dimanche 27 février 2011

Comment tuer un rebelle ? Le cas José Bové.


dimanche 27 février 2011

            Comment tuer un rebelle ? Le cas José Bové.

Kadhafi n’est qu’un imbécile. Ecraser une rébellion sans tirer un coup de feu, c’est parfaitement réalisable, la preuve par l’Union Européenne et José Bové. A la fin des années 1990, José Bové se fait connaître comme l’un des chefs de file de l’antimondialisation libérale. Il participe aux grandes causeries utopiques de Porto Alegre, à tous les forums d’ATTAC. A la tête de son commando de paysans gauchistes du Larzac, il démonte le Mac Donald’s de Millau avant de lancer sa grande campagne de fauchage anti-OGM. En 2005, il tonne avec bien d’autres contre le pseudo-traité constitutionnel européen, contribuant à son échec dans les urnes et au désarroi des eurocrates.
Arrive alors le bon docteur Cohn-Bendit, qui s’impose au sein de l’état-major des Verts, rebaptisés illico « Europe-Ecologie », ce qui annonce au moins le programme. L’ex-trublion devenu gendarme de la pensée unique y fait entrer le tonitruant José, avant de faciliter son élection au Parlement européen. Et là s’accomplit le miracle. Au fil des mois, une sainte mutation s’opère. Le démon du Larzac s’assagit. Il approuve le Traité de Lisbonne, succédané de cette constitution européenne qu’il avait vomie en 2005, imposé aux peuples par la voie parlementaire en 2008. Il est persuadé que seule « l’Europe » trouvera une solution à tous nos maux. Dans son dernier livre d’entretien (Du Larzac à Bruxelles), la mutation s’achève lorsque le brave José déclare qu’il n’a jamais aimé le terme « antimondialisation », trop chargé de relents xénophobes ou nationalistes, et toujours préféré celui d’ « altermondialisation », un « monde sans passeports »…Laissez-faire, laisser passer, les marchandises, les capitaux et les hommes, si tous les gars du monde, etc…Encore un petit effort –se raser cette moustache trop gauloise et prolétaire, par exemple- et M. Bové pourra rejoindre le club d’Alain Minc.
Pauvre Kadhafi ! Tu avais pourtant eu une excellente idée de broyeuse à rébellion avec ton Union du Maghreb Arabe. Sarko avait repris la balle au bond avec son Union Pour la Méditerranée restée en cale sèche. Le fantasme de l’unité, un grand marché livré aux appétits les plus féroces, des chambres de recyclage de leaders politiques transformés en porte-paroles de la « seule politique possible », des peuples déboussolés et privés de toute capacité de résistance autre qu’un vote protestataire aussitôt diabolisé.
Le grand séisme populaire qui secoue l’ensemble du monde arabe rend désormais la chose urgente. Vite, vite, un « grand machin » pour étouffer tout ça !

samedi 26 février 2011

Un taxi pour Tobrouk


samedi 26 février 2011

            Mobile pour préados : y a pas que le forfait qui débloque.
M6, avant-hier, se faisait l’écho d’une brave mère de famille portant plainte contre Orange. Elle avait souscrit un forfait bloqué à 17 euros par mois pour son rejeton, mais le gaillard a réussi à le faire « débloquer » par simple coup de fil ou mél auprès de l’opérateur. Puis, le charmant garçon s’est empressé de faire le plein de SMS surtaxés et autres gadgets ruineux. Bilan : 1600 euros à régler pour la maman. Tout le reportage a consisté à souligner, en chœur avec la mère indignée, la légèreté de l’opérateur, qui se refuse à endosser la moindre responsabilité dans ce déblocage intempestif. « Un simple mineur peut donc, sans contrôle, faire ceci ou cela…c’est aberrant ! ».
Pendant ce temps, en bonne place à l’image, le gosse en question, imperturbable, continuait à tripoter son joujou d’un air renfrogné et vaguement ennuyé. Qu’aurais-je fait à la place de cette mère ? Je me serais d’abord désolée que mon fils soit un filou doublé d’un petit con (car comment croyait-il ne pas se faire prendre, dès lors que c’est maman qui paie les factures ?) ; j’aurais ensuite privé de portable ce jeune crétin pendant autant de mois à 17 euros que m’a coûté cette plaisanterie, plus autres sanctions à inventer. Enfin, je me serais retournée contre Orange afin de récupérer un peu mes billes. Mais jamais, au grand jamais, je n’aurais permis à ce débile de figurer en bonne place à la télé ! Dans cette histoire, il n’y a pas que le forfait à débloquer dur.

