Je vous avez quitté à mon 80ème jour de jeu, au niveau 17. Depuis, ma bimbo a pris des vacances (forcées en milieu de mois avec le plantage de l'ordinateur), a fait quelques achats chez Nine, la boutique fashion du site, a acheté pas mal de "vêtements" pour son Dominou adoré chez Ouah Ouah Land !
Et aujourd'hui, c'est mon centième jour de délire bimboesque : ce fut long !!! et ce n'est pas fini ! J'ai atteint le niveau 18 avec 155 555 bimbo attitudes (BAs) et un QI de 287 ! Je me suis lancée dans une nouvelle formation de 30 jours : journaliste ! En effet, avec mon mari, hum devrais-je dire avec mon vieux mari Eddie, nous sommes de vrais jet-setteurs, alors je dois m'intéresser aux "Beautiful People" ! Donc, si mes calculs sont toujours corrects, je devrais passer le niveau 19, et dans la foulée le niveau 20, fin décembre. Hum, cela va être encore long ....
Le 20 novembre, presque tous les syndicats enseignants appelaient à faire grève et à manifester contre la politique éducative du gouvernement, et notamment sa fumeuse réforme du lycée. Le mouvement fut, semble-t-il, assez bien suivi. Comment faire pour l’écraser médiatiquement ? Le journal du soir de France 2 fut exemplaire de servilité sarkozyste :
1)Commencer par un sujet bien croustillant qui intéresse tout le monde ; par exemple la traque d’un vilain pervers ayant attiré une pure jeune fille dans ses bras. La môme était consentante ? Qu’à cela ne tienne, on embraye sur un sujet proche, la pédophilie. Y passer dix bonnes minutes.
2)Après seulement, aborder la colère des enseignants. Ne pas trop creuser. Le sujet, il est vrai, est complexe. Quelques images de manifs, avec commentaires appropriés (« un mouvement moins suivi que les précédents ») puis lancer très vite la question du service minimum à l’école, grand souci des usagers. Fustiger les communes qui ne respectent pas la loi. Conclure sur le Ministre Darcos en visite dans une école, le laisser commenter la journée et saisir ses meilleurs propos aux enfants : « Soyez bien sages ! » Au total, entre cinq et dix minutes.
3)Passer à autre chose… « bonne nuit les petits », par exemple ?
La nuit du déchirement.
Un beau titre pour la série des Mystères de l’Ouest, mais cela n’est qu’un épisode de plus de l’histoire mouvementée du PS. Drôles de dames aurait pu aussi convenir. Ou Une poignée de voix…Martine dit qu’elle a gagné (avec quelques clopinettes d’avance). Ségolène dit qu’elle a triché, et qu’il faut rejouer. Pendant que les poules se piquent le bec, le petit Nicolas rigole.
Dans cette affaire, je suis partagé entre le rire et une très légère affliction. Le rire, on aura compris pourquoi. L’affliction, à cause du plaisir que cela fait à la droite au pouvoir, dont certains font semblant de pleurer : « comme c’est triste pour la démocratie ! » Tu parles…Certes, l’UMP n’a pas de leçon de démocratie à donner au PS. Mais les accusations de fraude que s’envoient les factions en présence sentent plus les magouilles féodales que l’air pur de la République des citoyens. Faudra-t-il des observateurs internationaux pour le prochain scrutin interne au PS ?
En attendant, pour qui aurais-je voté si j’avais été encore dans cette galère ? Hamon au 1er tour, mais après ? Martine Aubry, c’est la vieille coalition de l’époque jospinienne…Non !
Ségolène Royal ? Pour les idées, soit, mais le charisme ? A moins qu’elle ne fasse encore de gros progrès (se faire refaire la voix, par exemple), elle reste dramatiquement mauvaise dans ses interventions publiques. Quant à ce qu’elle donnerait aux commandes du pays…
Quoiqu’il en soit, si le PS doit exploser, qu’il le fasse maintenant. Il lui reste encore quatre ans (mettons trois) pour repartir à l’assaut du pouvoir. Autant tout casser et tout refaire, comme chantait l’autre, plutôt que de décoller poussivement et de s’éparpiller en vol face à la machine de guerre sarkozyste.
Une bonne nouvelle quand même : le lancement d’un nouveau parti, « Debout la République », du sympathique Nicolas Dupont-Aignan. Bonnes idées, chef digne de ce nom. Que n’a-t-il le budget de l’UMPS ! Bon vent quand même…
Extrait de l’émission Fichu dimanche, animée par Marcel Truquet, enregistrée le samedi 20 décembre dans les studios de Téléfrance 1 (Mylène de Castelbougeac y interroge Jean-Marie Fondar déguisé en Fantômarx) :
« Mylène de Castelbougeac : M. Fantômarx…
Fantômarx : Restons simple, ma jolie…appelez-moi Marx !
MdC : Si vous voulez. Mais à mon avis, « fantôme » tout court vous irait mieux. Cela fait plus d’un mois que vous ne donnez plus signe de vie. Votre dernier coup, si j’ose dire, remonte à la découverte de ce pauvre Monsieur Bouteflamme, retrouvé en caleçon sur le parking d’une enseigne discount de l’Essonne, beuglant sans cesse : « je ne suis pas le père de l’enfant de Farida Cherki ! ». Avez-vous décidé de remplir les hôpitaux psychiatriques de personnalités politiques ?
F : [reniflement de mépris] Vous ne comprenez rien, ma pauvre petite, ou alors vous ne vous tenez pas au courant. Je n’ai cessé, au contraire, de m’activer ces derniers temps à la destruction du monde capitaliste ! L’embuscade contre les soldats français en Afghanistan, par exemple…
MdC : C’était vous, ça ?
F : Evidemment…en l’occurrence, j’ai laissé mes amis talibans tirer la couverture à eux, ou plutôt le tapis, en ce qui les concerne…[rire caverneux]. Mais jamais ils n’auraient pu faire autant de dégâts sans mon aide.
MdC : Laissez-moi deviner la suite…la crise boursière, c’est vous aussi ?
F : Cela va de soi. Quel bonheur de voir tant de spéculateurs ruinés !
MdC : Et d’entreprises mises en faillite ! Que faites-vous de tous ces chômeurs ?
F : Simples dégâts collatéraux. J’ai moi-même perdu pas mal de fric dans les paradis fiscaux où je l’avais placé. Chacun sa merde, si je puis me permettre…
MdC : A ce propos, ne craignez-vous pas que la proposition de Lucas Zarkos de combattre ces paradis fiscaux ne soit dangereuse pour vous ?
F : Ne me parlez pas des gesticulations de ce nabot ridicule. Autant lui demander le retour du beau temps. D’ailleurs, à ce propos…
MdC : Ne me dites pas que vous êtes pour quelque chose dans les intempéries de ces derniers jours !?
F : Eh si, ma chère ! Vague de chaud, vague de froid, inondations et tempêtes, rien ne m’est étranger. Quand je vous disais que je n’étais pas en vacances ! [rire tonitruant s’achevant en toux pitoyable]
*
Il était un peu plus de neuf heures ce dimanche matin, quand Jean-Marie Fondar, en short et tee-shirt, se mit en devoir de s’échauffer les muscles sur son rameur de fabrication allemande. Après quoi, un bon footing en bord de Seine et une partie de squash au club de gym achèveraient de le remettre en forme. Le reporter vedette du Beaumarchais était plutôt content de sa prestation télévisuelle enregistrée la veille. C’était la première fois qu’il s’essayait au genre parodique, et Marcel Truquet lui avait assuré qu’il y avait toute sa place, en tandem ave la belle Mylène.
« Toujours aussi bandante, celle-là ! songea-t-il en accélérant la cadence de ses coups de rame, avec un zeste de rage. La belle blonde s’était une fois de plus refusée à ses avances, lors du pot de fin d’émission.
-Je ne suis pas sûre qu’il y ait encore de la place pour moi dans ton agenda, avait-elle grincé. Tu fréquentes tant de beau monde…
-Si tu fais allusion à Amara N’Diaye, je te signale que c’est fini.
-Et avec Valérie Moriscot-Coryzet, c’est toujours du développement durable ?
Il avait failli s’en étouffer avec son champagne. Sa relation avec la jeune Secrétaire d’Etat à l’environnement, une rousse flamboyante, devait pourtant rester ultrasecrète.
-Co…comment sais-tu que…
-Ce qu’il y a de bien avec toi, c’est que tu es trop fier de tes succès pour faire semblant de nier. Quant à trahir mes sources, tu peux te brosser.
-Tes sources ! Pas difficile à deviner : ce doit être cette névrosée de Bérénice. Elle saute sur tout ce qui bouge, mais cela ne l’empêche pasde surveiller quiconque s’approche de son épave de mari.
-Epave peut-être, mais il paraît qu’il assure. Ta chère Valérie en sais quelque chose, je crois…que veux-tu, il faut les comprendre : ils doivent s’ennuyer à mourir à faire semblant de défendre ce qui nous reste d’environnement. Fais gaffe à toi, mon mignon, il paraît que ta rouquine raffole des jeunes journalistes biodégradables !
« La salope ! » gronda-t-il en forçant encore l’allure. La sonnerie de son téléphone fixe vint troubler la quiétude de son appartement. Pas de fioriture musicale, une bête sonnerie bien casse-pied. Jean-Marie laissa courir, attendant que le répondeur se charge de l’emmerdeur du dimanche matin.
