mardi 31 janvier 2012

le Nabot au fond de la mine ?

mardi 31 janvier 2012

    Le Nabot au fond  de la mine ?

Il semblerait, à voir l’effet quasi-nul de sa prestation télévisuelle de dimanche soir. Il a eu beau se démener, sur au moins six chaînes aux ordres ou complaisantes, devant des « journalistes » qui ne l’étaient pas moins, les derniers sondages sont meurtriers. Pour combattre le chômage, redevenu sujet de préoccupation n°1 des Français, 15% seulement des sondés lui feraient confiance, contre 29% à Hollande. Plus grave encore, Sarko serait au coude à coude avec la Walkyrie de Montretout pour le 1er tour, au point de faire redouter aux bonnes âmes un « 21 avril à l’envers. »
Expression à la con, s’il en est, car qu’est-ce qu’un « 21 avril à l’endroit » ? Un « 12 lirva » ?
Borloo, après avoir agité l’hypothèse d’un ralliement à Bayrou, vient finalement de déclarer son soutien au candidat non toujours non déclaré. Car le plus frustrant de ce pénible show présidentiel fut de voir un candidat vendre sa soupe sans oser dire franchement qu’il sollicitait un second mandat. Sinistre bouffonnerie d’un triste sire, tapant dans les caisses publiques et défiant tout règlement sur les temps de parole pour mener une campagne qui ne dit pas son nom.
Les élus et cadres de l’UMP ont le moral aussi tire-bouchonné que les chaussettes de Borloo, mais le Petit Nicolas en a reçu une palanquée au Château pour les regonfler. Car apparemment, il y croit encore. Mais prudence…je ne serai vraiment rassuré que lorsque ce démolisseur de la République sera défait dans les urnes, et enterré politiquement six pieds sous terre.

    Germanomanie.

Nos élites libérales, de droite mais pas seulement, ne jurent plus que par l’Allemagne. L’Allemagne a allégé les charges sociales en utilisant la TVA du même nom ? Génial, on fait pareil ! L’Allemagne a légalisé le chômage partiel pour rester « compétitive » ? Génial, on fait pareil !  L’Allemagne a enterré son modèle rhénan pour adopter un libéralisme de plus en plus dur avec les faibles ? Génial, on fait pareil ! L’Allemagne pratique une stricte séparation des pouvoirs, surveille rigoureusement ses élus et leurs dépenses, et sanctionne leurs écarts ainsi que ceux des grands patrons ? Heu…ouais…pas mal, mais bon, faut pas exagérer…les mentalités ne sont pas les mêmes chez nous…nous n’avons pas les mêmes traditions politiques…tout n’est pas transposable…
Ben tiens ! Allez coucher, tas de roquets !
Mais le plus drôle est à venir. Il paraît que Madame Merkel en personne viendrait épauler notre Président sortant qui ne veut pas sortir ! Je vois d’ici la campagne, les convois officiels à double escorte à pavillons franco-allemands, les tribunes partagées sur fond de drapeau européen, les embrassades gluantes. Amis allemands, notre chef donne son corps, donnez votre capital !
Et Angela de déclarer : « Je souhaite la victoire de Nicolas Sarkozy, car sans elle demain le gaucho-populisme triompherait en Europe ! »
On n’aura jamais vu ça depuis la division Charlemagne en 1943

Résultat probable : Hollande 35%, Le Pen 25%, Sarko 15%. L’enfant d’immigré hongrois n’aura plus qu’à passer le Rhin dans une limousine allemande, sous les crachats de la foule, en compagnie de son Italienne menacée d’une radicale coupe de cheveux , d’une Nadine Morano plus hystérique que jamais, et d’un Claude Guéant tripotant nerveusement sa capsule de cyanure.
Oh oui, Nicolas, fais-le, fais-le !

vendredi 27 janvier 2012

François, Eric, Mahmoud et les autres...

vendredi 27 janvier 2012

    J’ai rêvé de François Hollande.

Je n’avais pas bu grand-chose, ni consommé de substances illicites, mais j’ai rêvé l’autre nuit de François Hollande. Sous l’influence sans doute du ramdam médiatique ayant suivi sa prestation au Bourget, j’ai donc fait un drôle de trip ayant pour cadre une salle des fêtes assez minable et mal foutue, où le Père François et sa compagne (un mélange de Ségolène Royal et de Valérie Trierweiler) me faisaient l’immense honneur de m’inviter à leur table d’après-meeting pour recevoir mon avis. Aussi surréaliste que le journal mythomane de Nicolas Bedos !
    Plus sérieusement, le virage à gauche d’Hollande, méchamment et bêtement dénoncé par l’UMP –qui préfère ainsi passer pour le parti des riches et des banquiers- n’est pas pour me déplaire, même si je crains qu’il ne s’agisse que d’une manœuvre tactique assez éprouvée : on ratisse à gauche avant le 1er tour pour ne pas se faire déborder de ce côté, puis on la joue plus centriste avant le second pour « rassembler les Français ». Du Mitterrand 81 pur sucre.
    Sans rentrer dans le détail du programme hollandien, une mesure de bon sens me séduit : la séparation des banques de dépôt et d’affaires. Le reste est assez moyen. Rien de neuf, hélas, sur l’instruction publique, dont je mesure chaque jour l’ampleur du naufrage.

