dimanche 5 avril 2009

G 20 et OTAN sont dans un bateau.


Aucun n’est tombé à l’eau, mais les deux ne m’inspirent guère.
En ce qui concerne le G20, les enthousiastes de service s’émerveillent du consensus et de la belle photo de famille des grands de ce monde. Les plus sérieux, dont Jacques Attali, qui en l’occurrence me surprend positivement, ne peuvent que souligner les insuffisances du sommet de Londres. Une régulation en trompe l’œil des marchés financiers, une liste noire des paradis fiscaux qui n’engage à rien, et surtout pas les anglo-saxons, et enfin de l’argent public à nouveau injecté dans le système, par FMI interposé…mais pour quelle politique ? Celle qui consiste à étrangler les pays « aidés » pour mieux les sauver ?
Quant à notre nabot national, il aura une fois de plus fait le malin pour attirer l’attention sur lui, en menaçant de claquer la porte d’une conférence inutile. « Retenez-moi ou je fais un malheur », il nous l’a déjà joué. A force, ça n’amuse même plus.
Dans la foulée, Sarko a pu recevoir le messie Obama en la bonne ville de Strasbourg, transformée en camp retranché pour le quarantième anniversaire de l’OTAN. Le bon chien français qui revient à la niche du commandement militaire intégré a eu droit à son susucre : tape sur l’épaule du man in black, et compliment adapté à l’ego de notre omniprésident, dont Obama a vanté les qualités de « leader ». Et il bichait, le petit Nicolas, il bichait ! C’était à pleurer. Pour le coup, il aurait presque envoyé tous nos pioupious à Kaboul. Car, comme l’a écrit si intelligemment Christophe Barbier dans l’Express, nous parlons librement à Saint-Germain des Prés parce que nos forces veillent à Kandahar ! Si, si, vous avez bien lu : l’Afghanistan est notre « limes » : si on le lâche, des hordes de barbus vont déferler sur Paris.
Est-il vraiment aussi con , ou fait-il semblant ?
Petit rappel à l’usage des ignorants. L’OTAN, conçu pour nous protéger d’une invasion soviétique, aurait dû être dissoute après le Pacte de Varsovie en 1991. Les Occidentaux s’y étaient engagés. Ils ne l’ont pas fait, et nos bons maîtres américains, suivis sans rechigner par leurs laquais européens, ont assigné au « machin » une double tâche ô combien grandiose :
-lutter contre le terrorisme (qui, dans leur esprit, n’est pas une simple forme de guerre, mais un péril en « isme » à lui tout seul, tel autrefois le communisme.)
-sécuriser l’approvisionnement énergétique de l’Occident.
Evidemment, la première mission, destinée à embrigader le bon peuple, sert avant tout à « emballer » la seconde, nettement moins reluisante mais certainement plus sérieuse. La France a-t-elle intérêt à s’embarquer aveuglément dans cette canonnière ? Au vu de la situation stratégique actuelle, c’est aussi malin que de s’engager dans la division « Charlemagne » en 1943.
Journée de la jupe, et tournée des dupes.
Je ne supporte plus les films sur le plus beau métier du monde, depuis que j’ai la chance de l’exercer. Mais il paraît que celui-ci est une sorte d’anti- Entre les murs, expression en images des pédaconneries du sieur Bégaudeau. Le combat d’une prof qui pète les plombs parce qu’elle croit encore en son métier, face à une bande de crétins islamo-fascistes, racistes, sexistes, tolérés par un système hypocrite et décadent. Des barbares qui ont fait leur la phrase du nazi Baldur Von Schirach : « Quand j’entends le mot « culture », je sors mon pistolet ! »
Voilà qui donne enfin à réfléchir sur grand écran, tandis que le bon Monsieur Descoings fait son tour de France pour nous refourguer gentiment le projet Darcos à peine relooké. L’enterrement définitif de l’Ecole républicaine, mais avec le sourire.

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