            Un taxi pour Tobrouk.
Notre cher ami Kadhafi n’en a semble-t-il plus pour longtemps. Ses opposants, toujours plus nombreux et mieux armés, s’apprêtent à fondre sur Tripoli. Les chancelleries occidentales, France en tête, cherchent à rattraper leur relative inertie lors des crises tunisienne et égyptienne en redoublant de grands moulinets : menace de sanctions économiques, de poursuites devant le tribunal de La Haye, embargo, etc…Le cher client de naguère (à qui nous ne refusâmes rien lors de sa dernière visite chez nous, y compris le droit de nous insulter) est redevenu l’infâme criminel des années 1980. Mais Kadhafi ne veut pas finir comme un vulgaire Ben Ali ou Moubarak, conduit tremblant vers quelque exil doré. D’ailleurs, le voudrait-il qu’il aurait du mal à trouver la bonne adresse dans le concert d’hostilité qu’il suscite dans le monde entier. La Russie, la Chine, peut-être, comme au bon vieux temps ?
Après avoir lâché ses mercenaires africains tel un despote carthaginois, bombardé sa propre capitale, il se prépare une fin digne de Hitler ou de Ceaucescu. Peu de monde, à vrai dire, n’a vraiment intérêt à ce qu’il s’en sorte vivant. Mais les hommes d’affaires avisés ont déjà réservé leur taxi pour Tobrouk.