    Eric Brunet, aboyeur de l’UMP.

Parmi les roquets lâchés par l’UMP pour aboyer aux basques de François Hollande, j’ai redécouvert le journaliste et écrivain Eric Brunet lors d’une émission sur BFM TV. J’avais consacré à ce monsieur un article plutôt flatteur l’an dernier, aussi fus-je abominablement déçu par son numéro. Brunet n’aime pas que François Hollande s’en prenne à la finance :
« C’est pas original tout ça, c’est pas moderne ! On dira ce qu’on voudra de Nicolas Sarkozy, mais il nous a fait entrer de plein pied dans la modernité ! »
L’économie de rente, la spéculation sans contrôle, le capitalisme sauvage, la connivence entre le pouvoir politique et les grandes firmes privées…voilà la modernité selon Brunet. Son amour immodéré du pognon pour le pognon, que j’avais déjà détecté dans un de ses livres, est décidément le défaut principal de cet aboyeur de l’UMP.

    Diplomatie à la con.

Voilà, c’est fait, les deux chambres ont validé cette inepte loi sur la négation des génocides, et donc pris la responsabilité des sanctions que la Turquie prendra contre nous. Comme une connerie ne vient jamais seule, les 27 états de l’UE ont trouvé pour une fois le moyen de se mettre d’accord…non pour sanctionner les manquements à la démocratie de l’un des leurs (Viktor Orban, fossoyeur des libertés hongroises), mais pour voter l’embargo du pétrole iranien. Pas de panique pour le prix de l’essence à la pompe, nous dit-on, puisque la France, par exemple, ne dépend qu’à 6% du brut iranien !
Dites-moi, bande d’andouilles, comment vous ferez pour empêcher les spéculateurs d’anticiper un éventuel blocage du détroit d’Ormuz (menaces de représailles brandies par Téhéran) en achetant des tonnes de pétrole sur le marché des matières 1eres, et donc de faire flamber les prix ?
L’effet de cette décision sera nul sur l’Iran, qui pourra vendra son or noir aux Chinois ou aux Indiens. Il sera négatif, voire désastreux, pour l’économie européenne. Continuera-t-on encore longtemps à se comporter ainsi en vassaux serviles de Washington ?
J’ai déjà eu l’occasion de le dire, un Iran nucléaire ne m’effraie pas plus que cela. L’Iran est un grand pays, une puissance régionale héritière d’une ancienne et brillante civilisation. Il n’a pas moins droit à l’arme atomique que le Pakistan des madrasas ou la France de Sarkozy. Il est vrai qu’une bombe iranienne aurait pour effet d’obliger les occidentaux et leurs amis, Israël et l’Arabie saoudite, à considérer autrement les affaires du Moyen-Orient. Et ce ne serait pas plus mal !

dimanche 15 janvier 2012

Double naufrage

dimanche 15 janvier 2012

    Double naufrage.

Un capitaine dont la navigation à vue, frisant l’amateurisme, a mené son navire à s’éventrer sur les rochers et à chavirer lamentablement. C’était un beau bateau, pourtant, bien équipé, qui faisait envie sur les catalogues de voyage. Quel gâchis !
Mais notre capitaine Sarko n’est pas un vulgaire officier de marine italien, et le paquebot France n’est pas le Costa Concordia. Aussi, le Grand Timonier français, contrairement au commandant italien, ne sera pas jeté en prison…Les passagers râlent, une partie de l’équipage se pose des questions, mais les officiers fayots aboient sans cesse que le « boss » est le meilleur pour le job, et qu’il faut le laisser sur la passerelle le plus longtemps possible. Surtout ne jamais laisser la barre à cet amateur de Hollande, ce mou de Bayrou, cette folle de Le Pen ou cet excité de Mélenchon.
« Iceberg en vue ! Perte du 1er A de notre triple A ! Quels sont les ordres, capitaine ?
-En avant, toute ! Mais veillez à ce que les gens de valeur de ce foutu rafiot aient un banc disponible sur les canots de sauvetage… »

vendredi 13 janvier 2012

De Jeanne d'Arc à Jarnac


vendredi 13 janvier 2012

            De Jeanne d’Arc à Jarnac : la série des pèlerinages grotesques continue.