« Je sais que vous êtes là, M. Fondar, dit une voix au timbre métallique. Libre à vous de continuer à ramer, mais je crois que ce serait une erreur… »
Jean-Marie Fondar se redressa d’un coup, une soudaine poussée de sueur au front qui ne devait rien à ses exercices. Il regarda nerveusement autour de lui, cherchant vainement où pouvait bien se cacher la caméra qui l’espionnait. La déco dépouillée de son appartement de célibataire laissait peu de possibilités. La litho de Mykonos ? L’étagère aux coupes sportives ?
La bibliothèque ? L’écran plat ?
-Ne perdez pas votre temps, M. Fondar. La technique moderne fait des miracles de miniaturisation. Je vous conseille de décrocher. On ne fait pas attendre quelqu’un comme moi.
Le jeune homme saisit le combiné d’une main moite.
-Fantômarx, je présume ? Ou une bonne blague bien montée ?
-Vous vous croyez tellement célèbre que l’on chercherait déjà à vous piéger ? [ rire méprisant]
Parlons plutôt de vos talents d’imitateur…
Jean-Marie avala péniblement sa salive. L’émission venait tout juste d’être mise en boîte, et ne devait être diffusée que l’après-midi. Le salaud avait des antennes partout !
-Je pensais que vous aviez le sens de l’humour, lança-t-il d’une voix qui se voulait assurée.
-Et vous pensez bien. C’est justement pour cela que j’ai décidé, pour la première fois, d’accorder une interview à la presse décadente de ce pays. J’ai longtemps hésité quant à la personne qui aurait cette faveur. L’émission d’hier a fait pencher la balance : ce sera donc vous, ainsi que votre adorable collègue, qui recueillerez mes confidences.
-Où ? Et quand ?
Il y eut un rire plus léger que d’habitude au bout du fil.
-J’aime les gens de votre espèce…toujours droit au but, comme avec les femmes, n’est-ce pas ? Ça passe ou ça casse !
Jean-Marie rougit jusqu’aux oreilles. Cet empaffé devait avoir une fiche complète sur lui !
-Venons-en au fait, s’il vous plaît…
-Et l’humour, jeune homme ? Et l’humour ? Bon, vous avez raison. Vous disposez, je crois, d’un merveilleux téléphone portable avec oreillette et petit micro, une merveille de discrétion tout en branchitude, de marque finlandaise…
Jean-Marie était partagé entre la fureur et la panique.
-Cessez de jouer avec moi, putain !
-Quelle grossièreté ! Mais je vous pardonne…d’ailleurs, ce serait plutôt à moi de m’excuser de faire ainsi intrusion dans votre petite vie. Mettez donc votre appareil, habillez-vous décemment et attendez mes instructions.
Un simple clic mit fin à ce premier échange.
*
A moins d’une centaine de mètres de là, à l’intérieur d’une fourgonnette jaune banalisée, trois hommes attendaient dans une pénombre relative. Les diodes et les cadrans lumineux d’une foultitude d’appareils électroniques éclairaient d’une lueur verdâtre leurs visages tendus. Le « sous-marin », véhicule espion du GASP (Groupe d’action spéciale de la présidence), venait de capter une communication du plus haut intérêt.
-Poussin à mère poule, dit l’un des gars dans son micro, le poisson a mordu. Attendons instructions.
*
Un peu avant dix heures, Mylène de Castelbougeac fut tirée des bras de Morphée par d’incessants coups de sonnettes. Après avoir grommelé d’abominables insultes, la jeune femme finit par capituler devant l’insistance de l’emmerdeur. Elle s’enveloppa dans un peignoir rose et traversa son petit appartement encombré de meubles anciens dépareillés et d’œuvres d’art d’un goût douteux.
« Mmouais... ? grogna-t-elle dans l’interphone.
-Ah, quand même ! s’exclama Jean-Marie Fondar. Madame daigne se lever !
-Si j’avais su que c’était toi, je ne me serais pas donnée cette peine ! C’est dimanche, alors bon dimanche, sous vos applaudissements, comme disait l’autre ringard…
Elle allait raccrocher méchamment quand son collègue poussa un beuglement :
-Nooon ! Je t’en prie ! C’est pas des conneries ! Nous tenons le scoop du siècle ! Que dirais-tu d’une vraie interview de Fantômarx ?
Dans le hall de la résidence du Jardin des Plantes, sise rue Buffon à quelques pas du Muséum d’Histoire naturelle, Jean-Marie piétinait rageusement devant l’interphone. Il jeta un regard circulaire autour de lui, indifférent à l’atmosphère cossue des lieux. Personne ne l’avait entendu brailler.