            Le Camp des Saints, 38 ans plus tard.
Il y aurait beaucoup à dire sur l’excellent roman de Jean Raspail, enfin réédité chez Robert Laffont, que je suis en train de dévorer. Rappelons seulement pour ceux qui n’en ont jamais entendu parler, pour cause d’omerta politiquement correcte, que ce livre publié en 1973 raconte l’anéantissement de l’Occident et de la race blanche par des hordes miséreuses et plus ou moins pacifiques venues du Tiers-Monde. Le lecteur en pensera ce qu’il voudra, en fonction de ses idées, de son expérience et de sa sensibilité. Mais c’est une œuvre authentique, écrite avec une rage fébrile et un talent que l’on ne trouve plus guère chez les écrivains français d’aujourd’hui, enfermés dans le triptyque « Moi, ma tête et mon cul ».
Le plus saisissant dans cette « anti-épopée », selon la propre expression de l’auteur, est le portrait lamentable d’une civilisation tellement veule qu’elle se laisse bouffer sans coup férir, intoxiquée par des décennies de consumérisme débilitant et de terrorisme intellectuel bien-pensant. Cela me rappelle ce passage de La Planète des Singes, de Pierre Boulle, lorsque les singes prennent le pouvoir avec des fouets pour seules armes.
Mais les Européens, n’en déplaisent à leurs élites mondialisées, n’ont plus envie de se laisser faire. Même leurs dirigeants doivent en convenir, sous peine de sanction électorale : le « multiculturalisme », ou communautarisme à l’anglo-saxonne, ça ne marche pas. C’était d’ailleurs le thème d’un débat diffusé sur France Ô jeudi dernier. Un débat très équitable. Le seul Yvan Rioufol, du Figaro, faisait face à Patrick Lozès (leader du CRAN, le lobby noir), à Pascal Blanchard, historien « spécialiste de l’Histoire coloniale et postcoloniale » (qui a servi de caution « scientifique » au film Hors-la-loi) et à une obscure sociologue franco-maghrébine à l’air revêche. Cassage de gueule verbal assuré.
Soyons clair, je n’aime pas Rioufol et sa Sarko-américanolâtrie. Mais là, j’ai eu pitié, et un peu honte pour la liberté d’expression dans mon pays, de voir en 2011 les dés aussi pipés que dans le roman de Raspail.
Mais encore une fois, le soixante-huitardisme que vomissait l’auteur du Camp des saints, triomphant en 1973, a pris du plomb dans l’aile. Le Benoît XVI imaginé par Raspail –une sorte de pantin christique et misérabiliste- n’a rien à voir avec le conservateur Ratzinger. Internet offre une large possibilité de contre-pouvoir aux médias dominants (les révoltés du monde arabe en savent quelque chose). La présence de plus en plus massive de minorités visibles, aux réclamations de plus en plus agressives, a favorisé une certaine prise de conscience des Européens quant au risque de devenir minoritaires chez eux. Moi-même, ex-militant de gauche antiraciste, je mesure le chemin parcouru depuis ma folle jeunesse.
Faut-il pour autant tomber dans le grossier panneau du bonimenteur de l’Elysée, qui nous offre un « débat sur la laïcité et la place de l’Islam en France » ? La lamentable foirade de l’identité nationale ne lui a pas suffi, il remet ça ! Le vieux coup de la diversion et du racolage électoral, c’est vraiment tout ce qui lui reste en magasin pour sauver les meubles en 2012. Le bilan du sarkozysme, dans tous les domaines, est catastrophique. Et ce n’est pas la moindre de ses fautes que d’avoir essayé, par tous les moyens, d’exacerber les tensions entre les Français tout en affaiblissant gravement l’autorité publique, en termes de moyens comme de prestige.
Pour l’Islam en France, nul besoin de débat. Il y a des lois, et une constitution laïque que nous devons appliquer fermement, sur tout le territoire. La laïcité, rien que la laïcité, mais toute la laïcité. C’est notre « Camp des Saints » à nous, Français. Et je ne compte pas sur Sarkozy, qui lui tant craché dessus naguère, pour le défendre.

Tatin de pommes à ma façon


Un délicieux gâteau qui s'accompagne fort bien d'une crème anglaise ou d'une boule de glace à la vanille

Tapissez un moule à manquer en silicone de sirop d'érable.
Déposer des petits morceaux de pommes dessus (l'équivalent environ de 5 pommes pelées)
Verser sur les pommes le mélange suivant :
4 oeufs + 170 g de sucre de canne, 150 g de farine, 1/3 de sachet de levure, 150 g de beurre fondu (demi sel possible)
mettre au four pour 40 minutes à 180°.
Démouler aussitôt.

variantes possibles
à la place du sirop d'érable : du caramel
à la place des pommes : des morceaux d'ananas
pour la pâte : on peut ajouter selon les goûts : de la cannelle ou du rhum.

Ma bimbo dans les hauts niveaux !

Et oui la superbe bimbo Miélu se retrouve depuis peu dans les hauts niveaux !
Elle se serait bien contentée de survivre au niveau 68, mais bon à force elle s'ennuyait de plus en plus. Elle a donc décidé de quitter le niveau 71 où elle végétait pour aller voir ce qui se passait ailleurs ... alors le 14 février dernier, jour de la St Valentin, elle a envoyé sur les roses son mec du moment, un certain Marc. Après une formation de dompteuse au terme de laquelle elle a récupéré un magnifique tigre, elle a escaladé en 1 journée (après beaucoup d'efforts quand même, faut pas croire que c'est facile) les niveaux 73 à 80.
Le dernier niveau étant le 91ème, y'a de l'espoir pour qu'elle y arrive avant son 1000ème jour de jeu.