Les choses semblent bien rodées. La Droite UMP/FN se sent obligée de rouler une pelle à Jeanne d’Arc (voir une précédente chronique), le PS perpétue depuis 1996 le culte de Mitterrand avec un pèlerinage obligé à Jarnac. Cette année, compétition présidentielle oblige, c’est François Hollande qui s’y colle pour l’anniversaire de la mort du « grand homme ».
Grand homme, au sens de grand politique, François Mitterrand le fut sans l’ombre d’un doute. Le seul président socialiste de la Ve république à ce jour, nous répète-t-on jusqu’à la nausée. Mais peut-on le considérer comme un figure tutélaire, idéologique et symbolique, de la gauche socialiste ? Peut-il être légitimement comparé à Jaurès et Blum ?
A Jarnac, Hollande posait près du buste de la Statue du Commandeur, se réclamant de son message, de ses citations, brossant sans vergogne les charentaises de celui qu’on surnommait le « Florentin », par sa maîtrise subtile des coups tordus.
Car il n’y a pas un Mitterrand, mais plusieurs. Et lequel veut-on honorer ? L’étudiant sympathisant de l’Action française en 1934 ? Le sous-Ministre de Vichy en 1942 ? Le Résistant de la fin 1943 ? Le Ministre défenseur de l’Algérie française ? L’opposant historique à de Gaulle et la fausse victime de « l’attentat de l’Observatoire » ? L’homme du programme commun de rupture avec le capitalisme ? Le président gestionnaire partisan du virage libéral et européiste en 1983 ? Le papa d’une fille cachée et protégée par les services de l’Etat ?
Entendons-nous bien : ce parcours fait de Mitterrand un homme passionnant, un reflet de son siècle. Mais il ne fut en rien un « grand socialiste ».
Et l’abolition de la peine de mort ? gémiront les grandes âmes. C’était-y pas beau, c’était-y pas noble, c’était-y pas courageux ? Même pas. Une idée libérale parmi d’autres, dans l’air du temps et le vent de l’Histoire. Désolé les gars, mais ça ne fait pas du Père François un homme de gauche.

            Cible mouvante.

 D’après le Canard  de cette semaine, c’est le nom de la tactique choisie par Sarkozy et ses conseillers pour la campagne présidentielle. Le bilan du quinquennat est tellement nul que jouer en défense serait suicidaire, donc : offensive générale, sur tous les sujets (TVA sociale, taxe Tobin, éducation, sécurité, etc…). Le Nabot s’agite, lance des propositions inapplicables dans l’immédiat (et même parfois déjà votée en 2001, comme la taxe Tobin), laissant l’opposition dans l’obligation de réagir sur ses questions. Lorsque celle-ci peut enfin riposter, passer à un autre sujet qui la désarçonne. Sur un autre front, nourrir un feu continu de petites phrases polémiques ou de tir à vue sur le moindre dérapage –ou supposé tel- de l’adversaire, grâce à la cellule de riposte de l’Elysée et la complicité de médias bienveillants.
Une guérilla permanente, usante pour l’ennemi mais aussi pour l’électeur de base. Qui tirera les marrons du feu ?
J’aimerais que cela soit Jean-Luc Mélenchon, qui fut hier soir brillantissime sur la forme comme sur le fond face à la meute journalistique bien-pensante rameutée par France 2. Allez Méluche, fais-leur la peau !

            Indignation sélective.

Un journaliste français (Gilles Jacquier) est tué en Syrie dans des conditions douteuses…mais en faisant son travail de grand reporter, qui suppose une inévitable prise de risque. Hurlement des médias français touchés à mort, indignation politique, Sarko et Juppé montent au créneau, exigent des explications du vilain Bachar El Assad.
En novembre dernier, un raid de l’aviation israélienne touche la maison de notre consul dans la bande de Gaza. Lui et sa famille sont blessés, sa femme perd son bébé dans une fausse couche. Réaction ? Rien, nada, que dalle et bernique. Ah si, quand même, les autorités militaires israéliennes ont présenté leurs excuses. L’honneur est sauf.

dimanche 8 janvier 2012

Pauvre Jeanne d'Arc !