Après d’interminables secondes et un profond soupir, la voix de Mylène crachota dans l’appareil :
-C’est bon. Je suis en bas dans dix minutes. Si tu t’es foutu de moi, je te les écrase…
-Les pieds ou les… ?
-Crétin.
Huit minutes plus tard, la belle était devant lui, dans un tailleur bleu impeccable, parfaitement maquillée, petit sac en cuir en bandoulière. Personne n’aurait pu croire que cette superbe blonde avait été un jour décoiffée, la mine basse et les yeux bouffis de sommeil. Jean-Marie lâcha un sifflement admiratif :
-Et on dit que les filles mettent un temps fou à se pomponner ! Tu m’attendais, ma parole ?
-Fais-moi le topo, sans te foutre de moi, je ne suis pas d’humeur. »
Ils s’éloignèrent dans le parc de la résidence, baigné de la rumeur lointaine de la cité qui ne troublait pas la quiétude des lieux. En quelques minutes, Mylène fut au parfum. Ses yeux verts étincelaient.
-Si ce n’est pas un canular, mon grand, je comprends que tu m’aies sortie des plumes ! Et où va-t-on maintenant ?
-Aucune idée…il doit m’appeler incessamment pour me donner la suite du programme. C’est lui qui commande, ma chère.
-Et c’est lui qui t’as demandé de te fringuer comme ça ?
Le jeune homme portait un survêtement et des chaussures de sport, un bonnet de laine, et bien entendu son portable à oreillette. Mylène pouffa :
-Le parfait joggeur du dimanche !
-C’est malin…mais qui rigolera s’il faut piquer un sprint ? Mademoiselle et ses talons hauts ? Nous risquons peut-être de tomber dans un fameux traquenard. Rappelle-toi ce journaliste de Minute convoqué par Jacques Rismaine, l’ennemi public numéro un des années 70.
-J’étais à peine née, et toi pas davantage ! D’ailleurs, s’il avait été en survêt’, cela ne l’aurait pas protégé des balles de cet assassin…
-En tout cas, il n’a pas voulu que je prenne ma bagnole. Fous-toi de moi, mais je serai mieux pour marcher.
Le portable de Jean-Marie se mit à vibrer.
-Alors, les tourtereaux sont réunis ? ricana la voix métallique.
-On peut dire ça, grimaça le journaliste en fixant sa collègue aux aguets.
-Vous direz à votre charmante amie que le bleu lui va très bien.
Jean-Marie eut un léger sursaut, et regarda à nouveau soupçonneusement autour de lui. Le parc était désert. Il vit passer dans la rue, derrière le grillage de clôture, deux joggers et un cycliste. Une voiture fila sans s’arrêter. La façade du Musée juste en face, peut-être ?
-Si c’est pour me faire comprendre que vous nous matez n’importe où, c’est réussi.
-Vous pigez vite. Allez maintenant à la station de métro de Jussieu. Je vous rappelle là-bas.
*
A cinquante mètres sous l’Elysée, une annexe du PC Jupiter (QG de la force de frappe nucléaire et abri du président de la République) abritait les locaux de commandement du GASP. Dans la salle d’opérations, l’état-major restreint, entouré des quelques techniciens, avait les yeux braqués sur le grand écran luminescent où s’affichait un plan géant de la capitale. Ils suivaient particulièrement un point rouge clignotant qu’un agrandissement de l’écran tactile permit de mieux localiser. Les traceurs posés à leur insu sur les vêtements de Jean-Marie Fondar et de Mylène de Castelbougeac fonctionnaient à merveille. Une équipe spéciale s’en était chargé pendant que les deux journalistes enregistraient leur émission dans les studios de Téléfrance.
-Ils remontent la rue Geoffroy, commenta un type assez âgé au collier de barbe grise surgi tout droit des années 70. On a du monde par là ?
-Un cycliste, un autre gars en scooter les suivent à distance. L’hélico et le commando viennent de décoller, répondit son plus proche voisin, un moustachu à la mine patibulaire. Ils n’attendent qu’un ordre pour converger.
-Il ne faudra pas se planter, dit un autre homme d’apparence juvénile, avec un léger cheveu sur la langue. La chèvre est en deux exemplaires. Pour le gars, ce Fondar, ça ne pose pas de problème…il n’a plus aucune famille connue. Le pigeon idéal : un petit jeune homme bien-pensant, tout dévoué au système libéral qui lui a tant donné. Son père et son frère sont morts quand il avait deux ans. Sa mère était fille unique, elle est décédée l’an dernier.
Le barbu approuva.
-L’appât idéal, facile à sacrifier.
-Et à manipuler, tant ce petit con est arriviste, ajouta le moustachu. Il a vraiment cru qu’il démarrait hier une carrière dans le show-biz ! Le plus dur a été de convaincre Marcel Truquet d’embaucher ce rigolo. Heureusement que Truquet est un grand pote du président. Les balades en vélo autour du bassin d’Arcachon, ça crée des liens…Quant au PDG de Téléfrance, c’est Zarkos qui l’a nommé !