Concernant la création de topics, 2 nouveaux thèmes ont fait leur apparition sur le forum : le "bimbo time machine" en novembre 2010 et le "cabaret bimbo" en janvier 2011 : toujours avec des équipières du tonnerre et un très bon accueil de la part des joueurs et des joueuses du site.

Et puis, Miélu va certainement battre un étrange record : celui des participations au défilé des finalistes chaque semaine. Mis en place début octobre 2010 pour tenter de réduire la triche du concours de miss bimbo, le nouveau concours est malheureusement sujet à bon nombre de tricheries cachées hors du site et de tentatives désespérées pour certaines de parvenir à intégrer les 50 élues. Moi, je peux vous avouer que je ne fais rien pour qu'elle soit élue !
Il semblerait donc que sa participation soit ininterrompue depuis la mise en place de ce concours sauf durant 2 ou 3 semaines.






  • MIELU
    862ème jour de jeu
  • 6 198 bimbos d'or
  • 3468270 bimbos attitude
  • QI de 481.2, niveau 80

mardi 22 février 2011

DSK, notre seule chance ?


mardi 22 février 2011

            DSK, notre seule chance ?

Je viens de lire l’article paru dans Marianne, juste avant l’allocution télévisée de l’actuel président du FMI. Il confirme l’effet produit par le bonhomme lors de l’émission. Solide, efficace, intelligent dans ses réparties, prudent. Je ne parle pas ici de ses éventuels talents de dirigeant français, mais de sa capacité à affronter Sarkozy en 2012. En tout cas, les sondages sont écrasants en sa faveur, et Nicolas Domenach analyse finement la « capacité projective » du personnage : le fantasme du candidat idéal pour nous débarrasser du Nabot élyséen, loin devant ses rivaux du PS (Aubry, Hollande, Royal –de loin la plus nulle)
Les autres candidats d’opposition retenus par le sondage se divisent en trois groupes :
-les figurants (environ 1% d’intentions de vote) : Nathalie Arthaud, la nouvelle potiche de Lutte Ouvrière ; Nicolas Dupont-Aignan, le dernier des vrais gaullistes.
-Les tâcherons : (entre 5 et 10%) Eva Joly, Mélenchon, Besancenot, Villepin, Bayrou. Ils sont là pour enquiquiner les « gros candidats », et servir de réserve de voix plus ou moins monnayables.
-Le 3e homme : ou plutôt femme, avec Marine Le Pen, qui caresse les 17-18%. Elle a déjà commencé à siphonner des militants du NPA de Besancenot…ça t’apprendra à trop flirter avec les barbus et les envoilées, camarade !
            Quoiqu’il en soit, le rejet de Sarkozy est tel que l’on peut raisonnablement espérer qu’il dégage l’an prochain. DSK l’emporterait au 2e tour avec 61% des voix ! Cela rappelle les fantasmes sur Jacques Delors en 1994-95. Restons prudents, et envisageons les principaux cas de figure.
1)      DSK se présente, et ses « camarades socialistes » jouent le jeu en soutenant activement sa campagne. Sauf coup du sort, il l’emporte largement et nous voilà débarrassés du plus mauvais président de l’Histoire de la Ve République. Champagne ! Mais pour faire quoi ensuite ? Faire mieux que Sarko, ce ne sera pas trop dur (notamment en matière de politique étrangère, où nous battons en ce moment tous les records de bévues). Rompre avec la pourriture capitaliste, le désespoir et un irrésistible sentiment de déclin national, voilà qui sera autrement plus rude.
C’est là que l’électeur conscient doit faire un effort de pensée constitutionnelle, et ne pas oublier qu’après les présidentielles, il y a les législatives. Que DSK puisse gouverner, certes, mais pas avec une chambre rose bonbon toute prête à avaler n’importe quoi, au nom du « réalisme », de « l’Europe », et de tous ces mensonges qui nous ont fait tant de mal, comme disait le vieux Maréchal.
2)      DSK ne se présente pas (il nous fait le coup de Delors) pour continuer à briller au firmament technocratique et financier mondial. Ou bien, sa candidature est tuée dans l’œuf lors des primaires socialistes…ce qui revient au même, mais en pire pour le PS avec les déchirements et règlements de compte que l’on devine à quelques mois des présidentielles. Sarkozy l’emporte au 2e tour de justesse, face à un quelconque candidat socialiste.
Une chance au tirage de perdue, une chance au grattage : voir cas n°1. L’électeur intelligent fait alors barrage à l’UMP par tous les moyens. La fameuse dynamique présidentielle, voisine de zéro en l’occurrence (sauf coup tordu genre attentat terroriste au dernier moment), ne jouera pas en faveur des députés de la majorité sortante. De fait, nous voilà repartis pour la 4e cohabitation de la Ve République. Avec Martine Aubry à Matignon ? Un moindre mal, tout compte fait, car la situation ne permettra pas la poursuite des fameuses « réformes » que les libéraux de tout poil appellent de leurs vœux. Quelques années de répit pour ce qui reste du modèle français, c’est toujours bon à prendre.
3)      Un match Marine Le Pen / Sarkozy au 2e tour. Tout électeur de gauche aimant la France sait ce qui lui reste à faire. Evidemment pas jouer les idiots utiles de la droite libérale, comme en 2002 : manifester « contre le fascisme », puis voter Sarkozy. Autant se tirer une balle dans la tête ! De deux choses l’une :
-S’abstenir. Pas voter blanc, qui ne sert à rien (personne ne commente jamais le vote blanc, assimilé à un vote nul, et jeté dans les poubelles électorales). Renvoyer dos à dos les deux affreux dans un face à face mortifère, où le chef de l’UMP ne peut que l’emporter avec un score d’environ 60/40, tel Hindenburg face à Hitler en 1932. Puis faire barrage à l’UMP aux législatives. Pas le feu au lac, finalement.
-Voter Marine Le Pen. Pourquoi pas ? Son programme social ne l’est pas moins que celui du PS, sa réthorique anti-islamique ou anti-immigrés n’est pas plus extrême que celle de bon nombre de ténors de l’UMP. Elu de justesse, Sarko sera encore plus faible face à la gauche aux législatives. Battu, il laisse la place à une Marine Le Pen que le scrutin majoritaire à deux tours prive de fait de tout espoir de constituer une majorité à sa dévotion. Seul risque, une alliance UMP/FN à la sauce italienne. J’opte donc pour l’abstention.