dimanche 8 janvier 2012

            Pauvre Jeanne d’Arc…

Le  600e anniversaire de la naissance de la « Pucelle » a donné lieu, la semaine passée, a un bien pitoyable spectacle. D’abord, le Nième « scoop » d’un Nième « historien », affirmant que Jeanne était un homme, bâtard de la famille royale. Hou ! Déjà vu ! Remboursez !
Ensuite, la récupération politique. De la part du FN, rien de neuf non plus : cela fait des lustres que ce parti s’est emparé de l’héroïne, au point qu’il doit y avoir pas mal de couillons pour croire que la bergère de Domrémy était encartée à l’extrême-droite.
Mais le sommet du mauvais goût fut atteint lorsque notre Nabot national a voulu récupérer le show : une première je crois dans l’histoire de la République. Le clip électoral de Sarko sur fond de croix de Lorraine, en 2007, m’était déjà resté en travers de la gorge, et avait dû faire tressaillir la carcasse du Grand Charles dans sa tombe. Là, le comble est atteint : Sarkozy faisant l’éloge de Jeanne d’Arc ! L’homme de toutes les compromissions, de toutes les collaborations, avec les Etats-Unis, l’Allemagne…et l’Angleterre ! Un homme dont la foi catholique est aussi crédible que son engouement pour la « grande culture ».
Pas besoin de beaucoup d’imagination pour distribuer les rôles de nos dirigeants transportés dans les années 1430 : Sarkozy aurait fait un excellent chef du parti bourguignon, et Guéant un merveilleux évêque Cauchon. Dans le rôle du petit roi de Bourges, Hollande ferait bien l’affaire, et son ex-compagne Ségolène s’imposerait dans celui de la guerrière martyre : abandonnée par son propre camp et livrée au bûcher de l’ennemi.

jeudi 5 janvier 2012

Sale mec toi-même !


Sale mec toi-même !

Une cour de récré dominée par une bande de teigneux friqués. Un délégué de classe/chef de bande (la bande des teigneux friqués) qui ne veut pas perdre son poste, et fait donner ses « copains » à la moindre incartade, aussi futile soit-elle, dès lors qu’elle provient de son rival le plus dangereux. François Hollande n’aurait pas traité directement le Petit Nicolas de « sale mec », mais cela en reviendrait au même et justifierait le barouf grotesque organisé autour de ça…
Voilà le niveau de la campagne présidentielle. On se moquait des Ricains en 2004, tout en se félicitant que jamais aucun « grand parti républicain » français ne se permettrait les mêmes bassesses que l’équipe Bush envers John Kerry. Encore un effort, camarades UMPistes, une bonne brasse vers le bas et vous exploserez le fond de la piscine !

            TVA  sociale, ou le triomphe du patronat.

En 2007, le projet avait été promptement enterré devant la bronca de l’opinion peu avant les échéances législatives. A la faveur de la crise, Sarko nous remet ça en présentant la « TVA sociale » comme un remède aux délocalisations. Le jour même, les « expert » convoqués sur France 2 nous firent l’apologie de cette mesure, qui allait permettre de taxer les vilains produits chinois (au hasard) tout en rendant les nôtres plus concurrentiels. Bon, évidemment, le transfert des charges sociales sera aux frais des consommateurs, mais comme le chômage va baisser, et les salaires remonter très rapidement grâce au maintien des emplois en France, le pouvoir d’achat n’en souffrira pas. Youpi hourra !
Deux jours plus tard, nouvelle vague d’analyses (pas par les mêmes, faut espérer), et là tout est mauvais : en fait, cette TVA ne comblera en rien l’énorme différentiel de coûts et de prix entre la France et la Chine (au hasard). Un T-Shirt français à 40 euros restera à 40 euros, son équivalent chinois passera de 15 euros à 15 euros et 80 centimes. Les patrons n’auront aucune raison d’embaucher plus ou de payer davantage leurs salariés, et les consommateurs les plus modestes l’auront « bien profond » (comme dit mon beau-père). De fait, la consommation restera atone, l’activité ne reprendra pas assez, etc…
Seuls gagnants dans cette affaire : les patrons, qui n’auront plus (ou moins) à payer de charges sociales, et amélioreront leurs marges…si toutefois il leur reste assez de clients solvables dans notre beau pays. C’est la même blague que la baisse de la TVA sur la restauration, qui devait faire chuter les additions et permettre de créer 500 000 emplois…on attend toujours !
Mais le triomphe du MEDEF ne s’arrête pas là : le 18 janvier prochain, le « sommet social » (aussi social que la TVA du même nom) préparé par le bon Xavier Bertrand, proposera aux syndicats et au patronat le deal suivant : « Vous, les cons de salariés, vous accepterez plus de flexibilité et des baisses de salaires…vous, les chers patrons, vrais héros de notre temps, chevaliers intrépides de la mondialisation sauvage, vous vous engagerez en échange à licencier le moins possible…si vous pouvez…enfin, si vous voulez… ou si vos actionnaires veulent bien… »
Après avoir bien démoli les acquis sociaux de 1946, Sarko va nous faire son juin 1936 (les accords Matignon) à l’envers. Le chien d’attaque du capitalisme aura bien fait son office, et jusqu’au bout. S’il perd le job, faudra pas oublier de remplir de sucre sa gamelle plaquée or.