Le plus jeune ricana :
-Et ce Fondar sera facile à faire taire, tout journaleux qu’il est. Avec sa manie de coucher avec des secrétaires d’Etat mariées…la black, la rouquine : au moins il n’est pas raciste ! Par contre, la fille, c’est moins évident. Une famille bien bourge, avec plein de relations dans les médias et les milieux artistiques.
Le barbu hocha la tête.
-Ouais, il est fâcheux que Fantômarx ne ce soit pas contenté du petit con.
-Si c’est bien lui qui l’a contacté, tempéra le moustachu. J’ai du mal à croire que notre combine marche si facilement, alors que toutes les pistes que nous avons suivies jusque là n’ont conduit qu’à des impasses. Cette Fatoumata que nous avons choppée à Bamako n’avait rien à raconter, sinon les petits jeux cochons de Bouteflamme. Les Maliens ont eu beau la charcuter, rien à faire…Et là, paf, bingo ! Non, les gars, j’ai un doute.
Le jeunot haussa les épaules.
-Les coups de bol, ça existe. Je suis persuadé qu’en visant son orgueil, nous avons touché juste. Les profileurs sont formels.
Il y eut un silence, durant lequel les trois hommes contemplèrent la progression de leurs appâts.
-Métro Jussieu, lança un technicien. Le couple descend dans la station. L’agent 5-D est le plus près, et attend les consignes.
-Qu’il descende aussi, ordonna le barbu. On n’aura pas de problème de pistage en sous-sol ?
-Pas dans le métro, précisa le technicien, grâce aux bornes wi-fi qui font relais. Le satellite peut continuer à les tracer.
-N’empêche qu’il vaut mieux les avoir à l’œil ! grommela le barbu. Et pas moyen de localiser l’origine des appels reçus par Fondar ?
-Non. Ils sont trop courts, et envoyés d’un téléphone fixe, probablement de différents postes, des cabines téléphoniques par exemple. Le gars est malin, et bien équipé. Il doit se servir d’un routeur pour utiliser à distance plusieurs appareils très éloignés. On ne l’aura pas comme ça…
*
Mylène et Jean-Marie s’engouffrèrent dans la station de Jussieu sans un regard pour les bâtiments hideux de la faculté des sciences, véritable verrue de ce quartier historique. Ils furent bientôt sur le quai, peu fréquenté en ce dimanche matin où le soleil n’incitait guère aux balades en sous-sol. Comme d’habitude, l’air y était chaud et poisseux.
Le téléphone de Jean-Marie s’était remis à vibrer.
-Oui ?
-Vous prendrez la prochaine rame, direction La Courneuve. Vous êtes sur le bon quai ?
-Oui, oui…
-Bien. A très bientôt.
Jean-Marie et Mylène embarquèrent cinq minutes plus tard. Ils ne pouvaient s’empêchaient de scruter les autres voyageurs, essayant de deviner quel mouchard Fantômarx avait pu mettre à leurs trousses. Un type assez costaud, à la mine sombre et en tenue de sport, retint particulièrement leur attention. Son baladeur et le petit micro dépassant du col de son blouson pouvaient faire de lui un suspect idéal. Le problème était que ce genre de gadget était devenu d’une banalité affligeante, et qu’un bon dixième des usagers du métro en étaient pourvus.
A la station Châtelet, les deux journalistes reçurent la consigne de descendre et de changer de ligne, passant de la 7 à la 11, direction Mairie des lilas. On leur fit encore changer à République pour la Gare de l’Est, retrouvant ainsi la ligne 7. En quelques stations, la faune avait nettement changé, passant de la teinte rose pâle au marron ou à l’anthracite. Le costaud en survêt avait disparu. Mylène allait le faire remarquer à son compagnon, quand le téléphone de celui-ci se manifesta à nouveau :
-Vous êtes suivis, fit laconiquement la même voix métallique. Et pas seulement par mes hommes.
-Je vous assure que nous n’y sommes pour rien ! dit précipitamment le jeune homme, un peu trop fort.
Mylène lui fit signe de baisser d’un ton, sous le regard morne des autres voyageurs, souvent eux-mêmes plongés dans la musique de leurs joujoux à oreillettes.
-Je vous crois, M. Fondar, et je ne soupçonne nullement votre charmante amie. La flicaille se passe visiblement de votre consentement pour vous manipuler. A Stalingrad, vous descendrez rapidement et prendrez la rue de Kabylie. Sonnez au numéro 3.
*
L’agent 19-D, une Antillaise d’allure fort banale, signala aussitôt la descente des deux appâts. Elle reçut l’ordre de leur filer le train.
