mercredi 28 août 2013
Mourir pour le Qatar ?
C’est plus ou ce
que nous propose Hollande, depuis son discours d’hier sur la Syrie. Evidemment,
il ne l’a pas dit en ces termes. Comme de juste, nous avons eu droit à de
belles envolées sur la nécessaire « punition » d’un régime qui « gaze
des innocents », la défense de « la paix du Monde », etc…C’était
beau comme du Colin Powell à l’ONU en 2003 !
Pendant ce temps,
Britanniques et Américains font chauffer leurs états-majors et leurs « task
forces », tandis que le Qatar, la Turquie et les jihadistes se frottent
les mains…Quel bonheur de voir ces chiens d’infidèles tomber dans le panneau !
De vrais bourricots…
Car maintenant,
va falloir y aller, les gars ! Après de tels discours martiaux, les actes
doivent suivre, sous peine d’être complètement ridicule. Frappes limitées ?
Intervention plus massive ? On verra bien, mais le cycle infernal est
enclenché. Folie furieuse, quand on voit les conséquences de nos autres
équipées dans les bagages de Washington :
-Kosovo en 1999 =
épuration ethnique des Serbes et des Tsiganes, mise en place d’un Etat mafieux
aux mains de l’UCK albanaise.
-Afghanistan 2001
= ratage complet et retour à la case départ, soit le triomphe des Talibans.
-Libye 2011 =
explosion du pays, déstabilisation du Sahel et Charia à tous les étages.
Et encore, nous
ne sommes pas comptables de ce qui s’est produit en Irak à partir de 2003. Si
Sarko ou Pépère avaient été aux commandes à l’époque, nous n’y aurions pas
échappé.
Impossible de
prédire avec précision ce qui adviendra en Syrie, tant l’affaire est complexe,
mais ce ne sera pas beau. D’autant plus si, comme je l’espère, Chine, Russie et
Iran ne se dégonflent pas et viennent épauler Bachar. Si le moindre pilote
français est tué dans cette histoire, la famille pourra venir cracher sur le
portail de l’Elysée.
Car enfin,
question qui tue elle aussi, quel est l’intérêt de la France dans cette affaire ?
A l’heure où tout un chacun est sommé de faire des économies, nous allons
brûler des milliards dans une guerre absurde ? Cela va faire cher la
démonstration de joujoux Dassault, invendables par ailleurs !
Seul l’avenir
nous dira quelles sordides considérations ont pu entrer jeu dans la décision de
Hollande : faire diversion à l’approche de difficiles négociations
sociales (réformes des retraites…) ? Obscures tractations avec Washington
dans le cadre des négociations du Traité de libre-échange transatlantique (dont
personne ne parle, mais qui promet bien des horreurs économiques) ? Magouilles
avec le Qatar ? Ou tout ça à la fois ?
En tout cas, ceux
qui espéraient l’an dernier une rupture avec le Sarkozysme en sont pour leurs
frais. Hollande, au moins autant que son successeur, n’est qu’un valet du Grand
Capital, de Washington et des pétromonarchies.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire