mercredi 21 mars 2012
Pas de bol…finalement, c’était Mohamed !
Une dizaine de jours après le début de ses sinistres exploits, le tueur de militaires et de Juifs a été débusqué par les limiers de Claude Guéant. A l’heure où j’écris ces lignes, nos médias sont à l’affût devant l’appartement toulousain du serial killer scootérisé, attendant qu’il se rende ou que les superflics du Raid lui fassent la peau. A moins que l’illuminé ne se donne la mort dans un grand boum du plus bel effet pyrotechnique, comme ses homologues madrilènes il y a quelques années. En tout cas, s’ils le prennent vivant, il faudra l’interner dans la même cellule que Youssouf Fofana : ils auront plein de choses à se raconter.
Depuis lundi et la tuerie de l’école juive, les ondes et le net ne bruissent que de cela. Le monstre est parmi nous ! Main sur le cœur et hypocrisie bien gonflée, les ténors de la campagne présidentielle ont décrété une trêve de la lutte politicienne, qui n’aura duré que le temps de le dire.
Sarkozy et Hollande ont passé leur temps à se marquer à la culotte, visitant les écoles et appelant le bon peuple à l’unité nationale et à la tolérance. Une minute de silence dans les établissements scolaires, c’était bien le moins. N’ayant pas cours à ce moment là, j’ai passé la mienne à méditer devant un paquet de copies désespérantes, au fond d’un local sans fenêtre à l’abri des balles de 11.43. Quand François Bayrou osa faire remarquer qu’appeler à l’unité, après avoir passé des années à semer la discorde et soufflé sur les braises, relevait d’une certaine audace, il fut vertement rappelé à l’ordre par Alain Juppé : « N’ajoutons pas l’ignoble à l’horrible ! »
Hier sur France Inter, le politologue libéral et européiste Dominique Reynié fut invité à donner son avis sur celui qui n’était encore qu’un mystérieux tueur. Dans la droite ligne de son dernier bouquin sur la montée du populisme européen, et « avec toute la prudence nécessaire à ce stade de l’enquête », le bien-pensant Reynié ne put s’empêcher de mettre les évènements sur le compte d’ « un climat malsain », dessinant en creux le portrait de l’assassin idéal : un fou néo-nazi à la norvégienne, un vilain petit Blanc qui incarnerait tous les péchés d’une Europe frileuse, raciste, intolérante à la mondialisation et à ses effets collatéraux, l’immigration de masse et le multiculturalisme.
Finalement, aujourd’hui, la vérité a surgi. On attendait Adolf junior, ce fut Mohamed Merah. Un parcours banal de petit voyou de banlieue endoctriné par les Salafistes, entraîné dans la zone tribale pakistanaise, transformé en électron libre du Jihad mondial.
Tout bénéf’ pour la droite, cette histoire : au FN, les bouchons de champagne doivent sauter. Les discours musclés et racoleurs de Sarkozy reprennent du relief, surtout après cette mise hors d’état de nuire somme toute assez rapide. « Mr Sarko says we will protect you… »
Quant à la gauche niaise, elle n’a plus qu’à tendre le dos. Jospin fut tué politiquement en 2002 par les contrecoups de l’affaire Papy Voise. Hollande le sera-t-il par Momo le Killer ?
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