samedi 21 mars 2015

Des barbares au Bardo, et des "je suis machin" qui me cassent les pieds.

samedi 21 mars 2015

            Ça a bardé au Bardo…mais il y en a marre des « je suis machin » hypocrites !

La fusillade au musée du Bardo, en Tunisie, a été revendiquée par la succursale libyenne de Daesh, ces joyeux drilles qui feraient presque passer Al-Qaïda et ses filiales pour le Club Mickey. Daesh, c’est la version islamo-terroriste de la lessive Dash-3-en-1 :
-en flinguant des touristes, je coule l’économie déjà flageolante de la Tunisie.
-en tiraillant dans un musée, je montre tout le mépris que j’ai pour la culture.
-en commettant cet attentat à quelques dizaines de mètres du parlement en train de débattre d’une loi anti-terroriste, je lance un défi à la classe politique tunisienne.
Il est évident que c’est un sale coup pour le pays qui a lancé ce « printemps arabe », dont on peine à voir, pour l’heure, les effets positifs. Mais j’avoue ne pas adhérer à 100% à ce mot d’ordre « Je suis Tunisie », alors même que les premières victimes sont quand même des touristes étrangers, dont deux Français. Sur la vingtaine de morts recensés, on ne compte que trois Tunisiens : un policier…et les deux tueurs !
Ceci dit, ce mot d’ordre était parfaitement valable lorsque des défenseurs de la liberté et de la laïcité se faisaient descendre, dans ce pays (comme en Algérie). Mais il a fallu attendre que des journalistes et des caricaturistes connus se fassent massacrer à Paris pour que les belles âmes sonnent le tocsin et lancent des «je suis machin » à tire-larigot. Un peu comme pour le Sida, dont tout le monde se foutait en Occident lorsqu’il ne tuait que des Africains, mais qui est devenue une grande cause lorsque les premières stars du show-biz, particulièrement exposées par leurs conduites à risques, ont commencé à être touchées.
« Je suis partout » (petit retour dans les années noires !), cela va bien un moment. Surtout si, dans le même temps, la Patrie de la liberté d’expression, où « souffle l’esprit du 11 janvier », laisse s’installer un climat de censure plus ou moins larvée. Ainsi le film Timbuktu, pourtant encensé et césarisé, n’a pas été diffusé dans toutes les salles par crainte de certaines réactions.
Autre film, autre galère, comme le raconte Laurent Nunez dans le dernier Marianne : il s’agit de Maintenant, ils peuvent venir, de Salem Brahimi, qui raconte la montée de l’islamisme en Algérie dans les années 1990. Costa-Gavras, le producteur, a dû tout financer sur fonds propres, alors qu’il n’avait pas de mal jusqu’ici à trouver des partenaires financiers, notamment du côté des chaînes de télé. Et personne ne veut distribuer le film en France…
Soumission n’est pas que le titre d’un roman.          

            Balkany, c’est fini ?

Les députés ont enfin levé l’immunité parlementaire de Patrick Balkany, le parrain de Levallois-Perret. Le début de la fin –politique- d’un des meilleurs potes, de plus en plus encombrant, du petit Nicolas. On peut voir les choses de deux façons.
Soit se réjouir que dans notre belle démocratie, nul n’est au-dessus des lois, et que tôt ou tard il faut bien rendre des comptes.
Soit déplorer que pour certains, c’est quand même bien plus tard que trop tôt !

           
Bibi…bis !

La peur a joué en faveur de Benyamin Netanyahou, qui repart pour un tour à la suite des dernières élections législatives israéliennes, au grand dam des observateurs étrangers, notamment européens. Comme d’habitude, ceux-ci ont pris leurs désirs pour des réalités en pronostiquant la victoire du centre-gauche, plus favorable à une reprise sérieuse des négociations avec l’autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.
Pour ceux qui, comme moi, ont aimé ce que pouvait être –ou aurait pu être- Israël, c’est une très mauvaise nouvelle. Pour les Palestiniens modérés, c’est une vilaine baffe…une de plus.

            Départementales : J -1

Quelles étranges élections ! Un scrutin bizarroïde par binômes homme-femme, pour des départements dont on ne sait pas encore exactement quelles seront leurs compétences par rapport à des régions elles-mêmes en plein chantier de restructuration.
Un vote local, mais dont tous les commentateurs veulent faire, tort ou à raison, un test national.
Des résultats, enfin, qui nous sont donnés d’avance : abstention massive, progrès du FN.
Un Front National que Manuel Valls a cru malin de placer au cœur de la campagne, reprenant les vieilles ficelles de la gauche moisie des années 80.
Une gauche de gouvernement tellement fière d’elle-même qu’elle se présente masquée dans la plupart des cantons, sous l’étiquette de « gauche départementale », sans la moindre allusion au PS.
Une droite « républicaine » tellement déboussolée, de son côté, qu’elle peine à présenter des candidatures communes (UMP-UDI-Modem) qui ne soient pas plombées par des binômes dissidents.
Un FN, enfin, tellement vide de cadres compétents, qu’il envoie au feu des bataillons de rigolos ou de pauvres gusses dont les mines font peine à voir sur leurs affiches, fréquemment déchirées par de courageux défenseurs de la démocratie et de la liberté.

En ce qui me concerne, je ne sais toujours pas pour qui voter !

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