dimanche 3 avril 2011
Un autre « wargame » étonnant.
En Côte-d’Ivoire cette fois, tout se précipite. Les ex-Forces nouvelles devenues « Forces républicaines », au service d’Alassane Ouattara, déferlent sur le Sud et ont investi Abidjan où les partisans de Laurent Gbagbo résistent comme ils peuvent. Et nul besoin de couverture aérienne fournie par l’Occident. Si cela continue, Alassane pourra filer sa suite de l’hôtel du Golf à Laurent. A moins que le futur ex-président ne trouve asile à Tripoli ou à Caracas.
Ou alors, peut-être qu’un sursaut…
Sursaut libyen.
Et ping, nouvelle riposte de Kadhafi qui reprend Ras Lanouf aux insurgés ! Le match continue… Le temps de nous interroger sur certains acteurs de l’insurrection. Voir pas mal de barbus et de femmes voilées dans les rues de Benghazi « libérée », hurlant « Allahouakbar ! » au moindre prétexte, cela me titillait un peu. Apprendre par le biais du Canard Enchaîné qu’ Al Qaïda au Maghreb islamique a envoyé des hommes chez les rebelles pour leur prêter main forte et récupérer des armes, cela me peine davantage. Sarko fait donc la guerre là-bas aux côtés de ceux-là mêmes qui ont enlevé nos ressortissants au Niger. L’Histoire est certes riche de ce genre de paradoxes, mais les propos de Kadhafi, jugés délirants, assimilant les rebelles aux islamistes, n’étaient donc pas sans fondements.
Par ailleurs, à quoi ressemblera, économiquement et socialement, la Libye nouvelle, après la chute du tyran ? Si cela doit finir comme en Irak ou au Kosovo, on peut émettre de sérieuses réserves.
Les malheurs de Bachar.
Bachar El-Assad se débat lui aussi avec des émeutiers, et les bonnes âmes se réjouissent des malheurs du maître de Damas. Petit détail quand même : le pouvoir alaouite, qui s’appuie sur une minorité (10% de la population), est un des rares de la région qui protège encore les autres minorités druze et chrétiennes du harcèlement et des persécutions de la majorité, ici sunnite. Qu’arrivera-t-il quand cette majorité aura pris les rênes, avec pas mal de barbus dans ses rangs ?
Autre détail : le mécontentement de la population a été largement alimenté par les effets néfastes de la libéralisation (comprenez « privatisation ») d’une partie de l’économie syrienne, sous la pression du FMI et des occidentaux. Privatisation menée, comme dans la Russie d’Eltsine, au profit d’oligarques du parti unique. Là sans doute réside la faute principale de Bachar El Assad : avoir choisi la voie chinoise (privatisation économique et maintien de la dictature) sans s’en donner les moyens. La répression façon Tien An Men, seuls les Chinois pouvaient se le permettre impunément…avec la complicité active des pires rapaces du monde capitaliste. Nos maîtres à tous.
Quel avenir pour l’Education nationale ?
L’hebdomadaire Marianne, dans son dernier numéro spécial (« Pourquoi nous combattons ») propose d’augmenter les salaires des profs de 50% en échange d’une présence « permanente » dans les établissements scolaires. Des profs mieux payés, mais toujours plus écrasés de tâches annexes autres que l’enseignement, ce n’est pas franchement nouveau, les gars ! D’autant que la gauche libérale, comme la droite, ne retiendra que la 2e partie de la proposition au prix d’une hausse symbolique des salaires…Bilan à prévoir (et déjà observable) :
A vouloir faire faire tout et n’importe quoi aux mêmes gens (enseignement, suivi administratif, psychologique, surveillance, animation, etc…), on obtient un service nettement plus médiocre et une usure rapide du personnel. Je suis navré de voir mon hebdo favori tomber dans les mêmes travers néolibéraux qu’il prétend dénoncer.
Ce dont l’Education nationale a besoin, ce sont des enseignants qui enseignent (avec des programmes clairs et des structures lisibles par tous), des surveillants qui surveillent (avec de vrais moyens techniques et surtout juridiques pour sanctionner), des administrateurs qui administrent (selon des critères ne relevant pas que de la « gouvernance d’entreprise » et d’indicateurs chiffrés foireux), des animateurs qui animent (sans empiéter sur le temps nécessaire à l’acquisition des savoirs), le tout dans des conditions matérielles décente A chacun son pré, dit la sagesse populaire, et les vaches seront bien gardées.
Il faut enfin inverser le rapport de forces psychologique mis en place depuis les réformes Allègre-Lang entre le système éducatif et ses usagers. L’enseignement public est un service offert aux jeunes, aux frais de la Nation, pas une prestation due à un client-roi capricieux qui pourrait tout se permettre, et réclamer le beurre, l’argent du beurre et la culotte de la crémière.
En clair, quoique je fasse, même si je ne travaille pas et que j’emmerde le monde, je dois sortir du circuit éducatif avec un diplôme et une formation qualifiante qui me conviennent !
Un client de la SNCF qui refuse de payer son billet, lacère les sièges, agresse les autres voyageurs et les contrôleurs, a-t-il le droit d’être transporté où il veut ?
L’avenir de l’Education nationale passe par un retour au bon sens, et un principe simple : vous avez droit à un service de qualité, mais si vous ne le respectez pas, rien ne nous oblige à vous le fournir.
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