La France peut-elle être assimilée aux dictatures arabes ?

Apparemment pas, si l’on en croit les bien-pensants dont Jean-Michel Aphatie s’est fait l’écho en réponse à un titre de Marianne. Dans un autre article de ce blog en date du 10 février (Profs et magistrats, même combat), j’ai eu l’occasion de souligner les nombreuses similitudes qui existent pourtant entre notre belle république sarkozyenne et les régimes de Ben Ali, Moubarak, Kadhafi et consorts. J’ai néanmoins oublié un argument de poids. En 2005, une nette majorité de Français (et d’Européens, si on leur en avait laissé l’opportunité), ont rejeté le projet de « traité constitutionnel » concocté par les élites transnationales. En 2007, le candidat Sarkozy déclare qu’il ne remettra pas en question la volonté des Français, pas plus qu’il ne touchera à la retraite à 60 ans. En 2008, il fait passer par voie parlementaire son traité de Lisbonne, mauvais remake de celui de 2005. En 2010, réforme des retraites dans un sens particulièrement injuste.
Alors, comment s’appelle un régime qui se fiche éperdument de la volonté populaire, sur des sujets aussi fondamentaux que ceux-là ?

samedi 19 février 2011

Etes-vous moins français que lui ?


samedi 19 février 2011

            Etes-vous moins français que lui ?