-Ne les lâchez pas d’une semelle ! Vous allez être seule dans le secteur pendant cinq minutes, avant que les renforts ne soient là. On compte sur vous !
-Entendu ! fit la femme en se lançant sur les pas du couple.
Ce dernier retrouva la lumière du jour, et la bonne odeur de gazole frais vint remplacer les remugles du métro dans leurs narines blasées de Parisiens. Jean-Marie et Mylène, suivis de peu par l’Antillaise, traversèrent le boulevard de la Chapelle et s’engagèrent dans la rue de Kabylie. Le numéro 3 était au-delà de l’angle que formait la rue. Une porte blindée, donnant accès à un immeuble en rénovation. Il y avait une sonnette flambant neuve avec plusieurs boutons, dont l’un était marqué d’un point rouge.
-Je suis sûre que c’est sur celui-là qu’il faut appuyer, souffla Mylène.
-C’est logique, approuva Jean-Marie en pressant dessus.
Une voix étrange, apparemment enregistrée, grésilla aussitôt :
-Entrez et montez au troisième étage, deuxième porte à gauche.
Il y eut un déclic, et la porte s’ouvrit sur un couloir obscur. L’allumage automatique du plafonnier révéla un bric à brac de pots de peinture, de sacs de plâtre et d’escabeaux. Ils avaient tout juste la place de se faufiler jusqu’à un escalier fraîchement repeint. La porte d’entrée se referma derrière eux dans un claquement sec. Jean-Marie et Mylène échangèrent un regard plein d’appréhension avant de gravir les marches en ciment. Alea jacta est !
*
La tension était à son comble au QG du GASP. Cela faisait bientôt vingt minutes que les appâts étaient entrés dans l’immeuble de la rue de Kabylie. L’agent D-19 avait été rejointe par une fourgonnette d’écoute et d’intervention, avec un commando de six hommes en civil. Une autre équipe de six hommes encerclait tout le pâté d’immeubles compris entre la rue de Kabylie, celle de Tanger et le boulevard de la Chapelle. La police venait d’être mise en alerte avec pour consigne de ne pas s’interposer, mais de se tenir à la disposition du GASP. On comptait sur elle pour maintenir les badauds à distance.
Enfin, plus en altitude, un hélico bourré d’électronique balayait le secteur d’intervention de ses caméras à rayon X, détecteurs infra-rouges et autres micro-lasers directionnels.
Devant les écrans de la salle de contrôle, les trois chefs du GASP réceptionnaient les données que commentaient les techniciens :
-Ils sont toujours dans cet appartement du troisième étage, sans bouger. Deux personnes assises, deux autres debout. Personne d’autre dans l’immeuble, apparemment. L’un des types debout parle le plus souvent, et semble répondre aux questions des deux personnes assises. Le quatrième ne dit rien.
-On arrive bien à capter ce qu’il raconte ? demanda le moustachu.
-Impec’…vous en voulez un extrait ?
L’homme à barbe grise acquiesça.
« …d’après vous, la situation financière mondiale annonce-t-elle la fin du capitalisme ?
-Ce serait trop beau, la bête a des ressources ! Mais elle est touchée, elle saigne…c’est le moment d’en finir… »
-Que donnent les analyses de voix ? demanda le jeune homme au cheveu sur la langue.
-Nous avons recoupé différents enregistrements vocaux par ordinateur. Les probabilités d’avoir affaire à Fantômarx, Fondar et Castelbougeac sont d’au moins 90%.
-On les tient ! s’exclama le jeune homme. Que j’aimerais être là-bas !
Tous les regards convergèrent sur l’homme à barbe grise. C’était à lui de donner l’ordre. Le commissaire Francis Labrousse, ancien chef de la brigade anti-gang, était un homme d’expérience. C’était pour cela que le président l’avait choisi pour diriger le GASP.
« Je vais vous dire une chose, Francis, lui avait-il dit en lui prenant le bras : je crois que pour cette mission, vous serez le meilleur ! C’est vous qui avez eu la peau de Rismaine en 1978. Les bien-pensants vous ont reproché de l’avoir abattu sans sommations, mais moi, je sais que vous avez bien fait. Qu’est-ce vous deviez faire, qu’est-ce vous pouviez faire ? Vous avez fait le bon choix…il y a des types qu’il faut buter purement et simplement. Vous aurez tous les moyens possibles pour éliminer Fantômarx, et vous choisirez vos collaborateurs. Mais vous travaillerez en marge de la loi, pour les écoutes et le reste. Alors, ni vu ni connu, d’accord ? »
Labrousse avait donc constitué son équipe, avec pour adjoints immédiats des anciens des services spéciaux ayant travaillé pour Mitterrand et Chirac dans toutes sortes de coups tordus : le commandant Pourteau (le moustachu) et le capitaine Bourrel (l’éternel jeunot au cheveu sur la langue). Pour la partie « choc », des éléments du GIGN et du GIPN avaient été sélectionnés avec le plus grand soin, et le tout financé sur fonds secrets.
