jeudi 30 juin 2011

Enfin libres ?


jeudi 30 juin 2011

            Enfin libres ?

Grâce soit rendue aux ravisseurs d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, qui ont eu pitié de nous, en France. Le supplice était intolérable : tous les soirs, leurs mines sinistres venaient gâcher la fin des journaux de France Télévision. Toutes les semaines, des initiatives de plus en plus saugrenues venaient nous rappeler le triste sort de ces deux journalistes enlevés au fin fond de l’Afghanistan. La dernière en date : un saut en parachute avec leurs portraits dessus. Il était temps de les lâcher, avant qu’on nous fasse le coup de la manif à poil sur le Pont Neuf ou du plongeon en élastique depuis le dernier étage de la Tour Eiffel. Ils allaient finir par faire tuer quelqu’un, ces deux touristes !
Ils sont paraît-il en pleine forme. Leurs ravisseurs étaient très sympas, pas le genre Talibans féroces, juste de joyeux brigands des montagnes. Mais quid des guides afghans de nos héros ? Pas de photos pour ceux-là. Ces gens doivent être superstitieux, comme les Aborigènes d’Australie, ils ont peur que le petit clic ne prenne leur âme. Etaient-ils seulement compris dans la rançon astronomique que nos services secrets ont du verser aux ravisseurs ? Bon, allez, on s’en tape…Faut pas gâcher la fête.
Une petite pensée au passage pour d’autres otages, dont on va beaucoup moins parler grâce à cette diversion bienvenue : des millions de Grecs, pris en otages par la bulle financière internationale, sommés d’avaler un ignoble plan de rigueur au nom de la stabilité de la zone euro et de la bonne santé des marchés. Des dizaines de millions d’autres Européens, prisonniers eux aussi, peu ou prou, de cette dictature de moins en moins invisible. A quand notre libération ?

            Primaires au PS.

La Foire d’empoigne a commencé officiellement chez les Socialistes. Pas question pour moi d’aller y participer, et de signer ce ridicule engagement à partager « les valeurs de la gauche ». Quand on a eu pour chef François Mitterrand, et que l’on s’apprêtait à se donner à Dominique Strauss-Kahn, il me paraît difficile d’exiger ce genre de choses de la part des citoyens de ce pays. Sans compter l’aspect inquisitorial et hypocrite de ce type de procédure, que Copé n’a pas tort de dénoncer, tout UMP qu’il est.
Dans la grande bagarre en cours, un seul a vraiment ma sympathie : Arnaud Montebourg. Pas de bol, il n’a semble-t-il aucune chance. Le match devrait se jouer entre Martine Aubry et François Hollande, avec l’arbitrage de sœur Ségolène. Pour l’instant, tout m’incite à voter Mélenchon au 1er tour.

            Après les Gitans, les Profs ?

Sarko ne peut pas s’en empêcher ; il lui faut toujours une catégorie de gens sur qui taper. L’été dernier, c’était les « gens du voyage ». Facile, personne ne les aime vraiment ! Maintenant, ce sont ces feignasses de profs que l’on va flinguer : pas mal trouvé, vu le nombre de gens qui les détestent ou les méprisent. Claude Allègre, pas mort…

lundi 27 juin 2011

Arnaques au bac : M. Chatel peut dire merci !

lundi 27 juin 2011

            Arnaques au Bac : des incidents bienvenus pour M. Chatel.