« La France est une nation de paysans, et elle doit le rester. » Cette phrase est attribuée au maréchal Pétain, mais elle exprime aujourd’hui encore un sentiment enraciné dans l’inconscient collectif de notre pays. Les exploitants agricoles ont beau disparaître presque aussi sûrement que les ours des Pyrénées (à la différence que l’on ne fait venir aucun paysan de Slovénie pour remplacer les nôtres), tout homme politique se doit de rendre hommage à la profession et de montrer son attachement à la ruralité. Il y a ceux qui le font avec conviction (Pétain, Mitterrand, Chirac –le meilleur dans le genre), et les autres. Sarkozy appartient certainement à la seconde catégorie. La visite rituelle au Salon de l’Agriculture, aujourd’hui comme les fois précédentes, est pour lui un cauchemar. Il n’aime pas toucher le cul des vaches, boire un coup ou manger un morceau. La terre ne ment pas, comme disait l’autre, mais lui ment presque tout le temps.
Dans ces conditions, l’offensive lancée par Christian Jacob (le Ran-tan-plan de l’UMP, Fillon dixit) contre Dominique Strauss-Kahn tient de la grosse farce. DSK ne serait pas issu « de nos terroirs », et cela suffirait à le disqualifier pour les prochaines présidentielles. Né en Afrique du Nord, juif, affairiste et patron du FMI. Un CV à faire hurler les polémistes des années 1930. Mais que dire de celui de l’actuel président de la République ? Demi-juif par sa mère, enfant d’immigré hongrois, avocat d’affaires ayant toujours vécu à Neuilly, admirateur inconditionnel des Etats-Unis. Etes-vous moins français que lui ? Nous verrons bien quelle offre politique se présentera en 2012, mais à ce petit jeu malsain, Marine Le Pen a de beaux jours devant elle. Je n’avais déjà pas manifesté contre son père en 2002, ne comptez pas sur moi pour battre le pavé dix ans plus tard. Il y a des régimes qui ne méritent plus d’être défendus. Ce ne sont pas les Tunisiens, les Egyptiens ou les Libyens qui me contrediront.

lundi 14 février 2011

Pernaugraphie


lundi 14 février 2011

            Pernaugraphie.

Non, je n’ai pas regardé l’émission de Jean-Pierre Pernaut, qui invitait l’autre soir son grand copain Sarkozy pour un nouveau « face aux Français ». Les explications tordues et les effets de manche du nabot n’ont aucun intérêt, surtout dans le cadre d’un show où tout était prévu pour le servir. Pas question, évidemment, de confronter à nouveau le Président aux dix Français du numéro précédent (en janvier 2010) : il leur avait promis d’aller les voir, leur avait affirmé que le chômage reculerait, et que les poules auraient des dents la semaine des quatre jeudis. Ces manants auraient peut-être eu le culot de s’en souvenir, et de lui en tenir rigueur. Donc, on en reprend d’autres, et on remet le couvert. Encore faut-il que les électeurs-spectateurs n’aient pas la mémoire trop courte.
Le show Sarko-Pernaut, c’est comme un film porno. Quand on en a vu un, on les a tous vus.
C’est toujours vulgaire, parfois vaguement excitant, finalement écoeurant.

            Taken.