Et voilà…c’était le moment de vérité.
-Le commando est prêt ?
-Ils n’attendent que le « go ».
-Bien. Ils connaissent les consignes ?
-Protéger la nana en priorité, le mec ensuite. Flinguer les deux autres. Aucune prise de risque, on vise la tête. C’est Terrasson qui mènera l’assaut. Le meilleur.
Saviez-vous d’où sort son slogan magique, choisi par son staff, « Yes we can » ? Je suis en mesure de vous le révéler en exclusivité ! Ses conseillers Favreau et Axelrod doivent avoir des gosses en âge de regarder Bob le bricoleur, une série d’animation dont le héros a pour devise (en version française) : « Oui, on peut ! » Ce qui donne : « Yes, we can ! » en anglais.
Bob le bricoleur, qui répare tout, a donc davantage porté chance à Obama que Joe le plombier n’a été utile à Mac Cain. Mais dans les deux cas, il s’agit d’une pure fiction. Vous allez dire que je déconne…ben oui, mais sait-on jamais !
Autre hypothèse, dont je discutais hier avec mon frère : et si les Républicains s’étaient laissé battre ? Allons, allons, m’objectera-t-on, Mac Cain ne serait pas démené jusqu’au bout comme il l’a fait si son camp avait joué perdant dès le départ ! Et pourtant…depuis le krach boursier, début septembre, toute énergie semble avoir quitté les soutiens habituels du parti de l’éléphant. Un certain nombre de ses grandes figures, tel Colin Powell, sont même passées à l’ennemi sans que cela émeuve qui que ce soit. Contrairement aux autres élections (celles de 2000 ou 2004), où l’on a vu le grosses firmes claquer de fortes sommes et les « spin doctors » fomenter les pires coups bas, notamment contre John Kerry, là, c’est le service minimum…Obama semblait régner en maître sur les petits écrans, à grands coups de millions de dollars. En bon vieux soldat, Mac Cain s’est battu jusqu’au bout, mais tout seul, plombé par cette invraisemblable harpie de Sarah Palin censée lui attirer les suffrages des fanatiques religieux –alors que tout un chacun sait qu’une élection se gagne au centre, dans le sprint final.
Comme au Vietnam, Mac Cain a été sacrifié dans une guerre perdue d’avance. Pourquoi ? La réponse est simple : parce que les Républicains et leurs sponsors ne souhaitent plus qu’une chose : fuir les centres du pouvoir politique pour ne pas avoir à réparer les pots qu’ils sont cassés. Laisser aux démocrates l’immense champ de ruines de la crise financière, des inégalités sociales, du bourbier moyen-oriental. S’il y a une solution, merci de la trouver !
Il s’agit là, on l’aura compris, d’un repli tactique. Les lobbies du pétrole, de l’armement ou de l’agro-alimentaire vont rester en veille active, et s’efforcer de noyauter le nouveau pouvoir pour conserver leurs avantages acquis. Discrédités pour un temps, les Républicains auront besoin de quelques années pour faire oublier qu’ils étaient « le parti de George W. Bush », et trouver un autre chef de file. Si les épreuves viennent à bout d’Obama et des démocrates, le « grand et vieux parti » pourrait revenir au pouvoir en 2012 ou 2016, sa virginité plus ou moins refaite. Tout va vite en politique.
On va dire que j’exagère, mais il y a des précédents. En 1976, le démocrate Jimmy Carter entendait rompre avec l’héritage de « Nixon le tricheur », dans un contexte de crise économique et de délabrement moral. L’Amérique sortait épuisée du fiasco vietnamien, et semblait vouloir la jouer modeste. En novembre 1980, on repartait pour douze ans avec les Républicains –deux mandats pour Reagan plus un pour Bush père. Dans l’euphorie actuelle, on nous ressort Kennedy et Roosevelt, cela se comprend. But remember Jimmy Carter…
Les administrateurs du jeu lancent chaque semaine des nouveautés, avec entre autres pour fêter Halloween : des vêtements (dont une robe vampire et la fameuse jupe citrouille que je porte, vous remarquerez le magnifique crucifix autour de nos cous et la tête de mort sur mon bustier orange !) des lanternes citrouilles, des tombes, de la brume et un décor fantomatique pour le bureau (ah oui j'avais oublié, nous avons un bureau à aménager).
