne redoublent plus, et qu’ils ne soient plus notés. Après tout, n’y a-t-il pas de magnifiques livrets de compétences calqués sur le monde de l’entreprise, dûment estampillés OCDE, pour évaluer ces chers petits ?
Que ces livrets ne soient, en réalité, qu’une vaste fumisterie, importe peu. Le mammouth s’enfonce, résolument, dans le marécage où l’on a décidé de le noyer.
Quant au projet de réforme de rythmes scolaires (repasser de 4 jours à 4 jours et demi dans le primaire), il semble bien que ce soit le plus mauvais choix que l’on ait retenu : faire bosser les gosses le mercredi matin, soit 5 jours d’affilée, au lieu du samedi.  Et garderie prolongée pour tous ceux que leurs parents ne pourront pas venir chercher plus tôt en fin de journée. Intérêt des enfants ? Cherchez bien, il doit être quelque part.

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