Dimanche 08 novembre 2026
De l’efficacité du fascisme rouge.
L’observation des derniers évènements, à l’échelle nationale ou locale, m’amène à envisager comme fort probable que Jean-Luc Mélenchon puisse prendre le pouvoir en mai ou en juin 2027.
Passons rapidement sur l’évolution du mouvement social actuel, toujours pas épuisé malgré un net ralentissement depuis les vacances de la Toussaint. Si les manifs du samedi attirent moins de monde et sont mieux contenues par des forces de l’ordre, dont j’admire au passage la résilience, la grève du jeudi 5 novembre et les défilés a été plutôt un succès. Mais à la violence brute des premiers jours succède un phénomène extrêmement inquiétant.
D’abord la radicalisation de certains jeunes, qui n’avaient pas a priori un profil de casseur ou de black bloc. Certains élèves de l’établissement où j’enseigne ont ainsi délibérément agressé les policiers venus escorter des pompiers appelés pour l’extinction d’un feu de poubelle. Leurs tirs directs de mortiers d’artifice ont ainsi fait sept blessés parmi les flics. Peu après, ceux-ci ont interpellés les charmants bambins au sein du lycée, ce qui a beaucoup choqué les syndiqués gauchistes de service.
Autre épisode révélateur, qui m’a été rapporté à ma femme par une collègue, dont le mari tient un commerce en centre-ville. Un gars de la CGT s’est pointé devant sa boutique pour lui donner un auto-collant pro-palestinien, en lui tenant à peu près ce langage : « Mettez ça sur votre vitrine si vous ne voulez pas qu’on vous la défonce ! »
Partout en France, suite à l’affaire de Trappes, la chasse aux « fachos racistes » est lancée : outre les habituelles et systématiques perturbations des évènements organisés par le camp d’en face, les tabassages de militants « fachos », réels ou supposés, viennent maintenant s’ajouter les actes d’intimidation auprès des commerçants : les bars et restaurants dotés de télé sont priés de ne plus diffuser Cnews (qu’une pétition appelle à faire interdire), les Relay, propriété du groupe de Bolloré, sont visés par des activistes, comme ceux qui ont dévalisé le magasin de la gare du Nord, pour le vider des ses ouvrages suspects et de ses revues indésirables.
Plus insignifiant à première vue, l’affaire du petit Marcel, un gamin de huit ans « venu manifester avec son papa », auquel une journaliste de France Info a tendu à deux reprises un micro complaisant, pour le gosse puisse, sans être vraiment repris, ni par son père, ni par la journaliste, débiter des insultes sur Macron et les flics. France Info s’est excusée, mais comment une reporter professionnelle dans un premier temps, puis une équipe de rédaction, ont-ils pu laisser passer une chose pareille ? Rappelons que les mêmes, il y a peu, savaient fort bien trier les infos dérangeantes, notamment lors des débordements de supporters exotiques après certains matches de foot. Qui ne dit mot consent.
Ce qui est en train de se dessiner, et l’état-major de LFI ne s’en cache pas, c’est l’épreuve de force en vue des présidentielles et des législatives de mai-juin. Mélenchon et sa bande disposent, comme les fascistes italiens en 1922, de solides atouts : infiltration des médias (notamment de service public) ; domination idéologique au sein du système éducatif, de la maternelle à l’université ; noyautage de la justice et d’une partie de l’administration ; poids prépondérant dans les syndicats de gauche, les associations et le show business ; soutien de milliardaires progressistes (Pigasse, Niel) ; enfin et surtout, un terrible pouvoir de nuisance et d’intimidation avec leurs miliciens antifas, alliés -pour l’instant- aux jeunes des cités à forte population musulmane, dont le nombre ne cesse de croître. Certes, il lui manque l’appui des milieux d’affaire, de la police et de l’armée. Mais nous ne sommes pas en Italie, ni en 1922. Hormis les premiers, sur lesquels nous reviendrons, le rôle des seconds n’est plus aussi décisif, du moins à mon avis.
Autre point commun avec l’Italie du début des années 1920 : un centre et une droite classique à bout de souffle, très divisés. Philippe et Attal n’arrivent pas à faire oublier leur collaboration avec le macronisme. Retailleau et Lisnard ne parviennent pas encore à former une alliance pour donner plus force au camp conservateur.
Quant au RN, s’il est donné gagnant dans les sondages, ses relais médiatiques sont faibles (hormis au sein du groupe Bolloré), et ses autres appuis restent très limités. Si Marine Le Pen arrivait au pouvoir, même si elle parvenait à obtenir une majorité à l’Assemblée nationale et à former un gouvernement de coalition avec la droite conservatrice -ce qui n’est pas gagné- elle se heurterait à tous les contre-pouvoirs cités plus haut, auxquels il faut ajouter le Conseil d’État, le Conseil Constitutionnel et les instances européennes. Les milieux d’affaire ne lui sont pas acquis, et le soutien des forces de l’ordre et de l’armée, bien que probable, n’est pas garanti sur facture.
Et quand bien même...que pourraient ces forces, face à une insurrection généralisée menée par la gauche et l’extrême-gauche au nom de « la lutte contre le fascisme », combinant désobéissance civile et émeutes urbaines ? Ce que nous vivons depuis octobre n’en est que le prélude, ou le tour de chauffe. La masse des citoyens français patriotes, me direz-vous, pourrait aussi entrer dans la danse, même si je n’y crois guère, et nous ne basculerions dans une guerre civile de longue durée.
Voilà pourquoi j’envisage volontiers le scénario suivant, en cas de match Le Pen/Mélenchon au 2e tour. Toute la gauche fera bloc derrière Mélenchon, y compris les plus modérés, malgré ou à cause des agressions verbales ou des menaces subies, comme le pauvre Glucksmann. Les écolos seront évidemment de son côté, étant déjà plus que satellisés. Restera la droite libérale et le centre, qui fera certes la fine bouche, et nous gratifiera de contorsions comiques, avant d’appeler à ne pas faire barrage à Méluche. Mais le programme de celui-ci est délirant sur le plan économique, me direz-vous ! Oui, mais il serait encore plus catastrophique et perturbateur pour les marchés que notre pays sombre dans la guerre civile. On laissera la gauche à la sauce LFI prendre le pouvoir politique pour éviter cela, en espérant que le mur des réalités la rappellera vite à plus de bon sens, comme l’Union de la Gauche à partir de 1982-83. Et en priant pour que notre malheureux pays ne devienne pas le Cuba ou le Venezuela de l’Europe, avec les Soviets, mais sans l’électricité.
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