Bon sinon toujours au niveau 17 et plus que 20 jours d'attente pour ce fichu niveau 18 où je vais devoir encore patienter 30 jours pour faire ma formation de journaliste avant d'atteindre le niveau 19 ! Les objectifs du niveau 18 sont simples : devenir journaliste, voter dans l'élection miss bimbo, avoir 120 000 points de BA (demain ce sera chose faite), se teindre les cheveux en blanc et avoir le teint hyper bronzé ! Les objectifs du niveau 19 ne devraient poser aucun problème : il me faut 500 vêtements dans ma garde-robe (à ce jour j'en ai 417) et la panoplie spéciale "Heroic Fantasy" est déjà achetée ! Donc, si tout va bien : dans une cinquantaine de jours : je passe du niveau 18 au niveau 19 et au niveau 20 dans la même journée (pour le niveau 20 : j'ai déjà le QI supérieur à 180, et d'après mes calculs, j'aurais les 180 000 points de bimbo attitude nécessaires), il ne me restera plus qu'à quitter Eddie Berklaid (mon vieux mari !) et trouver un nouveau mari, (une jeune informaticien) un certain Kounette ! et après ..... le premier niveau caché : le niveau 21 !!! .......
En attendant, voici un petit rappel de ma vie de bimbo : le 10 octobre dernier : je mettais en ligne un tutoriel sur le jeu du "range ton sac" le 13 octobre : la barre des 1000 défis était atteinte ! (c'est un des objectifs dans les niveaux cachés et je ne vous dirai pas comment je le sais !) le 16 octobre : je fêtais mes 60 jours de jeu et 242.6 de QI et entre temps je trouvais une marraine dans le jeu : une "gentille fée" du nom de Minossi (parrainage entre bimbos pour échanger sur le jeu etc ...). Minossi a 37 ans et est au niveau 35 : je suis devenue peu de temps après sa "fille bimbo" ! Oui les bimbos ont une famille dans le jeu ! 18 octobre : 61700 ème position, 1083 défis gagnés et 85 528 BA le 22 octobre : je mettais en ligne un nouveau tutoriel sur le jeu "le kemo" (ben oui, j'avais envie de faire partager mes astuces pour gagner à cet autre jeu) 8 novembre : 52509 ème position : je grignote des places !!! 80ème jour de jeu, 269.8 de QI et 118 525 BA et 1304 défis gagnés !
Jusqu’au bout, j’ai eu la trouille que les commentaires triomphalistes de certains ne portent la poisse à Barack Obama. Mais ouf ! Joe la Frite a pris sa raclée et peut enfin se retirer en Arizona. Pour une fois, je me rallie donc au chœur politiquement correct qui appelait de tous ses vœux la victoire de ce jeune président métissé –voire cosmopolite- cultivé et charismatique. Il faut dire qu’entre ce gaillard et l’héritier du bushisme, il n’y avait pas photo.
Il était plus que nécessaire, pour les Etats-Unis comme pour le Monde, de tourner la page de huit années catastrophiques.
Mais après ? Obama peut-il être un nouveau Kennedy, comme d’aucuns le souhaitent ? Vu ce qu’était vraiment JFK, et la manière dont il a fini, ce ne serait pas une très bonne chose. Un nouveau Roosevelt me conviendrait mieux, et serait plus adapté aux temps de crise que nous vivons. Reste à savoir si un « New Deal » est encore possible. Obama peut-il tenir tête aux lobbies du pétrole, de l’armement, de l’évangélisme militant, et de toutes ces firmes qui font la politique des Etats-Unis depuis si longtemps ? Ou ne sera-t-il qu’une marionnette de plus à la Maison Blanche, un produit d’appel destiné à rassurer les investisseurs et les élites mondialisées ?
Les Etats-Unis ont là une chance historique. Reste à savoir s’ils sont encore en état de la saisir.
Le pays des droits de l’homme ?
Cela peut paraître bien petit à côté de ce qui précède, mais ô combien significatif.
1)Un fabricant de poupées vaudou humoristiques à l’effigie d’hommes et de femmes politiques est traîné en justice par Sarkozy. Débouté, notre susceptible président fait appel. On peut ridiculiser Mahomet, mais pas notre Dieu vivant. Ni lui ressortir ses grands mots (« Casse toi, pauv’con », écrits sur un panonceau par un manifestant grincheux). Il est à l’abri de la justice, mais peut s’en servir à tout moment pour frapper quiconque lui déplaît.
2)Quant à notre justice, elle pratique de plus en plus souvent la religion de l’autocritique et de l’expiation morale. Ainsi Jean-Marc Rouillan, l’ex-terroriste d’Action Directe, libéré par anticipation pour bonne conduite, doit-il repartir en taule pour avoir déclaré qu’il ne regrettait pas l’assassinat du patron de Renault en 1986. Il pouvait le penser, mais pas le dire !
Quiconque verra un quelconque point commun entre notre belle République et la Monarchie absoluesera un mauvais Français.
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