vendredi 15 janvier 2010

Salut l’Ami, adieu la République.




 Il y a une dizaine d’années, les Guignols de l’info massacraient allègrement ce pauvre Philippe Séguin et son supposé masochisme politique (« fesse-moi avec une pelle »), alors qu’il accumulait les échecs (Européennes, municipales à Paris en 1999). Depuis, réfugié dans sa forteresse de la Cour des Comptes, le dernier des vrais gaullistes sociaux de l’UMP distribuait les cartons rouges sans trop se mêler des péripéties politiciennes, mais sans grande efficacité non plus.
Ils sont tous venus se recueillir autour de sa dépouille mortelle, avec quelques larmes authentiques pour certains (Guaino, Fillon), un assoupissement menaçant pour d’autres (Chirac), et une peine toute relative pour d’autres encore (Sarkozy). Le mammouth républicain a été enterré dans la dignité par la classe politique moderne, branchée « Europe », « Mondialisation » et « Communication ». Il me reste Chevènement et Dupont-Aignan, mais ça fait mal quand même.
           
Sagesse tropicale.

Les électeurs martiniquais et guyanais ont bien reniflé le piège, déjà tendu aux Corses il y a quelques années. Vous avez des problèmes ? Voilà plus d’autonomie pour les régler, et pas des masses de moyens, vous nous coûtez déjà assez cher ! Allez, on vous laisse vous débrouiller avec vos élus, c’est-y pas démocratique ? Ils ont dit non, les ingrats…Quelle bande de vilains jacobins assistés ! Moi, je les envie : à l’Education nationale, on nous fait le même coup, mais sans référendum.
           
FLEC for fantasy.

Les malheureux footballeurs togolais mitraillés dans l’enclave de Cabinda ont été les supports involontaires d’une belle opération marketing : rappeler au Monde l’existence du FLEC (Front de Libération de l’Enclave de Cabinda), en bisbille avec l’Angola depuis 1975. Grâce à mes lectures d’atlas historiques et d’ouvrages géopolitiques, je peux me vanter de connaître depuis longtemps l’existence de cette sympathique organisation. Mais j’ignorais les détails, notamment le fait que la fameuse enclave représente 60% des réserves pétrolifères de l’Angola, et que le FLEC a été longtemps soutenu par le Zaïre, le Congo-Brazzaville et les pétroliers français. Cela bien sûr avant que les « marxistes » de Luanda se convertissent au libéralisme et ouvrent leur pays aux capitaux étrangers. Du coup, ce pauvre FLEC ne sert plus à rien. On le lâche, alors il s’énerve en s’en prenant à un autre produit d’exportation majeur du continent noir : les joueurs de foot. C’est très logique finalement.

            Eric Rohmer.

Je dois avoir vu de lui deux courts métrages, diffusés à point d’heure et à une époque lointaine, quand j’étais encore étudiant, couche-tard et prêt à presque toutes les expériences. Je me souviens de vagues histoires de badinages, autour d’une boulangerie et de la piscine Molitor. Tellement ennuyeux que j’ai renoncé au monde Rohmérien, celui du genou de Claire, du rayon vert et tutti quanti. Faudra que j’essaye L’Anglaise et le Duc, qui avait l’air de raconter quelque chose d’intéressant.

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