C’est un film français de Pierre Morel, -produit par l’usine à rêves de Luc Besson, Europacorp- sorti en 2008, diffusé il y a quelques semaines sur TF1. Je m’étais promis d’en parler dans cette chronique sans trop savoir à quel sujet d’actualité le rattacher. La fronde des magistrats contre Sarkozy m’en donne enfin l’occasion.
L’histoire est simplissime. Un ancien agent secret américain, joué par Liam Neeson, laisse sa fille partir en Europe avec une amie de son âge, pour un « plan pétasse » qui ne lui dit rien de bon. A peine arrivées à Paris, les deux malheureuses sont enlevées par d’horribles truands albanais pratiquant la traite des blanches. Le papa se lance à leurs trousses et fait tout seul le ménage, faute de soutien d’une police française aussi incapable que corrompue. Au-delà du jeu de massacre assez jouissif (le film a bien marché aux States), qui voit le héros dégommer des flopées d’Albanais, des milliardaires vicieux et un émir obèse, il est légitime de se poser quelques questions.
D’abord la morale implicite : ne faites pas confiance aux autorités, et faites le ménage vous-même. Ensuite l’image catastrophique qu’un réalisateur français donne de son propre pays, dans le seul but de complaire à ses maîtres américains. Corruption, violence, rejet de toutes les règles du droit et grosse démagogie. L’histoire du cinéma verra en Taken un excellent reflet de la France sarkozyenne.

jeudi 10 février 2011

Profs et magistrats, même combat


jeudi 10 février 2011

            Profs et magistrats, même combat.

Grève et journée d’action des syndicats enseignants et de la magistrature aujourd’hui. Je fais grève aussi. Le journal de France 2 évoque d’avantage les robes noires et rouges (une mobilisation sans précédent depuis 1990, paraît-il) que celle des « blouses grises ». Il est vrai que les juges se sont « bougés » de façon nettement plus spectaculaire (80% des tribunaux sont touchés, contre seulement 17% de grévistes dans l’Education nationale, d’après le Ministère). Et puis, les grèves de profs, ce n’est pas nouveau et tout le monde s’en fout un peu (sauf les « parents en galère » pour faire garder leurs mômes, selon l’expression de la mielleuse Elise Lucet).
Pourtant, il existe une réelle convergence d’intérêt entre ces deux mouvements. Ils sont confrontés aux mêmes problèmes : réformes douloureuses et discutables à digérer, exigences de résultats en hausse pour des moyens en baisse. Et les personnels concernés font l’objet du même mépris de la part de leurs ministères de tutelle et du Chef de l’Etat. Il n’y aurait pas beaucoup à gratter pour trouver d’autres secteurs professionnels publics (les hôpitaux, la Poste, la SNCF) touchés par les mêmes fléaux. Alors, que faire, comme disait Lénine ?
Une énième journée d’action commune, avec perte de salaire pour rien ? Ou un appel plus radical à la désobéissance civile contre un pouvoir qui sacrifie l’intérêt national à celui des marchés financiers ? Et la légalité républicaine dans tout cela ? La France n’est pas la Tunisie, ni l’Egypte, n’est-ce pas… nous sommes en démocratie, pas vrai ?
Une démocratie dont la Constitution permet à un parti qui réunit moins d’un tiers des électeurs d’obtenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Une démocratie qui favorise lourdement le pouvoir exécutif, notamment celui du président, qui accroît son emprise sur les médias et les secteurs-clés avec l’appui d’une clique d’hommes d’affaires. Une démocratie qui autorise ses gendarmes à gazer des manifestants pacifiques. Une démocratie qui tremble de trouille lorsque d’autres peuples, pas si loin de nous se rebellent. Une démocratie qui ne rêve que d’un modèle : la Chine de Hu Jintao…si stable, si efficace –jusqu’à preuve du contraire.
Il suffit d’attendre 2012, et de bien voter, voyons ! Voter pour le PS, la machine à perdre ? Car seul ce vote (et le vote écolo, aussi inoffensif qu’une patate bio) a la faveur des médias raisonnables. Vous voulez en reprendre, de la « gauche plurielle » à la sauce européo-compatible ? Personne n’en veut vraiment, donc le nabot et sa bande ont de beaux jours devant eux. Sauf si…si quoi ? Rien, rien…un malheur est si vite arrivé.
Il va falloir que je me procure le bouquin de Julien Coupat : L’insurrection qui vient. Avec le Manuel de survie en territoire zombie, de Max Brooks (le fils de Mel), je crois que je serai paré pour le XXIe siècle.