vendredi 13 janvier 2012
De Jeanne d’Arc à Jarnac : la série des pèlerinages grotesques continue.
Les choses semblent bien rodées. La Droite UMP/FN se sent obligée de rouler une pelle à Jeanne d’Arc (voir une précédente chronique), le PS perpétue depuis 1996 le culte de Mitterrand avec un pèlerinage obligé à Jarnac. Cette année, compétition présidentielle oblige, c’est François Hollande qui s’y colle pour l’anniversaire de la mort du « grand homme ».
Grand homme, au sens de grand politique, François Mitterrand le fut sans l’ombre d’un doute. Le seul président socialiste de la Ve république à ce jour, nous répète-t-on jusqu’à la nausée. Mais peut-on le considérer comme un figure tutélaire, idéologique et symbolique, de la gauche socialiste ? Peut-il être légitimement comparé à Jaurès et Blum ?
A Jarnac, Hollande posait près du buste de la Statue du Commandeur, se réclamant de son message, de ses citations, brossant sans vergogne les charentaises de celui qu’on surnommait le « Florentin », par sa maîtrise subtile des coups tordus.
Car il n’y a pas un Mitterrand, mais plusieurs. Et lequel veut-on honorer ? L’étudiant sympathisant de l’Action française en 1934 ? Le sous-Ministre de Vichy en 1942 ? Le Résistant de la fin 1943 ? Le Ministre défenseur de l’Algérie française ? L’opposant historique à de Gaulle et la fausse victime de « l’attentat de l’Observatoire » ? L’homme du programme commun de rupture avec le capitalisme ? Le président gestionnaire partisan du virage libéral et européiste en 1983 ? Le papa d’une fille cachée et protégée par les services de l’Etat ?
Entendons-nous bien : ce parcours fait de Mitterrand un homme passionnant, un reflet de son siècle. Mais il ne fut en rien un « grand socialiste ».
Et l’abolition de la peine de mort ? gémiront les grandes âmes. C’était-y pas beau, c’était-y pas noble, c’était-y pas courageux ? Même pas. Une idée libérale parmi d’autres, dans l’air du temps et le vent de l’Histoire. Désolé les gars, mais ça ne fait pas du Père François un homme de gauche.
Cible mouvante.
D’après le Canard de cette semaine, c’est le nom de la tactique choisie par Sarkozy et ses conseillers pour la campagne présidentielle. Le bilan du quinquennat est tellement nul que jouer en défense serait suicidaire, donc : offensive générale, sur tous les sujets (TVA sociale, taxe Tobin, éducation, sécurité, etc…). Le Nabot s’agite, lance des propositions inapplicables dans l’immédiat (et même parfois déjà votée en 2001, comme la taxe Tobin), laissant l’opposition dans l’obligation de réagir sur ses questions. Lorsque celle-ci peut enfin riposter, passer à un autre sujet qui la désarçonne. Sur un autre front, nourrir un feu continu de petites phrases polémiques ou de tir à vue sur le moindre dérapage –ou supposé tel- de l’adversaire, grâce à la cellule de riposte de l’Elysée et la complicité de médias bienveillants.
Une guérilla permanente, usante pour l’ennemi mais aussi pour l’électeur de base. Qui tirera les marrons du feu ?
J’aimerais que cela soit Jean-Luc Mélenchon, qui fut hier soir brillantissime sur la forme comme sur le fond face à la meute journalistique bien-pensante rameutée par France 2. Allez Méluche, fais-leur la peau !
Indignation sélective.
Un journaliste français (Gilles Jacquier) est tué en Syrie dans des conditions douteuses…mais en faisant son travail de grand reporter, qui suppose une inévitable prise de risque. Hurlement des médias français touchés à mort, indignation politique, Sarko et Juppé montent au créneau, exigent des explications du vilain Bachar El Assad.
En novembre dernier, un raid de l’aviation israélienne touche la maison de notre consul dans la bande de Gaza. Lui et sa famille sont blessés, sa femme perd son bébé dans une fausse couche. Réaction ? Rien, nada, que dalle et bernique. Ah si, quand même, les autorités militaires israéliennes ont présenté leurs excuses. L’honneur est sauf.
1 commentaire:
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