Question « bavures » aux examens, l’année 2011 aura battu tous les records : texte bidon à l’agrégation d’Histoire –pas mort d’homme, mais ça ne fait pas très sérieux-, fraude en BTS, au Bac S en maths et probablement ailleurs…De fait, les progrès technologiques mis à la disposition des candidats sont autant de tentations de tricher, de manière encore moins constructive d’ailleurs que les bonnes vieilles antisèches de ma jeunesse.
Je me souviens en avoir bricolé quelques unes sur de petits bouts de papiers ou des chutes de brouillon (pas pour le bac, quand même), pour finalement ne jamais m’en servir. D’abord par trouille,  ensuite tout bêtement parce que j’avais ainsi fabriqué des petites fiches qui m’ont permis de mémoriser ce que j’avais peur d’oublier. Bref, j’avais pour une fois travaillé sérieusement !
Ce temps-là est fini. L’étudiant moderne photographie des pages entières sur son téléphone portable ultraplat, aussi facilement qu’il copie et colle des données sur Internet, pour pondre un « devoir » auquel il ne pige rien. Rien de plus simple, dans l’intimité bienvenue des toilettes, de sortir son joujou (l’électronique, pas l’autre) et de rafraîchir sa mémoire à défaut de faire travailler ses neurones. Le Cyber-candidat du futur pourra probablement compter sur des implants greffés aux bons endroits, et des transmissions directes de données qui feront de lui un terminal informatique sur pattes qu’il sera par définition inutile d’interroger, sinon pour vérifier d’éventuels dysfonctionnements de son équipement ou de sa programmation.
Mais je m’emballe…ces temps heureux ne sont pas pour tout de suite.
Le plus intéressant dans l’immédiat est la réaction des technocrates de la Rue de Grenelle : pas question d’annuler l’épreuve de maths –cela flanquerait par terre tout le calendrier de la procédure d’admission post-bac-, mais on rejoue celle de BTS, dans des conditions encore plus foireuses que la précédente au vu des derniers incidents. Et le bon Monsieur Chatel nous promet bien sûr une Nième commission de réflexion sur les parades possibles aux vilains tricheurs.
Incohérence ? Amateurisme ?
Non, calcul et bon sens, bien au contraire. Cela fait des années que les « esprits modernes » veulent en finir avec le baccalauréat et autres examens nationaux : une « particularité bien française », disent-ils avec l’ironie et la bouche pincée des gens qui savent où est le Bien.
A commencer par l’orthodoxie budgétaire, car le machin est coûteux pour l’Etat.
Mais cette institution napoléonienne a encore des soutiens, y compris dans l’opinion, qui se méfie des autres modes d’admission ou de sélection fondés sur des critères bien peu transparents. Alors, comme pour les autres systèmes que l’on veut tuer (services publics de transports, d’énergie, de santé, etc…), il faut prendre le temps de le rendre impopulaire.
D’abord, brader l’objet en multipliant les consignes d’indulgence aux correcteurs.
Ensuite, tirer parti de ces incidents pour montrer à quel point tout ce pataquès pourrait être évité en passant au contrôle continu et aux examens régionaux, ce qui permettrait, heureuse coïncidence, de mettre en place le futur calendrier des vacances d’été en deux ou trois zones que l’on nous mijote pour 2013. M. Chatel et ses amis sont de gros malins.

samedi 18 juin 2011

Jacques, le bac, l'arnaque...

samedi 18 juin 2011

            Jack is back.

Quelle découverte ! Jacques Chirac déteste Nicolas Sarkozy, et souhaite le voir battu en 2012. On comprend que la clique au pouvoir soit choquée : le deal entre le « Vieux » et le jeune loup était pourtant clair. Pas de bâtons dans les roues en 2007, et en échange prolongation d’une certaine mansuétude dans les poursuites judiciaires qui pendaient au nez de « Super-menteur ». Mais hélas, les fameuses poursuites ont d’ores et déjà commencé. Même ralenties, au point que Jacquot peut espérer défunter avant qu’elles n’aboutissent, elles ne peuvent qu’occasionner des désagréments à l’homme aux mille casseroles que nous regrettons presque tous après cinq ans de sarkozysme. Donc, Jacques se lâche, et flingue avant d’y passer selon sa bonne vieille habitude : après Chaban, Giscard, Balladur, le petit Nicolas repasse dans son collimateur. Vas-y, Jacques, attaque !

            Bac philo pour les nuls.

2e sujet de composition pour la série S : « La culture dénature-t-elle l’homme ? »
Pour sûr, et aussi vrai que la nature le déculture. Le corrigé détaillé est disponible auprès de M. Luc Ferry, qui a beaucoup de temps libre et pas mal de sous pour le dédommager de son ennui.

            Formatage des esprits et nivellement par le bas : demandez le nouveau programme d’Histoire-géo de 1ere !

 Il m’a fallu dix jours pour m’en remettre et ruminer ma rage. Dix jours écoulés depuis un stage de formation aux nouveaux programmes pondus par le Ministère, sous la houlette de charmants inspecteurs chargés de nous prêcher la bonne parole.
La grand’messe commença par ce terrible constat : « Notre discipline est menacée, car elle demande beaucoup de travail aux élèves pour des résultats peu payants : la moyenne au bac se situe entre 8 et 12. » Traduction : faut noter plus large (=plus haut), vous faites baisser les statistiques et c’est pas bon pour la propagande officielle. Puis nos commissaires politiques enfoncèrent le clou : « Par ailleurs, vos élèves s’ennuient : ils trouvent que le lycée ne fait que répéter ce qu’ils ont déjà vu au collège… » Car il est bien connu que les braves petits qui nous arrivent en Seconde ont encore la tête toute pleine du programme de quatre années de collège, dont on ne dira jamais assez combien ils sont génialement conçus. « Si, si, ils s’en souviennent ! » affirma l’inspecteur devant la mine dubitative de ses ouailles, dont l’expérience de terrain est tenue pour nulle et non avenue. Nous eûmes ainsi en avant première une belle illustration du 2e sujet de philo de série S tombé cette année : « Peut-on avoir raison contre les faits ? » Bien sûr que oui, et si les faits sont têtus, on les ignore.
Bref, si l’Histoire-géo disparaît des enseignements obligatoires de la série S en Terminale, ce n’est absolument pas pour des raisons budgétaires (une heure d’enseignement en moins sur le cycle 1ere-terminale). C’est de votre faute, vilains profs méchants ! Et vous l’avez échappé belle, en plus, car il paraît qu’à Bordeaux aurait circulé une pétition d’élèves demandant la suppression totale de l’Histoire géo en série S. Quel(s) établissement(s) ? Combien de signatures ? Nous n’en saurons rien. Pendant plusieurs semaines, début 2010, de nombreux lycées furent bloqués par des élèves rejetant le projet de la énième réforme. Le Ministère, à tort ou à raison, n’en tint pas compte. Une malheureuse pétition circule : branle-bas de combat ! Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage…
Vint ensuite la présentation des programmes en eux-mêmes.
            Démentiel pour la partie Histoire (de 1850 à nos jours), où l’enjeu consiste à faire passer en une année ce que l’on faisait autrefois en deux. Infaisable ? Mais non ! Il suffit de survoler les questions, d’adopter une approche à la fois thématique et peu exigeante : les élèves doivent passer plus de temps à réfléchir qu’à ingurgiter des connaissances (Esprits d’Allègre et Meirieu, sortez de ce corps d’inspection !). Ainsi, l’histoire politique de la France se limitera à quelques moments forts : l’enracinement de la IIIe république, les débuts de la IVe, et la fondation de la Ve. Exeunt le Second Empire, Vichy, ou l’usure du système politique actuel. Les élèves de S en resteront là, et tant mieux pour le roman national.
            Passons rapidement sur la Géographie et son approche thématico-scalaire conçue par des Bac + 12 et qu’il nous faudra faire avaler à des Bac -2. Haro sur la vieille géo à « tiroirs » (milieux, sociétés, aménagements…) qui ennuyait paraît-il abominablement nos élèves. Nos inspecteurs en sont visiblement restés à l’époque où l’on faisait apprendre par cœur aux gamins la production annuelle de patates en Russie, ou la structure géologique du bassin parisien. Gloire à la nouvelle géo, toute en redondances et en problématiques savantes, pleine d’un « développement durable » dont nos gamins sont gavés depuis l’école primaire.
            Pour le contenu général, l’idée est simple : pas de polémiques.
-La question sur la laïcité s’arrêtera aux années 1990, sans aborder la montée du communautarisme.
-L’étude des totalitarismes se limitera à l’Allemagne nazie et l’URSS, deux systèmes morts et enterrés. Pas question d’évoquer la Chine et ses mutations : on ne se fâche pas avec un bon client.
-La question de l’identité européenne, et les débats sur la légitimité de l’actuelle UE passent à la trappe.
-L’échelle nationale et étatique n’est plus opérante : l’horizon mental de l’homme moderne doit être résolument fixés sur la région, et sa nécessaire adaptation à la mondialisation.
            Ainsi se dessine le portrait idéal du jeune « citoyen » : déculturé, dénationalisé, malléable et politiquement correct.
            Reste le futur bac anticipé de la série S en fin de Première : une épreuve « light », avec une sous-composition (pas de définition du sujet, pas de problématique, pas de grandes parties avec sous-parties, conclusion réduite à peu de choses), des questions sur documents dont les réponses tiendront au plus sur une page, des schémas et croquis à gogo, mais ultrasimples. Et bien sûr, consigne absolue : soyez généreux dans la notation !
            Nous sortîmes de là écoeurés, désabusés comme jamais, et sans avoir osé ruer dans les brancards. Avec huit jours d’avance, nous avons vérifié la thèse de Pascal tirée de ses Pensées, dont un extrait a été donné au bac : « L’Homme n’est que déguisement, mensonge et hypocrisie. » Le système marche sur la tête, mais bien fol est celui qui le dénonce.
J’aurais infiniment préféré que l’on nous dise franchement : « l’objectif, c’est 80% d’une classe d’âge au bac, 50% en licence. La quantité avant la qualité. Z’avez compris ? Rompez ! »

