Saviez-vous d’où sort son slogan magique, choisi par son staff, « Yes we can » ? Je suis en mesure de vous le révéler en exclusivité ! Ses conseillers Favreau et Axelrod doivent avoir des gosses en âge de regarder Bob le bricoleur, une série d’animation dont le héros a pour devise (en version française) : « Oui, on peut ! » Ce qui donne : « Yes, we can ! » en anglais.
Bob le bricoleur, qui répare tout, a donc davantage porté chance à Obama que Joe le plombier n’a été utile à Mac Cain. Mais dans les deux cas, il s’agit d’une pure fiction. Vous allez dire que je déconne…ben oui, mais sait-on jamais !
Autre hypothèse, dont je discutais hier avec mon frère : et si les Républicains s’étaient laissé battre ? Allons, allons, m’objectera-t-on, Mac Cain ne serait pas démené jusqu’au bout comme il l’a fait si son camp avait joué perdant dès le départ ! Et pourtant…depuis le krach boursier, début septembre, toute énergie semble avoir quitté les soutiens habituels du parti de l’éléphant. Un certain nombre de ses grandes figures, tel Colin Powell, sont même passées à l’ennemi sans que cela émeuve qui que ce soit. Contrairement aux autres élections (celles de 2000 ou 2004), où l’on a vu le grosses firmes claquer de fortes sommes et les « spin doctors » fomenter les pires coups bas, notamment contre John Kerry, là, c’est le service minimum…Obama semblait régner en maître sur les petits écrans, à grands coups de millions de dollars. En bon vieux soldat, Mac Cain s’est battu jusqu’au bout, mais tout seul, plombé par cette invraisemblable harpie de Sarah Palin censée lui attirer les suffrages des fanatiques religieux –alors que tout un chacun sait qu’une élection se gagne au centre, dans le sprint final.
Comme au Vietnam, Mac Cain a été sacrifié dans une guerre perdue d’avance. Pourquoi ? La réponse est simple : parce que les Républicains et leurs sponsors ne souhaitent plus qu’une chose : fuir les centres du pouvoir politique pour ne pas avoir à réparer les pots qu’ils sont cassés. Laisser aux démocrates l’immense champ de ruines de la crise financière, des inégalités sociales, du bourbier moyen-oriental. S’il y a une solution, merci de la trouver !
Il s’agit là, on l’aura compris, d’un repli tactique. Les lobbies du pétrole, de l’armement ou de l’agro-alimentaire vont rester en veille active, et s’efforcer de noyauter le nouveau pouvoir pour conserver leurs avantages acquis. Discrédités pour un temps, les Républicains auront besoin de quelques années pour faire oublier qu’ils étaient « le parti de George W. Bush », et trouver un autre chef de file. Si les épreuves viennent à bout d’Obama et des démocrates, le « grand et vieux parti » pourrait revenir au pouvoir en 2012 ou 2016, sa virginité plus ou moins refaite. Tout va vite en politique.
On va dire que j’exagère, mais il y a des précédents. En 1976, le démocrate Jimmy Carter entendait rompre avec l’héritage de « Nixon le tricheur », dans un contexte de crise économique et de délabrement moral. L’Amérique sortait épuisée du fiasco vietnamien, et semblait vouloir la jouer modeste. En novembre 1980, on repartait pour douze ans avec les Républicains –deux mandats pour Reagan plus un pour Bush père. Dans l’euphorie actuelle, on nous ressort Kennedy et Roosevelt, cela se comprend. But remember Jimmy Carter…
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