mercredi 1 juin 2011

Sex Bomb

mercredi 1er juin 2011

            Sex bomb…

…et réaction en chaîne : Georges Tron, fétichiste du pied, doit démissionner. Luc Ferry balance un ancien ministre amateur de petits garçons marocains. On attend avec impatience toute la vérité sur Martine Aubry, la femme couguar du Nord-Pas-de-Calais. Quant à Jean-François Kahn, qui n’en finit plus de payer sa sortie sur le « troussage de domestique », il abandonne son bloc-notes de Marianne. Quelle hécatombe ! Au pays de l’omerta du cul  souffle un vent nauséabond.

            Lagarde au FMI ?

Il paraît qu’il nous faut absolument un Européen pour présider cette machine à pressurer les peuples, et que la grue cendrée aurait toutes les qualités demandées : libérale, polyglotte, soumise aux quatre volontés des marchés financiers. Sa casserole au derche de l’affaire Tapie ? Bah, y’a pas viol d’homme, pour paraphraser ce cher Jack Lang. Juste grave entorse aux principes les plus élémentaires du droit et de la décence. Vas-y donc, Christine, si les Ricains veulent encore de nous.

            Et si on revenait aux choses sérieuses ?

Au programme des socialistes pour 2012, par exemple. Dans le dernier Marianne, Jacques Nikonoff rappelle à juste titre à Michel Sapin, « socialiste » europhile enragé, que le Traité de Lisbonne voté massivement par le PS en 2008 au parlement, empêche de facto toute politique ambitieuse de lutte contre le capitalisme sauvage et la mondialisation financière.
Sapin réplique par de grandes envolées internationalistes, prétend que l’UE n’empêche rien et que Nikonoff, ignoble souverainiste, n’est qu’un homme du passé.
Il va falloir qu’on m’explique en quoi un retour à l’Europe des Princes du traité de Vienne (1815), à la législation économique et sociale d’avant 1848 (primauté du contrat privé sur la loi et l’intérêt collectif) est infiniment moderne.
Pour l’instant, les seuls discours politiques qui m’agréent viennent de Jean-Luc Mélenchon et de Nicolas Dupont-Aignan (à l’exception de la vidéo lamentable que ce dernier a cru nécessaire de diffuser sur le Net). Ce ne sont pas des campings sauvages à l’espagnole qui nous sortiront du merdier, mais une lutte radicale et ouverte contre le système, avec un programme cohérent.

            Pauvre Ratko, pauvre Serbie.

Comme dirait un excellent ami bien peu politiquement correct, on aurait pu comprendre que le gouvernement de Belgrade commette l’infamie de livrer l’un de ses compatriotes au TPI de La Haye pour être dispensé d’entrer dans l’UE. Mais non : il l’a fait au contraire pour accélérer le processus d’adhésion ! Faut-il que la Serbie aille si mal qu’elle se déshonore ainsi pour intégrer une telle pétaudière ! Pour la peine, je propose qu’on envoie là-bas tous les concombres allemands empoisonnés, et que les Euroniais locaux les bouffent tout cru